La CGT du secteur social et médico-social et l'union départementale Force ouvrière appellent à rejoindre les lycéens mardi 6 octobre, y compris par la grève. Le week-end marque une pause dans la rue, après une semaine de blocages, d'interpellations et de blessés à Besançon.
La CGT du secteur social et médico-social du Doubs a appelé samedi les salariés à se mobiliser mardi 6 octobre, y compris par la grève et des débrayages, pour soutenir les lycéens, tandis que l'union départementale Force ouvrière (UD FO 25) appelle elle aussi à rejoindre la mobilisation, selon le site d'information bisontin macommune.info.
La CGT dit vouloir « faire respecter les libertés démocratiques de la jeunesse » et « assurer leur sécurité face aux violences policières ». Le syndicat dénonce « fermement la répression policière et toutes les formes de violences commises à l'encontre des jeunes », qui, selon lui, ne font qu'exercer leur droit de manifester et de s'exprimer.
Ses revendications dépassent le seul cadre scolaire et portent sur son propre secteur, au contact quotidien des jeunes les plus fragiles. La CGT réclame la garantie de contrats « jeunes majeurs » jusqu'à 21 ans sans condition de nationalité, un plafond de 25 mesures par travailleur social en milieu ouvert, la création de postes qualifiés dans la protection de l'enfance, le médico-social, la santé, l'éducation et le handicap, ainsi que des moyens pour la protection de l'enfance et la pédopsychiatrie de secteur.
« Le secteur social et médico-social ne pourra jamais être attractif tant que l'on imposera des salaires inférieurs au SMIC à l'embauche », affirme le syndicat.
Ne plus laisser un seul jeune sans accompagnement adapté.
- Revendication de la CGT social et médico-social du Doubs
Force ouvrière, l'argent public d'abord à l'école
De son côté, l'UD FO 25 estime que « l'argent public doit aller en priorité aux besoins de la population : à l'École, aux hôpitaux, aux services publics, aux salaires et à la protection sociale ». Le syndicat réclame les moyens nécessaires à l'Éducation nationale, les créations de postes indispensables, le remplacement des personnels absents, des classes aux effectifs permettant de bonnes conditions d'apprentissage et des personnels correctement rémunérés.
Ces appels départementaux s'inscrivent dans une mobilisation nationale. La confédération CGT a annoncé qu'elle serait « aux côtés des lycéen•nes et étudiant•es » le 6 octobre et ouvrira ses bourses du travail aux jeunes pour qu'ils puissent se réunir. Selon elle, les lycéens et étudiants d'aujourd'hui « sont les travailleurs de demain » et ne doivent pas « payer le prix des politiques d'austérité ». Les syndicats enseignants de la FSU, dont le SNES-FSU, ainsi que Solidaires, appellent également à la grève ce jour-là.
Un samedi sans blocage
Aucune action lycéenne n'était annoncée dans les rues de Besançon ce samedi, les établissements étant fermés le week-end, d'après les informations disponibles en fin de matinée. Le seul rassemblement prévu en ville, à 14 heures place du 8-Septembre, porte sur la solidarité avec la population de Gaza et n'est pas lié au mouvement lycéen, selon macommune.info.
À l'échelle nationale, aucune mobilisation lycéenne de grande ampleur n'avait non plus été signalée samedi matin. Les organisations de jeunesse et les syndicats concentrent leurs appels sur la journée de mardi.
Une semaine sous tension à besançon
L'appel intervient au terme d'une semaine de blocages dans plusieurs lycées bisontins, dont Pasteur, Pergaud, Condé, Victor-Hugo et Jules-Haag, dans le quartier de Montjoux.
Jeudi 1er octobre, journée la plus tendue, les sapeurs-pompiers du Doubs sont intervenus à 21 reprises à partir de 7 h 45, pour des feux sur la voie publique et des personnes blessées, selon macommune.info. Huit personnes ont été prises en charge, dont cinq jeunes, un agent de l'Éducation nationale de 58 ans et deux policiers. La préfecture avait recensé ce jour-là 61 interpellations dans le département et 13 blessés parmi les forces de l'ordre, sur 205 agents mobilisés.
Vendredi 2 octobre, l'activité a nettement baissé. Les pompiers ont effectué 12 interventions dans le Doubs, et trois personnes ont été blessées à Besançon, deux élèves et un policier, transportées à l'hôpital, selon la même source.
Le préfet du Doubs, Rémi Bastille, attribue une partie des incidents à des « groupuscules » cherchant la confrontation, tandis que le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, a appelé au calme et mis en garde contre toute instrumentalisation politique. Le conseiller régional Julien Odoul (RN) a réclamé une réunion de crise à la région.
Vingt et une interventions des pompiers jeudi, douze vendredi : la tension a reflué, la mobilisation non.
Le contexte national
En France, la police a interpellé 1 747 personnes vendredi, et plus de 5 000 depuis lundi, en lien avec les blocages, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Le nombre d'établissements concernés a reculé de 30 % en une journée, à 735. La CGT avance pour sa part un bilan d'environ 3 000 jeunes interpellés et 170 blessés depuis le début du mouvement, des chiffres qui n'ont pas été confirmés de source officielle.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé vendredi un « plan d'action » pour accélérer le remplacement des professeurs absents, une des principales revendications. Les organisations lycéennes ont jugé ces annonces insuffisantes, faute d'« engagements concrets ».
Le mouvement, parti le 21 septembre de lycées d'Île-de-France, réclame davantage de professeurs, des classes moins chargées, des bâtiments rénovés et des réponses sur Parcoursup. Mardi, il doit pour la première fois être rejoint dans la rue par les salariés et les fonctionnaires.






