Mission impossible au gouffre Lonné Peyret, à Arette
Un spéléologue de 62 ans, blessé à 350 mètres sous terre dans les Pyrénées-Atlantiques, est en cours d'évacuation dans le cadre d'une opération d'une rare complexité
Depuis le soir du 29 juillet 2026, une quarantaine de secouristes sont mobilisés dans les entrailles du massif de La Pierre-Saint-Martin, à Arette, pour remonter un homme de 62 ans victime d'une chute dans le gouffre AP-7 dit Lonné Peyret. Le plan ORSEC secours en milieu souterrain a été déclenché dans la nuit. La remontée s'annonce longue, technique, et ne souffre aucune précipitation.
L'accident s'est produit le mercredi 29 juillet en début de soirée. Le spéléologue, originaire de Franconville, dans le Val-d'Oise, a fait une chute qui lui a causé plusieurs traumatismes. C'est à 23 heures que l'alerte est parvenue au numéro national du Spéléo Secours Français, signalant un homme bloqué à la cote -350 mètres dans le gouffre AP-7 dénommé Lonné Peyret, sur le massif de la Pierre-Saint-Martin.
Il pratiquait ce jour-là en compagnie d'un autre spéléologue expérimenté. C'est ce binôme qui a donné l'alerte depuis la surface, après être remonté dans la nuit pour prévenir les pompiers. À la suite de cette alerte, le dispositif spécifique ORSEC a été activé par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques et les conseillers techniques du SSF-64 ont pris en charge l'opération.
Un état stabilisé, une remontée à construire pièce par pièce
Dans le courant de la nuit, une première équipe d'assistance victime, complétée d'un médecin, est entrée sous terre pour rejoindre le blessé. Celui-ci a été installé sous point chaud, et son état a pu être stabilisé grâce aux moyens engagés par cette première équipe de contact. Une communication par transmission par le sol a également été établie entre le fond et la surface.
L'homme, qualifié de « blessé » par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, était en cours de bilan médical au petit matin du 30 juillet. Selon le SDIS 64, cité par plusieurs médias régionaux, il souffre de traumatismes aux poignets, à la cheville et possiblement au dos.
La difficulté centrale n'est pas médicale. Elle est géophysique. Ce gouffre constitue « une verticale conséquente, un puits très profond. On ne remonte pas une victime sur 320 mètres en un claquement de doigts. Il faut équiper ce puits, placer des personnes à intervalles réguliers pour permettre la remontée de la victime. C'est une très grosse opération en cours », résume le maire d'Arette, Pierre Casabonne.
Quarante personnes mobilisées, un commandement unifié sur le parking Cinq sapeurs-pompiers du SDIS 65 sont venus renforcer les équipes du SDIS 64 et du Spéléo Secours Français. Des membres du peloton de gendarmerie de haute montagne d'Oloron-Sainte-Marie sont également mobilisés. Un poste de commandement interministériel a été installé sur le parking situé en face de la Maison de la Pierre-Saint-Martin. Le sous-préfet, secrétaire général de la préfecture, y assure en personne la coordination de l'ensemble des moyens engagés.
L'opération mobilise au total une quarantaine de personnes. Les secours reconnaissent qu'elle pourrait s'étirer bien au-delà du 30 juillet - remonter une civière sur plusieurs centaines de mètres de verticalité exige d'équiper chaque passage, de sécuriser chaque relais, de préserver à chaque instant l'état de la victime.
« On ne remonte pas une victime sur 320 mètres en un claquement de doigts »
Pierre Casabonne, maire d'Arette
Le décor n'aide pas. Le massif de La Pierre-Saint-Martin s'étend à proximité immédiate de la frontière franco-espagnole, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce territoire karstique compte parmi les zones souterraines les plus profondes et les plus développées au monde. En 2020, le développement total de l'ensemble des galeries cartographiées par l'ARSIP - Association de Recherche Spéléologique Internationale de la Pierre-Saint-Martin - atteignait 465 kilomètres. C'est dans ce labyrinthe minéral que le gouffre Lonné Peyret plonge ses galeries étroites, rendant chaque manœuvre d'évacuation d'une précision millimétrée.
Ce n'est pas la première fois que le massif mobilise les secouristes pendant plusieurs jours. Il y a une dizaine d'années, dans une cavité voisine, une opération similaire avait nécessité plus de soixante-douze heures d'intervention pour extraire un spéléologue blessé. La montagne ne lâche pas facilement ce qu'elle retient.
LE GOUFFRE AP-7 LONNE PEYRET - CE QU'IL FAUT SAVOIR
Situé sur la commune d'Arette (Pyrénées-Atlantiques), le massif de La Pierre-Saint-Martin est l'un des plus grands réseaux karstiques au monde, avec plus de 465 kilomètres de galeries cartographiées à ce jour.
Le gouffre AP-7 dit Lonné Peyret fait partie de ce réseau et plonge à une profondeur excédant 350 mètres, rendant toute opération de secours extrêmement complexe sur le plan technique.
Le plan ORSEC secours en milieu souterrain, déclenché par la préfecture, mobilise et coordonne les acteurs de la sécurité civile sous l'autorité unique du préfet en situation d'urgence souterraine.
Informations manquantes - L'issue définitive de l'opération de remontée et l'état de santé précis du blessé après bilan médical complet n'avaient pas été communiqués par les autorités au moment de la publication de cet article. Le précédent sauvetage mentionné (il y a une dizaine d'années dans le même massif) reste à confirmer précisément par source primaire, les données de presse disponibles étant concordantes mais non issues d'une source officielle vérifiable en temps réel.