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Le gaz grimpe, les franchises aussi, l’aide au logement traîne

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Hausse du prix repère du gaz, plafond des franchises médicales relevé, indemnisation des arrêts longs raccourcie, échéance de la taxe foncière. En face, une revalorisation des APL et le remboursement des protections menstruelles réutilisables. Le calendrier d'octobre, semaine après semaine, pour les budgets serrés.

Cinq euros et vingt-huit centimes.

C'est, en moyenne, ce que la hausse d'octobre ajoute chaque mois à la facture des ménages dont le contrat de gaz suit le prix repère. Une somme modeste sur le papier. Mais octobre ne se résume pas à une ligne de facture. Le mois cumule une dizaine de changements officiels, recensés par Service-Public, le site de l'administration placé sous l'autorité du Premier ministre, qui touchent l'énergie, la santé, le logement, l'impôt et les aides sociales.

Pour les foyers aisés, la plupart passeront inaperçus. Pour ceux qui comptent à l'euro près, c'est leur addition qui pèse, sur un budget déjà amputé par l'alimentation, le loyer, les transports et les assurances.

Aucune mesure n'est spectaculaire. C'est leur empilement qui fait la différence à la fin du mois.

Premier octobre, le gaz prend 6,3 %

Le mois s'ouvre sur l'énergie. Le prix repère de vente du gaz naturel, publié par la Commission de régulation de l'énergie, passe de 172,05 euros à 182,88 euros le mégawattheure, toutes taxes comprises, soit une hausse de 6,3 %.

Les clients dont le contrat est indexé sur ce prix de référence la subiront directement, à raison d'environ 5,28 euros par mois en moyenne. Ceux qui ont souscrit une offre à prix fixe en sont protégés jusqu'à l'échéance de leur contrat.

Sur l'année, l'addition s'alourdit davantage. Si les conditions restent comparables jusqu'en décembre, la facture annuelle de gaz de 2026 dépasserait celle de 2025 d'environ 10 %, soit près de 120 euros de plus, selon les données communiquées par les autorités.

Le calendrier aggrave l'effet. La hausse intervient à l'entrée de l'automne, au moment où les ménages qui se chauffent au gaz rallument leurs radiateurs et où leur consommation s'envole. Plus le froid sera précoce, plus le surcoût mensuel s'éloignera de la moyenne annoncée.

La hausse arrive au moment précis où les radiateurs se rallument.

Le même jour, les APL gagnent 1,15 %

Au même moment, les locataires modestes reçoivent un coup de pouce. Les aides personnelles au logement, APL, ALF et ALS, sont revalorisées de 1,15 % au 1er octobre. Le taux suit l'évolution de l'indice de référence des loyers du deuxième trimestre.

La hausse est appliquée d'office par la Caisse d'allocations familiales ou la Mutualité sociale agricole. Aucune démarche n'est nécessaire. Le montant réellement versé reste toutefois propre à chaque foyer, puisqu'il dépend du loyer, de la composition du ménage, de ses ressources, de celles du conjoint et, dans certains cas, de son patrimoine.

Cette revalorisation est à la mesure de l'indice qui la fonde, c'est-à-dire modeste. Elle accompagne l'évolution des loyers, pas celle de l'énergie ou de la santé. Pour un ménage qui se chauffe au gaz, l'écart entre les 1,15 % gagnés sur l'aide et les 6,3 % perdus sur la facture d'énergie se lit directement sur le relevé bancaire.

Elle pourrait aussi être la dernière avant longtemps. Le projet de budget pour 2027, présenté ce jeudi en Conseil des ministres, prévoit de stabiliser le budget des APL à son niveau de 2026.

Se soigner coûte plus cher

Toujours depuis le 1er octobre, les patients qui se soignent souvent paieront davantage de leur poche. Le plafond annuel cumulé des franchises médicales et des participations forfaitaires passe de 100 à 140 euros pour les assurés non exonérés.

Les franchises médicales sont ces sommes déduites des remboursements de l'Assurance maladie, à raison d'un euro par boîte de médicaments, d'un euro par acte paramédical, chez l'infirmier ou le kinésithérapeute, et de quatre euros par transport sanitaire. Leur plafond annuel passe de 50 à 70 euros. La participation forfaitaire de deux euros, prélevée sur les consultations, examens et analyses, voit elle aussi son plafond grimper de 50 à 70 euros.

La mesure ne frappe pas tout le monde de la même manière. Une personne en bonne santé, qui consulte rarement, n'atteindra jamais ces plafonds. À l'inverse, les malades chroniques, les patients sous traitement quotidien, ceux qui ont besoin de soins infirmiers réguliers ou de transports sanitaires les atteindront vite, et paieront l'intégralité de la hausse.

Les mineurs, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les femmes enceintes, du premier jour du sixième mois de grossesse au douzième jour après l'accouchement, restent exonérés. Les plus pauvres, couverts par la complémentaire santé solidaire, sont donc protégés. Ce sont les ménages juste au-dessus du seuil, trop riches pour l'aide, trop modestes pour absorber la dépense, qui encaisseront le choc.

Les malades chroniques atteindront les plafonds les premiers. Ils paieront toute la hausse.

Quinze octobre, les arrêts longs raccourcis

La mi-octobre apporte un changement moins visible et potentiellement plus lourd. À compter du 15 octobre, la durée maximale d'indemnisation des arrêts de travail passe de trois ans à un an pour certains assurés atteints d'une affection de longue durée dite non exonérante, c'est-à-dire qui n'ouvre pas droit à la prise en charge des soins à 100 %.

Les malades en affection de longue durée exonérante conservent un plafond de trois ans. Les personnes déjà arrêtées depuis plus de six mois au 15 octobre restent soumises aux anciennes règles. La réforme vise les arrêts qui débutent à partir de cette date, et certaines situations atteignant six mois après elle.

Pour un salarié modeste, un arrêt long signifie déjà une baisse de revenus par rapport à son salaire. Réduire la durée pendant laquelle il est indemnisé, c'est exposer plus tôt son budget à l'équation du loyer, de l'énergie, de l'alimentation, des transports et des soins, sans les indemnités qui la rendaient tenable. Le texte ne concerne cependant ni tous les arrêts maladie, ni toutes les affections de longue durée.

Du quinze au vingt-six, la taxe foncière

Les propriétaires ont, eux, rendez-vous avec la taxe foncière 2026. Pour certains modes de paiement, l'échéance tombe le 15 octobre, notamment lorsque le montant ne dépasse pas 300 euros. Le paiement en ligne reste possible jusqu'au 20 octobre, et les contribuables qui ont choisi le prélèvement à l'échéance seront débités le 26 octobre.

L'impôt est dû par le propriétaire, jamais par le locataire. Il peut pourtant peser lourd sur des propriétaires aux revenus modestes, en particulier des retraités qui ont fini de rembourser leur logement mais disposent de petites pensions. Des exonérations et dégrèvements existent selon l'âge, les ressources et la situation personnelle, encore faut-il les demander.

Une avancée pour les jeunes femmes

Octobre apporte aussi une avancée contre la précarité menstruelle. Depuis le 1er octobre, les culottes et coupes menstruelles réutilisables peuvent être remboursées par l'Assurance maladie.

Le dispositif s'adresse à toutes les assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources, et aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge. La prise en charge varie de 55 % à 65 % selon l'âge, et atteint 100 % pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, dans la limite de deux produits par an.

Le vrai coût est dans l'addition

Pris un par un, aucun de ces changements ne bouleverse un budget. Le gaz coûte quelques euros de plus par mois, les franchises quelques dizaines d'euros de plus par an, l'APL progresse d'un peu plus d'un pour cent. C'est leur cumul, sur des ménages sans marge, qui dessine le mois.

Le profil le plus exposé se devine sans peine. Un locataire qui se chauffe au gaz, suit un traitement régulier, juste au-dessus des plafonds de la complémentaire santé solidaire, verra en octobre sa facture d'énergie grimper, ses restes à charge médicaux augmenter, et son aide au logement progresser bien moins vite que ses dépenses.

Les services publics recommandent aux ménages concernés de vérifier leurs droits auprès de la CAF, de l'Assurance maladie et de la complémentaire santé solidaire, et de s'informer sur les exonérations de taxe foncière. C'est le conseil le plus utile du mois. Car en octobre, ce qui augmente arrive tout seul, et ce qui protège, souvent, il faut aller le réclamer.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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