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Grilles noircies, parents sommés de payer, la République cherche l’adulte

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Au quatrième jour du mouvement, l'exécutif ne parle plus seulement aux lycéens. Il se tourne vers leurs familles, leur porte-monnaie et leur autorité. Pendant ce temps, les portails brûlent de Paris à Nantes, et une note du renseignement désigne un responsable politique.

Désormais, la facture a un destinataire.

Vendredi 2 octobre, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait savoir qu'il avait demandé aux procureurs de rechercher la responsabilité civile des parents lorsque leurs enfants mineurs commettent des dégradations dans le cadre des blocages de lycées. Autrement dit, ce sont les familles qui devront régler les réparations.

Le message est passé par RTL. Le garde des Sceaux y a décrit une « minorité agissante et violente » qu'il faut interpeller et présenter aux juges, en insistant sur un point : les procureurs généraux doivent obtenir une réponse ferme, rapide, et faire en sorte que les parents soient « solidaires financièrement » de ce qu'ont fait leurs enfants.

La consigne tombe au moment où la France vit une nouvelle matinée de feu. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 564 établissements avaient connu, vendredi, une action ou une perturbation. Quelque 400 lycées, sur les 3 700 que compte le pays, étaient fermés, selon le ministre Édouard Geffray, et beaucoup basculaient vers l'enseignement à distance. À 11 heures, 600 personnes avaient déjà été interpellées, d'après une source policière.

Ce sont les familles qui devront régler les réparations.

la facture change d'adresse

L'idée de Gérald Darmanin a trouvé preneur dans l'heure. À Nice, le maire Éric Ciotti a salué une annonce qui « va dans le bon sens », avant d'en réclamer davantage. Selon lui, il faudrait aussi supprimer les allocations sociales et retirer le logement social aux familles concernées. Son groupe, l'UDR, annonce une proposition de loi en ce sens.
Dans les Pyrénées-Orientales, le préfet Pierre Regnault de la Mothe a choisi une autre voie, plus personnelle. Il écrira lui-même aux parents de chaque mineur interpellé pour violences ou dégradations. Dans cette lettre, il exprime sa « plus vive réprobation » face au comportement de l'enfant et somme les parents de veiller « sans délai » à ce qu'il respecte la loi. Le représentant de l'État le dit sans détour : il leur demande d'exercer leur autorité parentale.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la région a sorti sa calculatrice. Son président, Fabrice Pannekoucke (LR), a chiffré sur franceinfo les dégâts entre 25 et 30 millions d'euros, en précisant que l'estimation reste provisoire et couvre les bâtiments, leurs abords et les véhicules attaqués. Sur un peu plus de 300 lycées dans la région, 93 restaient portes closes vendredi.

La région dit identifier les auteurs à partir de trois sources : ses propres caméras de vidéosurveillance, les vidéos tournées dans les établissements, et celles que les casseurs publient eux-mêmes sur les réseaux sociaux. Fabrice Pannekoucke veut que chaque euro de dégât se traduise par un euro de sanction, pour que le contribuable n'ait pas à payer.

Il reprend ainsi la ligne de Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l'Assemblée et conseiller spécial de la région, qui avait annoncé jeudi le dépôt de plus de 400 plaintes. L'ancien président de région a aussi promis de couper les aides régionales aux casseurs et à leurs familles : Pass'Région, tarifs de cantine, transports scolaires.

Chaque euro de dégât doit devenir un euro de sanction.

- Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes

paris, un matin de portails calcinés

Dans la capitale, les pompiers ont commencé tôt. Dans le XIIIe arrondissement, un feu de vélos et de poubelles a gagné les grilles du lycée professionnel Gaston-Bachelard. Il a été éteint vers 7 h 55, a indiqué la préfecture de police. Il en reste une entrée noircie, des portes et des marches abîmées, et plusieurs vitres brisées.

Plus à l'ouest, dans le XVe, les sapeurs-pompiers ont dû éteindre des flammes au pied de la grille du lycée Léonard-de-Vinci. Rue Saint-Charles, le lycée de Beaugrenelle a lui aussi été incendié par des manifestants, pendant que des adolescents lançaient des pétards alentour. La conseillère de Paris chargée des lycées, Inès de Raguenel, et la conseillère régionale Catherine Michaud ont parlé d'une « violence injustifiable ».

Au lycée Roger-Verlomme, toujours dans le XVe, la porte d'entrée n'est plus qu'un panneau carbonisé, entouré de vélos brûlés. Devant, une centaine d'élèves restaient sous le choc. Leur récit, qui n'a pas été confirmé officiellement, est le suivant : des élèves du lycée seraient venus le matin avec des mortiers d'artifice. Une mère d'élève de l'école primaire voisine aurait tenté de les empêcher de tirer. Une bousculade aurait suivi, et les tirs seraient partis par accident vers la porte. Les pompiers ont éteint le feu en deux minutes, selon les témoins.

Dans le XVIIe, le maire LR Geoffroy Boulard a condamné sur X les dégradations commises à l'entrée de plusieurs établissements de son arrondissement, en les attribuant à des « factieux extrémistes » et en apportant son soutien aux policiers visés.

La veille au soir, tous les préfets avaient interdit les rassemblements vendredi devant les lycées fermés. À Paris, le préfet de police Patrice Faure a appliqué cette mesure à 13 établissements, cités nommément dans son arrêté. Le ministère de l'Intérieur précise que la même consigne vaut pour tous les départements.

Une mère d'élève a tenté d'arrêter les tirs. La porte du lycée a brûlé quand même.

avenue gambetta, une radio tombée à terre

La scène qui a le plus choqué s'est déroulée jeudi après-midi, avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement. Une lieutenant stagiaire de la préfecture de police, envoyée en renfort place Auguste-Métivier, dans le XIe, s'est arrêtée pour ramasser une radio de service tombée par terre. Ce simple geste l'a isolée.

Selon la préfecture de police, la tension montait depuis des heures et les policiers faisaient face à une centaine de manifestants qui les prenaient pour cible. Les images diffusées ensuite montrent la policière qui s'enfuit, poursuivie par un groupe qui l'insulte et appelle à la tuer. L'un des poursuivants la rattrape et la fait tomber, puis plusieurs autres l'entourent. D'après la préfecture, elle aurait reçu plusieurs coups de pied alors qu'elle était à terre.

Le syndicat Alliance Police a diffusé la vidéo. Le ministre de l'Intérieur, la préfecture et les syndicats ont tous condamné une scène « intolérable ». Laurent Nuñez a promis de retrouver les agresseurs et de les poursuivre. Vendredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique, confiée à la sûreté territoriale.

Une policière traquée comme une proie.

- Alliance Police

la ciotat, l'odeur de l'essence

À La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, un professeur du lycée de la Méditerranée a voulu calmer une situation devenue très tendue. Il a reçu de l'essence sur lui et un coup de pied, selon le rectorat d'Aix-Marseille cité par Le Figaro. Un véhicule de police a été arrosé de la même manière, sans que le feu prenne.

L'auteur présumé a été identifié et interpellé, puis aussitôt relâché. Selon la même source, les policiers ont jugé que l'hostilité des lycéens face à eux rendait la situation trop dangereuse pour le garder. Cet épisode montre ce que les autorités peinent à admettre ailleurs : à certains endroits, le rapport de force sur le terrain a échappé à l'État.

Le ministre de l'Éducation nationale a donné sur BFMTV un bilan humain pour son administration : 65 personnels blessés depuis le début du mouvement, dont 40 proviseurs. Il n'a pas précisé la nature des blessures. Selon Édouard Geffray, plus d'une centaine de lycées ont subi des dégradations graves depuis lundi.

À Toulon, le procureur de la République a fait connaître le profil des premiers mineurs présentés à la justice jeudi. Un garçon de 16 ans est soupçonné d'avoir lancé des pierres sur les forces de l'ordre le 30 septembre devant son lycée de Six-Fours-les-Plages, puis d'avoir blessé un policier en résistant à son arrestation. Il a été placé sous la protection judiciaire de la jeunesse en attendant d'être jugé. Deux autres, âgés de 16 ans, ont reçu une mesure de réparation pénale pour une fenêtre brisée et une poubelle incendiée. Le plus jeune a 13 ans. Il a reconnu avoir lancé un tube d'acier vers une proviseure, sans la toucher. Une dizaine d'autres présentations au parquet étaient prévues vendredi.

Quarante proviseurs blessés depuis le début du mouvement.

nantes, le lycée qui a brûlé de l'intérieur

À Nantes, il était à peine 8 heures vendredi quand les forces de l'ordre ont reçu des tirs de mortiers, notamment autour du lycée Bougainville. Dix jeunes ont été interpellés dans la matinée. L'un d'eux portait une barre de fer. Renforcés depuis jeudi soir par des effectifs venus de tout le département, policiers et CRS occupaient le centre-ville pour faire respecter l'interdiction préfectorale de se rassembler devant plusieurs établissements. Le calme semblait revenu en fin de matinée, avant un rassemblement d'étudiants prévu à 13 heures au miroir d'eau, face au château des Ducs de Bretagne.

Mais l'image qui restera à Nantes date de la veille, sur l'île de Nantes. Jeudi, vers 8 heures, le feu est entré dans le lycée international Nelson-Mandela. Le personnel présent avait été évacué tôt. Devant les grilles, les élèves regardaient sur leurs téléphones des flammes d'une dizaine de mètres dans le hall d'entrée. Une heure plus tard, les pompiers et les CRS étaient toujours là.

Une élève de terminale, interne, ne savait pas dans quel état était sa chambre. Elle avait appris que celle d'une amie avait brûlé. Le self aurait également été touché. Une proviseure adjointe a confié à l'AFP qu'il s'agissait d'un incendie volontaire. Sur le trottoir, une lycéenne en larmes serrait une amie contre elle, et un garçon a résumé en une phrase la stupeur de tous : « Wesh, notre lycée a brûlé. »

Les témoignages recueillis sur place racontent tous la même chose. Les responsables ne seraient pas des élèves de Nelson-Mandela, mais des jeunes cagoulés et habillés de noir, venus de l'extérieur, peut-être d'autres lycées ou d'autres quartiers. Ils auraient jeté des pavés contre les vitres et tiré des mortiers sur la façade. Le feu serait parti d'une poubelle, selon certains témoins.

L'interne, elle, rappelle pourquoi les élèves étaient dans la rue mardi : ils voulaient dénoncer ce qu'ils appellent le « permis de tuer », la baisse des APL et la loi Cazeneuve. Pour elle, ce qui s'est passé jeudi est « vraiment décevant ».

Ils avaient des choses à dire. D'autres sont venus brûler le lieu où ils les disaient.

lyon, quimper, bordeaux, la même contagion

À Lyon, vers 10 heures, le quartier Foch, dans le VIe arrondissement, a été envahi par les gaz lacrymogènes tirés en riposte à des mortiers d'artifice. Devant le lycée Herriot, resté fermé, de nombreux élèves étaient rassemblés. L'un d'eux, pancarte à la main, a reproché aux jeunes extérieurs au lycée venus avec des mortiers de discréditer le mouvement. Sur la Presqu'île, le lycée Ampère était ouvert, mais un important groupe s'était formé devant l'entrée, face à de nombreux CRS casqués. Dans le Rhône, 44 établissements n'avaient pas ouvert vendredi matin.

À Quimper, plusieurs centaines de jeunes s'étaient regroupés devant le lycée Chaptal. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour lever le blocage. Les images des médias locaux montrent des lycéens qui s'enfuient sous les nuages de gaz.

En Gironde, le parquet de Bordeaux compte environ 6 000 lycéens mobilisés, à Bordeaux, Mérignac, Bègles, Langon et Libourne. Dix-huit lycées ont fermé. Près de 500 gendarmes, policiers et pompiers ont été déployés face à des incendies de biens publics et privés, des jets de pavés et de mortiers, et des intrusions dans des lycées. Cinq policiers, un pompier et quatre lycéens ont été blessés, et deux enseignantes ont été prises à partie devant leur établissement.

Bordeaux est aussi la seule ville où une porte s'entrouvre. Lundi à 11 heures, le recteur de la Gironde, Jean-Marc Huart, recevra 58 élèves élus aux conseils de la vie lycéenne pour ouvrir ce qu'il appelle un espace de dialogue. La préfète Sophie Brocas et Jean-Louis Nembrini, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine chargé de l'éducation, y participeront.

À Bordeaux, un recteur s'apprête à écouter. Ailleurs, on compte les plaintes.

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ce que dit la note du renseignement

Derrière les incendies, une bataille politique s'est engagée, et le gouvernement a choisi son adversaire. Jeudi après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule de crise. À la sortie, Matignon a rapporté la conclusion des services de renseignement : le blocage des lycées serait une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche ». Le chef du gouvernement estime que ce sont eux qui ont lancé un mouvement devenu des violences urbaines.
Matignon ajoute que, le 29 septembre, une vingtaine de parlementaires LFI étaient « impliqués dans le mouvement », de Lille à Rennes, et à Toulouse, Albi, Rouen, Clermont-Ferrand, Bègles ou Avignon. Selon une source gouvernementale, 900 établissements avaient été perturbés jeudi.
Le Figaro dit avoir eu accès aux analyses remises au préfet de police de Paris. L'une d'elles porte un titre révélateur : « Actions lycéennes en Seine-Saint-Denis : un mouvement à la physionomie inédite ». Elle distingue trois types de participants. En tête, des jeunes très politisés. Derrière eux, la grande masse des lycéens. Et enfin, des perturbateurs venus des cités, qui utilisent des mortiers et pillent. La note appelle à prendre la question au sérieux, alors que les violences, y compris contre des enseignants, s'étendent de Nantes à Marseille.

Le ministère de la Justice donne une autre mesure du phénomène : 1 793 gardes à vue en France depuis lundi. Neuf sur dix concernent des mineurs, et un tiers des interpellations portent sur des violences contre des personnes. Jeudi en fin d'après-midi, les tribunaux de Paris, Bobigny et Créteil comptaient à eux seuls 130 mineurs en garde à vue et 42 déferrements.

Après une réunion jeudi soir avec les préfets, les chefs de la police et de la gendarmerie et les responsables du renseignement, Laurent Nuñez a tiré sa conclusion : selon lui, la situation n'a plus rien d'une expression légitime des revendications lycéennes et présente désormais tous les traits de violences urbaines.

Des jeunes politisés devant, la masse des lycéens derrière, des pilleurs sur les côtés : c'est le portrait dressé par le renseignement.

dissoudre, combattre ou écouter

La droite se divise sur la réponse à apporter. Bruno Retailleau estime que la question de l'interdiction du parti de Jean-Luc Mélenchon « se pose », et l'accuse de chercher à organiser une insurrection. Le député européen François-Xavier Bellamy va plus loin : selon lui, ce n'est pas un mouvement lycéen mais un « laboratoire du chaos », une répétition générale organisée par LFI. Il demande que la dissolution du parti soit envisagée dès maintenant, que chaque violence soit sanctionnée de manière immédiate et visible, et que les familles sachent qu'elles devront, elles aussi, rendre des comptes.
Édouard Philippe refuse de suivre. En réunion publique à Annemasse, en Haute-Savoie, il a dénoncé ce qu'il appelle l'exploitation cynique des lycéens par LFI, tout en jugeant l'interdiction du parti juridiquement impossible, ce dont il se dit certain. Selon lui, il faut combattre la gauche radicale sur le terrain politique, pas devant les tribunaux, et la battre dans les urnes. « N'ayons pas peur de la démocratie », a-t-il lancé.

À gauche, les voix divergent aussi. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a estimé sur RTL que ce n'était pas aux responsables politiques de dire aux lycéens quoi faire, ni d'organiser le mouvement social, mais d'apporter des réponses. Il juge que le mouvement a été récupéré et détourné par des casseurs.

Le député LFI Éric Coquerel défend une position inverse. Il ne demande pas le calme, il appelle à continuer de soutenir la mobilisation. Il reproche aux chaînes de télévision de filmer pendant 40 minutes des poubelles en feu comme s'il s'agissait d'une guerre, au lieu d'interroger des jeunes qui ont, selon lui, des revendications très précises : classes surchargées, conditions de travail dégradées, manque d'infirmiers et de médecins scolaires, et une procédure Parcoursup qu'il qualifie de « vraie boucherie » pour des centaines d'élèves sans affectation. Tout en condamnant l'incendie de Nantes, il avertit que si l'on n'écoute pas les lycéens, le mouvement continuera de s'étendre.
Entre ces positions, François Ruffin a parlé en père. Le député a indiqué sur X que ses deux enfants participent aux manifestations. Il dit éprouver de la tendresse à les voir s'engager comme sa génération l'a fait, mais aussi de l'inquiétude à l'idée qu'ils se retrouvent pris entre la police et les casseurs. Sur BFMTV, il a plaidé pour une « réponse politique ».
Dans un éditorial intitulé « Jean-Luc Mélenchon, la stratégie de l'école brûlée », Vincent Trémolet de Villers voit dans le leader insoumis un homme qui alterne la modération le matin et l'excitation révolutionnaire l'après-midi. Il rappelle qu'une quarantaine d'élus LFI étaient sur le terrain mardi, à sept mois d'un éventuel second tour face à Marine Le Pen. Selon lui, le vocabulaire a été renversé : on ne parle plus d'« ensauvagement » de la société, mais de « sauvagerie policière ». Il reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon de faire du racisme une ligne de fracture, et estime qu'accuser de racisme Valérie Pécresse, BFMTV ou Sébastien Lecornu les désigne comme cibles.

Les uns veulent dissoudre, les autres combattre, quelques-uns écouter.

la question que personne ne pose

Le ministre de l'Éducation nationale a lancé lui aussi un appel aux familles. Sur BFMTV, Édouard Geffray a demandé aux parents de dire à leurs enfants de ne pas aller aux blocages, parce que, dans la rue, « les enfants sont en danger ».

La journée de vendredi se résume dans ce glissement. En quatre jours, la réponse publique est passée des lycéens à leurs parents. Le garde des Sceaux s'adresse à leur portefeuille, un préfet à leur autorité, une région à leurs aides sociales, et le ministre de l'Éducation à leur inquiétude. Il y a pourtant une liste que personne n'a encore traitée : celle que les élèves de Nelson-Mandela, de Pasteur ou de Herriot lisaient devant leurs lycées avant que les mortiers ne couvrent leur voix.

Tout cela se déroule à sept mois de l'élection présidentielle, et chaque camp a déjà choisi sa lecture. Le gouvernement espère que la fermeté ramènera le calme. Ses adversaires préviennent qu'elle risque d'étendre le mouvement. Une question reste ouverte : en envoyant la facture aux parents, l'État cherche-t-il un responsable, ou un moyen de ne pas répondre aux enfants ?

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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