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Filmé une heure avant l’attentat, l’assaillant du CSD berlinois était déjà surveillé

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Filmé une heure avant l’attentat, l’assaillant du CSD berlinois était déjà surveillé

Selon des révélations de la presse allemande, les services de renseignement de Berlin suivaient Abdul Ballout depuis des semaines. Condamné en mai pour préparation d'un acte terroriste, il avait pourtant été remis en liberté sous conditions

20h58, samedi soir. Une caméra de surveillance installée par la police criminelle de Berlin devant son domicile filme Abdul Ballout quitter son immeuble. Moins d'une heure plus tard, cet homme de 21 ans fonce avec une camionnette dans la foule rassemblée pour le Christopher Street Day, avant de s'en prendre à des passants. Selon des révélations conjointes de la Süddeutsche Zeitung, de NDR et de WDR, cet homme faisait l'objet d'une surveillance des services de sécurité allemands depuis plusieurs semaines déjà, un dispositif qui n'aura pourtant pas suffi à empêcher le drame.

Une fausse alerte, trois semaines avant le drame

Le 2 juillet, une caméra de surveillance filmait déjà l'entrée de l'immeuble d'Abdul Ballout, dans le quartier du Tiergarten. Les images le montrent quitter son domicile quelques secondes, une arme à la main, avant d'y retourner et de glisser l'objet dans sa ceinture. L'alerte est immédiate chez les policiers du Landeskriminalamt : son appartement est perquisitionné dans la foulée. L'arme se révèle être un jouet. Le jeune homme reçoit alors un entretien de prévention, destiné aux individus jugés potentiellement dangereux, ainsi qu'un rendez-vous de suivi avec les autorités.

« Une arme à la main, qui se révèle être un jouet »

Condamné le 12 mai, remis en liberté sous conditions

Cette surveillance ne partait pas de rien. Le 12 mai dernier, le tribunal pour mineurs du tribunal d'instance de Tiergarten avait condamné Abdul Ballout à une peine d'un an et dix mois de détention pour mineurs, notamment pour préparation d'un acte grave menaçant la sécurité de l'État. Le jeune homme avait toutefois été remis en liberté sous conditions à l'issue de cette procédure, plutôt qu'incarcéré.

« Rien n'indiquait un passage à l'acte imminent »

Selon les autorités de sécurité, le comportement d'Abdul Ballout depuis sa sortie de détention provisoire ne laissait pas présager la préparation d'un attentat immédiat. Une évaluation qui s'est révélée, avec le recul, tragiquement erronée : quelques minutes à peine après avoir quitté son domicile ce samedi soir, il commettait l'attaque qui allait faire un mort et vingt-neuf blessés.

« Une évaluation qui s'est révélée, avec le recul, tragiquement erronée »

Ce que l'on sait du déroulé de l'attaque

Vers 22 heures, un utilitaire Citroën blanc quitte la chaussée de la Lennéstraße pour s'engager directement dans le parc du Tiergarten, fauchant les personnes présentes sur son passage. Le véhicule parcourt environ 400 mètres avant de percuter un arbre, mettant fin à sa course. Les enquêteurs de la police berlinoise ont depuis entrepris un relevé minutieux de la scène, à l'aide de scanners tridimensionnels, afin de reconstituer avec précision le trajet emprunté et d'établir l'ensemble des preuves matérielles disponibles.

Le bilan de cette attaque reste lourd : une femme a perdu la vie, et vingt-neuf autres personnes ont été blessées, dont trois dont le pronostic vital serait engagé selon les premiers bilans médicaux. Abdul Ballout est identifié par les autorités comme le conducteur présumé du véhicule.

Abattu le lendemain dans un abri de jardin

Après les faits, Abdul Ballout avait trouvé refuge dans l'abri de jardin d'une parcelle du quartier berlinois de Spandau. Localisé par les enquêteurs dimanche soir, il aurait attaqué les membres d'une unité d'intervention spécialisée venue procéder à son interpellation. Les policiers ont ouvert le feu, le blessant mortellement.

Une question qui dépasse le seul cas de Berlin

Au-delà du drame lui-même, cette chronologie relance une interrogation que connaissent la plupart des services de sécurité européens confrontés à la radicalisation : comment traiter un individu déjà condamné, déjà surveillé, déjà signalé pour la possession apparente d'une arme, sans pour autant disposer d'éléments suffisants pour justifier son maintien en détention avant qu'il ne passe à l'acte ? Une question à laquelle Berlin, comme tant d'autres capitales européennes avant elle, devra désormais répondre dans les mois qui viennent.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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