Ils ont volé sa voix avant de voler sa vie
Nouveaux éléments sur les derniers messages et la valise qui n'était pas la sienne
Un homme sans-abri retrouve une valise le 18 juillet. Onze jours plus tard, un mot revient sans cesse dans les hypothèses des enquêteurs grecs, celui de tueurs, au pluriel. Le dossier d'Elisabeth Jane Ross vient de changer d'échelle.
Le contenu des derniers messages
Les enquêteurs ont révélé, ce jeudi 30 juillet, la teneur des textos envoyés depuis le téléphone d'Elisabeth Jane Ross après sa mort présumée. À partir du 15 juillet, trois jours avant la découverte du corps, des messages sont partis vers sa famille, rédigés à la première personne.
Ces messages assuraient qu'elle avait besoin d'un peu de temps pour elle-même et qu'elle souhaitait rester seule un moment. Ils ont retardé l'alerte auprès des proches pendant près de deux semaines.
Un téléphone qui s'est éteint au bon moment
L'appareil, toujours introuvable, est resté actif dans la région d'Athènes jusqu'à environ vingt-quatre heures avant l'identification officielle de la victime. Il s'est ensuite éteint, de manière que la presse britannique qualifie elle-même de mystérieuse, au moment précis où le nom d'Elisabeth Jane Ross commençait à circuler dans le monde entier.
La valise qui ne lui appartenait pas
Nouvel élément matériel, la valise elle-même ne faisait pas partie des bagages de la victime. Une source policière citée par la presse grecque indique qu'Elisabeth Jane Ross ne voyageait pas avec de grands bagages, ce qui laisse espérer aux enquêteurs de retrouver, à l'intérieur du contenant, des traces génétiques ou des empreintes appartenant à son ou ses agresseurs.
Le poids du chargement a également orienté une piste géographique. Les policiers estiment que les auteurs présumés résideraient à proximité immédiate du bâtiment abandonné où le corps a été laissé, dans le quartier de Kypseli.
Deux récits qui coexistent encore
Ce nouvel angle, centré sur des tueurs au pluriel et une mise en scène organisée, ne remplace pas officiellement la piste évoquée la veille par un responsable policier auprès du Times, celle d'un homme sans domicile fixe qui aurait attiré la victime jusqu'au bâtiment. Les deux versions circulent en parallèle, sans qu'aucune ne soit confirmée ni écartée à ce stade par une source officielle unique.
“La disproportion entre le poids réel de la valise et la discrétion recherchée par ses auteurs a orienté, à elle seule, une partie de l'enquête vers le voisinage immédiat du lieu de la découverte.”
Élément d'enquête relayé par la presse grecque
Ce qui reste établi
Elisabeth Jane Ross, 38 ans, née à Édimbourg, logeait depuis environ deux semaines chez des amis grecs dans le centre d'Athènes avant de quitter ce logement le 15 juillet, jour de sa disparition présumée. Les autorités continuent d'éplucher les images de vidéosurveillance autour du lieu de la découverte, en parallèle des interrogatoires menés auprès de ses hôtes et de l'homme qui a alerté la police.
L'ambassade britannique et la police écossaise confirment rester en contact avec la famille. Les résultats de l'autopsie et des analyses toxicologiques, seuls capables de trancher la cause exacte du décès, sont toujours attendus.
Son nom est connu depuis mercredi. Sa valise, elle, ne lui appartenait pas, et celui ou ceux qui l'ont remplie courent peut-être encore les rues de Kypseli.