mercredi 29 juillet 2026, 16:19 📌 Ajouter L'Appel sur Google
⚡ DERNIÈRES
Actualités

Libéré faute de preuves, il devait déjà quitter l’Allemagne depuis août 2024

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
Actualités

Libéré faute de preuves, il devait déjà quitter l’Allemagne depuis août 2024

Le second suspect interpellé après l'attentat du Christopher Street Day de Berlin a été relâché, faute d'éléments le reliant à l'attaque. Il faisait pourtant déjà l'objet d'une obligation de quitter le territoire, selon la presse allemande.

Aucune trace d'ADN dans le véhicule, aucune preuve de sa présence au moment des faits : c'est sur cette absence d'éléments que repose la remise en liberté, dimanche soir, du deuxième homme interpellé après l'attentat commis en marge du Christopher Street Day de Berlin. Un dénouement judiciaire logique sur le plan de l'enquête antiterroriste, mais qui soulève une tout autre question, distincte de l'attentat lui-même : comment cet homme, visé depuis 2024 par une obligation de quitter le territoire allemand, se trouvait-il encore libre de circuler dans la capitale ?

Un deuxième suspect arrêté, puis relâché faute de preuves

Dans la nuit de l'attentat, la police berlinoise interpelle un ressortissant iranien, identifié dans la presse allemande sous le nom partiel de Taymaz S., conformément aux règles de protection de l'identité en vigueur outre-Rhin. Les enquêteurs soupçonnent un temps qu'il ait pu se trouver comme passager à bord du camion blanc utilisé pour foncer sur la foule rassemblée dans le Tiergarten. Des témoins affirment l'avoir vu s'éloigner du véhicule après les faits.

L'examen scientifique du camion, un utilitaire Citroën, n'a toutefois révélé aucune trace d'ADN permettant de confirmer sa présence à bord. Selon les informations du magazine Der Spiegel, confirmées lundi par une porte-parole du parquet fédéral allemand, l'homme a été libéré dès dimanche soir, les soupçons pesant contre lui ne s'étant jamais confirmés.

« Aucune trace d'ADN dans le véhicule, aucune preuve de sa présence au moment des faits »

Aucun lien établi avec l'attentat

La police berlinoise a précisé dimanche soir ne plus rechercher d'autres suspects dans le cadre de cette enquête. Quelques heures plus tôt, le ministre fédéral de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) avait pourtant évoqué, sur le plateau de l'émission Brennpunkt de la chaîne ARD, l'existence d'une autre personne encore à l'étude, sans que les soupçons à son encontre ne soient, à ce moment-là, ni confirmés ni définitivement écartés. Le parquet fédéral, qui a repris l'ensemble des investigations sur cet attentat qualifié d'islamiste présumé, n'a fait état d'aucun élément reliant formellement cet homme aux faits.

Un homme censé quitter le pays depuis l'été 2024

C'est ici que le dossier bascule vers une tout autre problématique, révélée notamment par le tabloïd Bild et confirmée par la radio-télévision publique régionale RBB : l'homme relâché n'en était pas à sa première apparition dans les services de police allemands. Selon ces sources, il avait déjà été signalé pour de nombreuses infractions par le passé, et faisait l'objet, depuis août 2024, d'une obligation de quitter le territoire allemand, une mesure qui aurait, en principe, pu conduire à son expulsion.

Cette situation illustre une réalité que les autorités allemandes peinent à résoudre depuis plusieurs années : la distance qui sépare une décision administrative de reconduite à la frontière de sa mise en œuvre effective, en particulier lorsque les pays d'origine, comme l'Iran, se montrent peu coopératifs pour reprendre leurs ressortissants ou lorsque des obstacles juridiques ou pratiques retardent l'exécution de la mesure. L'homme n'ayant fait l'objet d'aucune inculpation dans le dossier de l'attentat lui-même, sa remise en liberté dimanche soir ne concerne, à ce stade, que le seul volet antiterroriste de son dossier, et non cette obligation de départ distincte, restée en suspens depuis près de deux ans.

Où se trouve-t-il désormais ?

Selon les informations rapportées par Bild, l'homme demeurerait aujourd'hui introuvable, son lieu de résidence dans la capitale allemande n'étant pas connu des autorités. Cette affirmation, propre à ce média, n'a pu être recoupée de manière indépendante par les autres sources consultées pour cet article, qui se limitent à confirmer sa remise en liberté sans se prononcer sur sa localisation actuelle.

Ce que l'on sait de l'attentat lui-même

L'attaque à l'origine de cette affaire s'est produite samedi soir, aux alentours de 22 heures, lorsqu'un homme a délibérément foncé avec un camionnette dans la foule rassemblée dans le Tiergarten pour les festivités du Christopher Street Day, avant de s'en prendre à des passants à la machette. Vingt-neuf personnes ont été blessées et une femme, une mère de famille originaire de Pologne venue célébrer l'événement avec sa fille, a perdu la vie.

L'auteur présumé de l'attaque, identifié comme Abdul Ballout, s'était ensuite réfugié dans un abri de jardin du quartier berlinois de Wedding. Repéré par les enquêteurs, il aurait attaqué les membres d'une unité d'intervention spécialisée venue l'interpeller, qui l'ont abattu lors de cette confrontation. La ministre fédérale de la Justice, Stefanie Hubig, a annoncé que le parquet général fédéral reprendrait l'ensemble du dossier, traité comme un attentat à caractère islamiste présumé.

Une présence policière renforcée reste maintenue autour du site de l'attaque, où des habitants continuent de déposer des fleurs en hommage à la victime, tandis que la Porte de Brandebourg a été illuminée aux couleurs de l'arc-en-ciel dans les jours suivant le drame.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
Partager :
100%