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Tentative de détournement d’un avion à destination d’Israël : le copilote aurait utilisé un couteau de poche, Israël traite l’incident comme un acte terroriste

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Le commandant poignardé, l'appareil précipité vers le sol, puis un cockpit repris par ceux qui étaient assis derrière. Israël traite désormais le vol FZ1073 comme une tentative d'attentat.

Le copilote d'un Boeing de Flydubai qui reliait Dubaï à Tel-Aviv a frappé de plusieurs coups de couteau le commandant de bord avant de lancer l'avion dans un piqué vertigineux, mercredi matin au-dessus de l'Arabie saoudite, selon des récits de passagers et des évaluations sécuritaires israéliennes, et l'appareil n'a pu se poser à Tabouk qu'après que l'équipage et des passagers eurent forcé le cockpit et maîtrisé l'agresseur.

Les autorités israéliennes traitent l'affaire comme une attaque terroriste, selon le site JNS et le Times of Israel. Un haut responsable israélien, cité par ce dernier, a évoqué des indices montrant que le pilote avait cherché à faire s'écraser l'avion, et estimé qu'une catastrophe majeure avait été évitée. Les motivations de l'agresseur restent inconnues.

Le suspect serait le copilote, de nationalité omanaise, tandis que le commandant agressé serait émirien, selon une évaluation israélienne rapportée par Ynet et reprise par le Times of Israel. Dans les premières heures, les chaînes israéliennes 7 et 12 avaient présenté les deux pilotes comme russe et ukrainien, une version que les informations ultérieures n'ont pas retenue. Aucune de ces identités n'a été confirmée par Flydubai, ni par les autorités saoudiennes, émiriennes ou omanaises.

L'aéroport Prince Sultan bin Abdulaziz de Tabouk a indiqué que le commandant et le copilote avaient tous deux été blessés et transportés à l'hôpital. Plusieurs informations de presse décrivent l'état du commandant comme critique, ce qu'aucune source officielle n'a confirmé à la mi-journée.

Flydubai s'est bornée à confirmer que le vol avait « rencontré un incident » et s'était posé sans encombre à Tabouk, tous les passagers étant sains et saufs, en promettant de nouvelles informations « lorsque des détails confirmés supplémentaires seront disponibles ».

Pour Israël, une catastrophe majeure a été évitée de justesse au-dessus du désert saoudien.

Deux heures et quart de vol sans histoire

Le Boeing 737 MAX 8 immatriculé A6-FKF, qui assurait le vol FZ1073, a décollé de l'aéroport international de Dubaï à 7 h 05, heure locale, soit 6 h 05 à Tabouk et à Tel-Aviv, selon le service de suivi Flightradar24. Son arrivée à l'aéroport Ben Gourion était prévue vers 9 h 30, selon Ynet. Il croisait à 34 000 pieds, soit environ 10 400 mètres, en survolant l'Arabie saoudite en direction de la Jordanie.

Le nombre exact de personnes à bord varie selon les sources. Ynet fait état de 174 passagers, dont 27 enfants. Le Times of Israel évoque environ 180 passagers, tandis qu'Al Jazeera parle de plus de 170 Israéliens. Aucune source officielle n'a confirmé que tous les passagers étaient de nationalité israélienne.

Vingt mille pieds dans le vide

Vers 8 h 21, heure de Tabouk, l'avion a entamé une descente brutale, suivie d'une brève remontée puis d'une nouvelle chute, selon Flightradar24. D'après Al Jazeera, qui s'appuie sur les données de suivi, il a perdu 14 125 pieds en 29 secondes, entre 8 h 22 min 07 et 8 h 22 min 36, soit une vitesse verticale d'environ 29 000 pieds par minute. Sa vitesse a bondi de 411 à près de 600 nœuds, selon le Times of Israel.

L'appareil est ensuite remonté à 21 650 pieds, avant de redescendre sous les 14 000 pieds, puis de se stabiliser vers 15 000 pieds, à 8 h 33. Entre son altitude de croisière et son point le plus bas, il a ainsi perdu près de 20 000 pieds, soit environ 6 000 mètres, en un peu plus d'une minute selon plusieurs médias. Les données publiques de suivi ne permettent pas de reconstituer cette durée à la seconde près.

Selon Flightradar24, l'équipage a affiché à 8 h 28 le code transpondeur 7700, qui signale une urgence générale, puis vers 8 h 35 le code 7500, réservé aux interventions illicites et aux détournements, avant de revenir au 7700. La chronologie publiée par Ynet situe ces deux signaux à 8 h 31 et 8 h 38. Selon des récits de passagers rapportés par la presse israélienne, c'est le commandant, blessé, qui a déclenché l'alerte au détournement et appelé les passagers à l'aide.

14 125 pieds perdus en 29 secondes, et une vitesse passée de 411 à près de 600 nœuds.

La porte forcée, l'agresseur ligoté

Des passagers ont raconté avoir entendu des cris venant de l'avant de l'appareil, puis vu du sang lorsque la porte du cockpit s'est ouverte, selon le Times of Israel. Un proche d'une passagère a rapporté à Reuters qu'on lui avait décrit un homme armé d'un couteau ayant plaqué un pilote au sol.

Selon ces récits et les évaluations sécuritaires israéliennes, le copilote a attaqué le commandant avec un couteau de poche, l'a frappé à plusieurs reprises, puis a pris les commandes et engagé la descente. Des membres d'équipage et des passagers ont alors forcé l'accès au cockpit, dégagé le commandant et maîtrisé l'agresseur, avant de le ligoter. Plusieurs personnes ont été blessées pendant la lutte.

Dans une vidéo tournée à bord et diffusée par Ynet, un passager affirme que les voyageurs ont repris le contrôle de l'avion après qu'un assaillant armé d'un couteau eut poignardé l'un des pilotes. Des passagers ont dit avoir récité la prière juive « Shema Israël », persuadés de ne pas en réchapper. Le Jerusalem Post et Israel Hayom affirment que des pilotes qui voyageaient en civil parmi les passagers ont contribué à ramener l'appareil au sol. Ces récits n'ont été confirmés ni par la compagnie ni par les autorités.

Des images publiées par le Times of Israel semblent montrer des dommages sur la gouverne de direction, à l'arrière de l'avion, et certaines informations font état de dégâts sur les commandes de vol et sur l'une des ailes. Leur origine et leur ampleur n'ont pas été établies officiellement.

Des cris, une porte de cockpit forcée, du sang. Le récit des passagers du FZ1073.

Demi-tour au-dessus de la Jordanie

Après l'affichage du code 7500, l'avion a viré vers l'ouest, pénétré dans l'espace aérien jordanien vers 8 h 40, puis fait demi-tour vers le sud-ouest en direction de Tabouk, selon Flightradar24. L'aéroport de cette ville du nord-ouest saoudien a indiqué avoir reçu un appel de détresse à 8 h 44 et déclenché ses procédures d'urgence.

Selon l'aéroport, l'avion s'est posé sans encombre à 9 h 45. Les dernières données reçues par Flightradar24 situent l'atterrissage vers 9 h 58. Pendant la crise, les autorités israéliennes avaient perdu tout contact avec l'appareil, une situation jugée « préoccupante » par un responsable sécuritaire cité par Ynet.

Chasseurs en l'air, Mossad au téléphone

L'apparition du code 7500 a déclenché l'alerte en Israël. Deux avions de chasse ont décollé, selon Ynet, et le chef d'état-major, Eyal Zamir, a réuni les responsables de l'armée de l'air, des opérations et du renseignement. Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, ont tenu des consultations d'urgence vers 9 h 20, selon la même source.

Le Mossad a pris en charge les contacts avec l'Arabie saoudite, avec laquelle Israël n'entretient pas de relations diplomatiques, selon Ynet. Le copilote a été remis aux autorités saoudiennes pour être interrogé, avec une participation israélienne, selon le site israélien repris par l'agence ukrainienne UNN. Riyad n'a fait aucune déclaration à ce sujet.

Un geste dont personne ne connaît encore la raison

En quelques heures, la lecture officielle a basculé. Au matin, des responsables israéliens cités par Reuters parlaient encore d'une altercation physique entre les deux pilotes, et le bureau de Benjamin Netanyahu écartait l'hypothèse d'un détournement. À la mi-journée, la piste d'une attaque préméditée contre un avion rempli d'Israéliens s'était imposée à Jérusalem.

Rien, pourtant, n'éclaire encore le mobile. Aucune revendication n'a été publiée, aucun élément sur le passé du copilote n'a été rendu public, et les autorités israéliennes n'excluent pas, selon le Times of Israel, la crise psychique d'un homme aux commandes. Les courbes d'altitude montrent une volonté de faire plonger l'avion, elles ne disent rien de ce qui l'a animée.

Le silence des capitales du Golfe pèse aussi. Ni Mascate, ni Abou Dhabi, ni Riyad n'ont commenté les informations israéliennes sur l'identité des pilotes, et l'enquête se déroule sur le sol d'un pays qui n'a pas de relations officielles avec l'État dont les passagers sont ressortissants.

Une enquête aux multiples acteurs

L'aéroport de Tabouk a indiqué que les autorités compétentes avaient ouvert une enquête. En vertu des règles de l'Organisation de l'aviation civile internationale, l'enquête technique revient en principe à l'Arabie saoudite, État sur le territoire duquel l'appareil s'est posé, en association avec les Émirats arabes unis, État d'immatriculation, et les États-Unis, pays du constructeur.

Les enquêteurs devront exploiter les enregistreurs de vol, qui conservent les paramètres de pilotage et les conversations du cockpit, entendre l'équipage et les passagers et examiner les dommages de l'appareil. Ils devront aussi expliquer comment une arme blanche a pu se retrouver dans le poste de pilotage d'un avion commercial.

À Tabouk, les passagers attendaient mercredi après-midi d'être rapatriés. L'aéroport a indiqué coordonner avec la compagnie l'envoi d'un appareil de remplacement, et Flydubai prévoit d'en dépêcher un, tandis qu'Israël étudiait la possibilité de les ramener à bord d'un avion israélien, selon le Times of Israel. Aucun horaire de retour n'avait été annoncé en début d'après-midi.

Flydubai, compagnie à bas coût basée à Dubaï, dessert Tel-Aviv depuis la normalisation des relations entre les Émirats et Israël en 2020. L'Arabie saoudite autorise depuis lors le survol de son territoire par les vols entre les deux pays.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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