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Rubio finit le visage ensanglanté quand Pogačar écrit l’histoire à l’Alpe d’Huez

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Rubio finit le visage ensanglanté quand Pogačar écrit l’histoire à l’Alpe d’Huez

Vingt points de suture d'un côté. Une remontée de trois minutes trente en douze kilomètres de l'autre. L'Alpe d'Huez a livré, en un seul vendredi, son lot de sang et de légende.

Alors que le Slovène signe sa première victoire sur le mythique col et frôle un cinquième sacre, le Colombien Einer Rubio a percuté une voiture d'équipe et quitté la course sous vingt points de suture.

 Le choc qui a coûté sa course à Rubio

Ce vendredi, dans la montée des vingt et un lacets mythiques, Einer Rubio suivait de très près - moins de deux mètres - une voiture de l'équipe UAE Team Emirates, celle-là même de Tadej Pogačar. Contraint de piler pour éviter un spectateur posté sur la chaussée, le véhicule a stoppé net. Le coureur colombien de la formation Movistar n'a pas pu freiner à temps et a percuté la vitre arrière avec le visage.

Tombé au sol, le visage en sang, il a été pris en charge par les secours avant d'être contraint à l'abandon. Son équipe a fait état d'une vingtaine de points de suture, et Rubio a été transféré vers un hôpital de Grenoble pour des examens complémentaires.

Un coureur suivait de trop près une voiture qui n'aurait jamais dû freiner aussi brutalement : c'est tout le paradoxe de ces routes de montagne, à la fois scène de légende et couloir dangereux.

La scène a marqué les autres coureurs. Le Norvégien Tobias Johannessen, témoin du choc, a confié son inquiétude à la chaîne TV2.

Je me demande s'il a brisé la vitre avec son visage.

 Tobias Johannessen, coureur, à TV2

 Une foule d'un demi-million, un danger accru

Le contexte de l'accident n'a rien d'anodin. Les autorités locales ont recensé jusqu'à 600 000 personnes massées le long des pentes de l'Alpe d'Huez ce vendredi - une affluence record qui a transformé la route en un corridor humain resserré. Tadej Pogačar lui-même a dû, en pleine accélération décisive, écarter des spectateurs de la main pour se frayer un passage.

Cette densité de foule, conjuguée à la vitesse des véhicules d'équipe circulant au plus près du peloton, dessine un risque que l'accident de Rubio a rendu tout à fait concret : sur une route étroite envahie par le public, la moindre freinade d'urgence peut transformer une simple filature en collision.

 Pogačar, ou l'art de remonter l'irremontable

Sur la course elle-même, Tadej Pogačar a signé l'un des exploits de sa saison. Distancé de plus de trois minutes trente au pied de l'ascension finale, le maillot jaune s'est lancé à l'offensive dès les douze derniers kilomètres, s'appuyant un temps sur son coéquipier Adam Yates - remis d'une gastro-entérite et présent dans l'échappée du jour - avant de repartir seul.

Le Slovène a rejoint les deux hommes de tête, le Français Lenny Martinez et l'Équatorien Richard Carapaz, à 1,7 kilomètre de la ligne, avant de les asphyxier sous la flamme rouge d'une accélération que personne n'a pu suivre. Il s'impose avec six secondes d'avance sur Martinez et neuf sur Carapaz, décrochant sa vingt-sixième victoire d'étape sur le Tour - et sa toute première à l'Alpe d'Huez.

Distancé de plus de trois minutes au pied de la montée, vainqueur au sommet : entre les deux, Pogačar a effacé l'écart plus vite que la plupart des coureurs ne l'auraient même négocié.

 Un classement général verrouillé

Au classement général, l'écart se creuse encore. Tadej Pogačar compte désormais 7 minutes et 11 secondes d'avance sur son dauphin Remco Evenepoel, contre 4 minutes 32 le matin même de l'étape. Isaac Del Toro, coéquipier du leader, pointe à 9 minutes 42, tandis que le jeune Français Paul Seixas, quatrième du général, se retrouve à 10 minutes 6 secondes - mais seulement 24 secondes de la troisième place.

Une victoire supplémentaire placerait Tadej Pogačar au sommet du palmarès du Tour de France aux côtés de Bernard Hinault, Eddy Merckx, Miguel Indurain et Jacques Anquetil, seuls coureurs de l'histoire à avoir remporté cinq éditions de la Grande Boucle.

 Demain : la même montagne, un chemin différent La course ne quitte pas l'Alpe d'Huez pour autant. La 20e étape, samedi, y ramène le peloton pour la deuxième fois consécutive - une première dans l'histoire du Tour - mais par un tracé radicalement différent. Après avoir franchi la Croix de Fer, le col du Télégraphe et le Galibier, point culminant de cette édition à 2 642 mètres d'altitude, les coureurs aborderont la montée finale par le col de Sarenne plutôt que par le versant classique, pour plus de 5 000 mètres de dénivelé cumulé sur la journée.

Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, avait justifié ce parcours accidenté dès la présentation du tracé, en octobre dernier.

conçu pour maintenir le suspense jusqu'au bout

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France

Avec sept minutes d'avance à défendre, Tadej Pogačar aborde cette étape reine en position de force. Mais un col aussi peu emprunté que le col de Sarenne, sur un revêtement moins familier au peloton, laisse la porte ouverte à l'imprévu qui, cette semaine, n'a pas manqué de rappeler sa présence sur les pentes de l'Alpe d'Huez.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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