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En France, les manœuvres de recul tuent des enfants presque chaque été

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En France, les manœuvres de recul tuent des enfants presque chaque été

Après la mort d'un enfant de deux ans percuté par le véhicule de sa mère à Vénissieux, ce drame rejoint une série d'accidents similaires recensés ces dernières années - et pose la question de la prévention.

Un même geste, répété des milliers de fois chaque jour sans incident. Et, plusieurs fois par an en France, ce même geste qui tourne au pire : un parent recule, sans voir son enfant derrière le véhicule.

 Un drame survenu en quelques secondes

Mercredi 22 juillet, vers 14 h 15, dans le centre de Vénissieux, au sud de Lyon, une mère de famille se trouvait avec ses deux enfants à proximité de son véhicule. Pensant que son fils de deux ans avait pris place à l'arrière, comme sa sœur, elle a démarré puis entamé une marche arrière. L'enfant se trouvait en réalité derrière la voiture, hors du champ de vision. Il a été mortellement percuté.

Les secours, dont une équipe du Samu, sont intervenus rapidement, sans parvenir à le réanimer. La mère, selon les informations rapportées par La Dépêche du Midi, citant Le Progrès, était enceinte de son troisième enfant au moment des faits.

 Un scénario qui s'est déjà répété

Le drame de Vénissieux n'est malheureusement pas isolé. En août 2025, à Bernay dans l'Eure, une fillette de deux ans est décédée dans des circonstances presque identiques : sa mère, gérante d'un garage, effectuait une manœuvre dans la cour de l'établissement sans savoir que sa fille était descendue du véhicule. Une enquête pour homicide involontaire avait alors été ouverte, procédure habituelle après ce type d'accident, et une cellule de soutien psychologique avait été mise en place par la préfecture pour la famille et les témoins.

D'autres cas similaires ont été recensés ces dernières années : une fillette de cinq ans tuée en Vendée alors qu'elle se trouvait derrière le véhicule familial, un garçonnet de dix-huit mois percuté par la voiture de son père dans l'Hérault. Dans chacun de ces drames, le schéma se répète à l'identique : un parent persuadé que l'enfant est en sécurité, une manœuvre de quelques secondes, et un angle mort qui rend l'enfant invisible au moment décisif.

Le même geste, répété à l'identique d'un drame à l'autre : un parent qui recule en toute confiance, convaincu que l'enfant est en sécurité à l'intérieur du véhicule.

 Pourquoi ces angles morts sont si dangereux

Un enfant en bas âge, de par sa petite taille, disparaît entièrement de la zone couverte par les rétroviseurs et la lunette arrière dès qu'il se trouve à quelques dizaines de centimètres du pare-chocs - une zone d'autant plus large que le véhicule est haut, comme c'est le cas des SUV de plus en plus présents sur le marché français. Les associations de sécurité routière recommandent systématiquement de faire le tour du véhicule avant toute manœuvre de recul lorsque des enfants se trouvent à proximité, et de ne démarrer qu'après s'être assuré visuellement, et non de mémoire, que chacun est bien installé et attaché.

Les caméras de recul, obligatoires sur tous les véhicules neufs vendus dans l'Union européenne depuis mai 2022, réduisent sensiblement ce risque sans l'éliminer totalement - une partie importante du parc automobile français, plus ancien, n'en est toujours pas équipée.

Ces drames, chacun singulier pour les familles qu'ils frappent, dessinent collectivement un même angle mort - au sens propre comme au sens figuré - dans la vigilance quotidienne que suppose la vie avec de jeunes enfants. Aucun article ne remplacera le réflexe simple qui, chaque fois, aurait suffi : regarder une dernière fois derrière soi.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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