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Yémen : 5 morts, dont des enfants, et des flammes au sud de Riyad

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Quatrième jour d'escalade : les Houthis disent avoir frappé une installation d'Aramco à Riyad, où un incendie a été observé, tandis que Sanaa subit ses premiers bombardements depuis la reprise de la guerre en juillet et que Taïz s'embrase sur plusieurs fronts.

Les rebelles houthis du Yémen ont affirmé samedi soir avoir visé une installation pétrolière d'Aramco à Riyad avec des missiles balistiques et des drones, au terme d'une journée où les bombardements imputés au mouvement ont tué cinq civils à Taïz et où l'aviation saoudienne a frappé Sanaa pour la première fois depuis la reprise des hostilités en juillet.

Un journaliste de l'AFP a observé des flammes et de la fumée s'élevant de la raffinerie d'Aramco située au sud de la capitale saoudienne, avec des pompiers et des véhicules d'urgence sur place. Des témoins cités par Reuters ont également fait état d'un important panache de fumée et de feu près du site.

Les autorités saoudiennes n'avaient pas confirmé d'attaque contre les infrastructures d'Aramco dans l'immédiat, et la compagnie pétrolière a refusé de commenter. L'origine exacte de l'incendie et l'ampleur des dégâts n'étaient pas établies dimanche matin.

Le porte-parole militaire des rebelles, Yahya Saree, a présenté l'opération comme une riposte aux frappes saoudiennes des dernières 24 heures, et affirmé que le mouvement poursuivrait ses attaques jusqu'à l'arrêt des bombardements et la levée du blocus imposé au Yémen.

Une raffinerie en feu à Riyad, des quartiers bombardés à Taïz : la guerre a changé d'échelle en une journée.

Riyad parle de « victoires imaginaires »
La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, a qualifié de trompeuses les déclarations des Houthis sur une attaque réussie contre Riyad. Son porte-parole, le général de brigade Turki Al-Maliki, a déclaré au quotidien saoudien Asharq Al-Awsat que les pertes subies par le mouvement à Taïz et sur d'autres fronts le poussaient à chercher des « victoires imaginaires » pour détourner l'attention de ses revers militaires.

Vendredi soir, la coalition avait annoncé avoir intercepté et détruit trois missiles balistiques tirés par les Houthis en direction de Khamis Mushait, dans le sud du royaume. La Défense civile saoudienne a indiqué qu'un projectile lancé depuis le Yémen était tombé sur une école à Najran, causant des dégâts matériels sans faire de victimes.

Le mouvement avait déjà revendiqué ces derniers jours des attaques contre des installations d'Aramco à Yanbu, sur la mer Rouge. Riyad avait alors fait état de l'interception de six missiles balistiques visant Taïf et Yanbu, sans confirmer de dommages sur les sites pétroliers.

Sanaa sous les bombes pour la première fois depuis juillet

Selon les Houthis, cités par l'AFP, l'aviation saoudienne a mené 26 frappes sur la capitale yéménite. Deux correspondants de l'AFP ont rapporté avoir entendu de fortes explosions et vu des avions de combat tirer des missiles sur la ville. Il s'agit des premiers bombardements de Sanaa depuis la reprise des combats en juillet, après quatre années de trêve.

Les forces du gouvernement reconnu affirment avoir visé des positions et des concentrations houthies dans le camp d'Al-Nahdain et sur le mont Attan, deux secteurs militaires de la capitale. Des habitants ont fait état de survols d'avions, d'explosions et de colonnes de fumée.

Yahya Saree a affirmé que l'aviation saoudienne avait conduit en 24 heures 60 frappes aériennes et tirs de missiles sur les provinces de Sanaa, Saada, Taïz, Hajjah et Marib, menés selon lui par des F-15 et des Typhoon partis de Khamis Mushait et de Taïf. Il chiffre à 1 410 le total des frappes depuis le début de l'escalade. Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Un nourrisson parmi les blessés de Taïz

À Taïz, les bombardements et les tirs imputés aux Houthis ont fait cinq morts et 21 blessés civils au cours des dernières 24 heures, selon un bilan médical local communiqué samedi. Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants, dont un nourrisson d'environ deux semaines.

Des habitants ont décrit d'intenses bombardements vendredi et samedi soir sur des quartiers résidentiels, notamment autour de l'ancien aéroport et de Wadi Al-Qadi. Des obus seraient tombés sur des habitations de l'ouest de la ville, et des zones habitées du district de Jabal Habashi ont aussi été touchées. Des sources locales font état de perquisitions de domiciles dans plusieurs villages d'Al-Shamayateen et de Jabal Habashi. Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de façon indépendante.

Un nourrisson de deux semaines parmi les blessés : la ligne de front passe désormais par les chambres.

Six heures pour tenir Jabal Han

Les combats ont repris à l'aube sur le mont Jabal Han, à l'ouest de Taïz, une hauteur qui domine la route vers Al-Tourbah et l'un des principaux accès au sud-ouest de la ville. Selon des sources militaires gouvernementales, les Houthis ont lancé un assaut appuyé par d'importants tirs de couverture, repoussé après environ six heures d'affrontements par l'armée et des combattants de la résistance populaire.

Les mêmes sources font état de morts, de blessés et de prisonniers dans les rangs houthis, ainsi que de pertes du côté gouvernemental, sans bilan précis. Vendredi déjà, selon des bilans rapportés par l'AFP et attribués aux belligérants, 55 combattants houthis et 26 soldats gouvernementaux avaient été tués. Les combats se sont étendus à Hadran et à d'autres positions du front ouest.

Le fort de Sama change de mains

Dans l'après-midi, les forces gouvernementales, soutenues par des habitants, ont annoncé avoir repris le fort de Sama, le mont Al-Jaacha et plusieurs zones voisines, au sud-est de Taïz, que les Houthis avaient conquis au cours des deux jours précédents. Cette reprise n'a pas pu être confirmée de manière indépendante.

Dans le district d'Al-Shamayateen, les récits divergent. Les forces gouvernementales affirment avoir stoppé une avancée houthie autour de Jabal Al-Jaboub, tandis que d'autres sources locales décrivent une progression du mouvement et la prise des secteurs d'Al-Maqarema, d'Al-Masahine et d'Al-Zakira. Les combats se poursuivaient également à Bani Omar, Daba Al-Dakhil et Rasin.

Dans le nord de la province, les Houthis ont engagé artillerie et chars dès le matin. À l'ouest rural, l'armée dit avoir détruit un véhicule houthi par drone à Al-Kadha, touché un blindé BMP à Hadran et visé des pièces d'artillerie à Tibat Al-Qarn et Khalf Al-Hamra.

700 combattants hors de combat, selon l'armée

Le porte-parole de l'armée du gouvernement yéménite reconnu internationalement, le colonel-major Majed Abdallah Al-Nazili, a affirmé que l'armée avait mené 257 opérations de ciblage à travers le pays, dont 71 dans la seule province de Taïz, au moyen d'avions de combat, de drones, d'artillerie, de missiles et de lance-roquettes. Les opérations auraient visé Sanaa, Midi, Baqim et les fronts d'Al-Jawf, Marib, Al-Bayda et Lahij.

Selon ses estimations préliminaires, au moins 700 combattants houthis auraient été mis hors de combat et 170 véhicules et équipements militaires détruits. Ces chiffres, fournis par une partie au conflit, n'ont pas pu être vérifiés.

Une trêve de quatre ans emportée par un avion

La guerre civile a repris en juillet après quatre ans de trêve, lorsque l'Iran a fait atterrir à Sanaa, sans autorisation, un avion transportant une délégation houthie. Depuis, le mouvement aligné sur Téhéran a pris le contrôle de l'ensemble de la côte yéménite de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, et intensifié ses frappes contre les villes et les installations énergétiques saoudiennes.

Taïz, troisième ville du pays, est restée en grande partie encerclée par les Houthis pendant des années. Le Programme alimentaire mondial avertit que les trois quarts de la population yéménite ne parviennent pas à couvrir leurs besoins alimentaires de base. L'absence d'accès indépendant à la plupart des zones de combat rend toute vérification des bilans humains et militaires très difficile.

Par Abdelaziz Al-Sabri et Khaled Al Shibani • L'Appel · L'Appel
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