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Le Mossad et le Shin Bet enquêtent sur une tentative terroriste visant à faire s’écraser un vol Flydubai transportant des Israéliens

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Une erreur des sites de suivi a fait croire mercredi à un second vol dérouté vers Dubaï. Pendant ce temps, l'appareil militaire, sécuritaire et politique israélien durcissait sa lecture du vol FZ1073.

Un second vol Flydubai entre Dubaï et Tel-Aviv, le FZ1081, n'a pas fait demi-tour mercredi, contrairement à ce qu'avaient annoncé plusieurs médias israéliens et turcs, les données de trajectoire montrant qu'il poursuivait sa route normale vers l'aéroport Ben Gourion, sans signal d'urgence.

L'annonce d'un retour vers les Émirats, diffusée en début d'après-midi par le site Ynet et la chaîne 12, puis reprise par l'agence turque Anadolu, provenait d'un dysfonctionnement des sites de suivi des vols, a indiqué vers 13 h 55, heure d'Israël, le correspondant militaire du Times of Israel, Emanuel Fabian. Reuters et le quotidien koweïtien Arab Times ont ensuite confirmé que l'appareil avait continué vers sa destination.

Le site israélien Mako a pour sa part évoqué un autre vol, numéroté FZ8455, qui serait revenu à Dubaï en raison d'une panne technique apparente. Cette information n'a été confirmée ni par la compagnie ni par une autre source à la mi-journée.

La fausse alerte est intervenue quelques heures après l'atterrissage d'urgence à Tabouk, en Arabie saoudite, du vol FZ1073, au cours duquel le commandant de bord a été poignardé dans le cockpit.

Une erreur de radar a suffi à faire croire à une seconde crise, tant la première avait mis les nerfs à vif.

Armée, Shin Bet et Mossad parlent d'un acte terroriste

À l'issue d'une évaluation conjointe, l'armée israélienne, le service de sécurité intérieure Shin Bet et le Mossad ont conclu que le copilote avait tenté de faire tomber l'appareil, a rapporté le site économique israélien Calcalist. Un responsable israélien a déclaré au Jerusalem Post que l'establishment sécuritaire considérait l'incident comme un acte de terrorisme.

Un responsable sécuritaire israélien a indiqué au quotidien Maariv que l'appareil était piloté par un membre d'équipage omanais et un membre d'équipage indien, contredisant la version d'un commandant émirien avancée par Calcalist. Ni Flydubai ni aucune autorité n'a confirmé officiellement ces nationalités.

Un responsable militaire a expliqué à Maariv que l'armée avait d'abord entendu parler d'une rixe entre un pilote russe et un pilote ukrainien, avant de conclure qu'il s'agissait d'un incident sécuritaire. L'enquête cherche désormais à établir qui se trouve derrière le copilote, quel était son mobile et s'il a agi pour le compte d'autrui. Un autre responsable israélien a affirmé au journal que le pays était passé à un pas d'un scénario comparable au 11 septembre.

D'une querelle entre pilotes à la piste d'un commanditaire, la lecture israélienne a basculé en quelques heures.

Dans le bunker de la Kirya

Dès l'émission du code 7500, l'armée de l'air a fait décoller deux avions de chasse et ouvert son poste de commandement souterrain, au siège de l'état-major à Tel-Aviv, a rapporté Maariv. Le chef d'état-major, Eyal Zamir, a tenu une évaluation avec le commandant de l'armée de l'air, le chef des opérations et le chef du renseignement militaire, avant une seconde réunion élargie aux chefs du Shin Bet et du Mossad.

Les chasseurs ne sont pas sortis de l'espace aérien israélien, a précisé un responsable sécuritaire au journal. Leur mission était d'intervenir si l'avion pénétrait dans cet espace et menaçait la population. Tant que les circonstances n'étaient pas éclaircies, l'armée de l'air n'aurait pas autorisé l'appareil à se poser à Ben Gourion, selon des responsables sécuritaires. Maariv rappelle qu'en 2000, un avion léger venu de Beyrouth avait été abattu par un F-16 au-dessus de Michmoret, après avoir franchi la côte près de Hadera.

Benjamin Netanyahu a annulé une tournée dans le sud du pays avec le chef du commandement Sud, puis une visite électorale prévue à Beersheba, pour regagner son bureau et tenir une nouvelle réunion de sécurité, selon Maariv.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a qualifié le copilote de terroriste, affirmant qu'il avait voulu écraser l'avion et tuer ses passagers, et réclamé un renforcement de la sécurité sur les vols transportant des Israéliens.

Un agent de sécurité et un praticien parmi les passagers

Un agent de sécurité en civil voyageait à bord et a participé à la neutralisation du copilote, selon Calcalist. Le site cite Tzvika Manes, dirigeant de la filiale de souscription de la Banque Leumi, dont l'épouse, qui se tenait près du cockpit, a entendu les cris et alerté un pilote de relève assis en cabine. Le pilote a appelé à l'aide, et Tzvika Manes est entré dans le poste de pilotage avec deux autres hommes pour maîtriser l'agresseur.

Un passager exerçant une profession médicale a soigné le commandant blessé. Calcalist le présente comme médecin, le Jerusalem Post comme dentiste, auquel le quotidien attribue d'avoir sauvé la vie du pilote.

Un autre passager, Uri, a déclaré au site Walla avoir compris que le pilote avait tenté de se tuer en entraînant les passagers avec lui, selon le Jerusalem Post. D'après ce dernier, certains des hommes intervenus étaient d'anciens combattants, et deux pilotes installés à l'arrière ont pris les commandes une fois le cockpit sécurisé.

Un pilote de relève, un agent en civil, un praticien. L'avion a été sauvé par ceux qui n'étaient pas de service.

Regev saisit le Shin Bet et l'Aviation civile

La ministre des Transports, Miri Regev, a adressé sa demande de suspension des vols Flydubai au Shin Bet, et a chargé l'Autorité de l'aviation civile de vérifier si les Émirats avaient enfreint l'accord aérien bilatéral, a rapporté le Times of Israel à 14 h 22. Selon le Jerusalem Post, cet accord impose que tous les pilotes opérant vers Israël soient ressortissants de pays ayant normalisé leurs relations avec l'État hébreu, ce qui exclut Oman.

À l'aéroport Ben Gourion, les vols Flydubai font désormais l'objet de contrôles de sécurité renforcés, selon Mako. Le Shin Bet doit interroger les passagers à leur arrivée, a rapporté le site Kikar HaShabbat.

Lapid accuse Netanyahu de récupération

L'affaire a pris une tournure électorale, à moins d'un mois des législatives du 27 octobre. Le chef de l'opposition, Yair Lapid, a affirmé qu'aucun élément ressemblant de près ou de loin à l'incident n'avait été évoqué lors du point de sécurité que lui avait accordé Benjamin Netanyahu la veille, a rapporté le Times of Israel à 14 h 03.

Yair Lapid avait réclamé ce point après les avertissements du Premier ministre sur de possibles attaques visant Israël avant le scrutin. Il accuse les proches du gouvernement de faire de la politique au détriment de la sécurité du pays.

À quatre semaines des élections, un couteau dans un cockpit est déjà devenu un argument de campagne.

Silence à Mascate et à Abou Dhabi

Aucune réaction officielle omanaise n'avait été publiée en milieu d'après-midi. Le quotidien public Oman Observer a traité l'affaire en attribuant la thèse terroriste aux seuls responsables israéliens, et en mentionnant les nationalités omanaise et émirienne comme l'une des versions contradictoires circulant dans la presse israélienne. Le journal relève que les Émirats n'ont pas commenté.

Un spécialiste de l'aviation cité par Maariv souligne que, dans la plupart des compagnies étrangères, les équipages réunissent des pilotes de pays et de cultures différents, qui ne volent pas en binômes fixes et ne se connaissent pas toujours, ce qui peut créer des frictions.

Flydubai s'en tient à son communiqué publié à 8 h 20 GMT, qui confirme un incident en vol, un atterrissage sans encombre à Tabouk et la sécurité de tous les passagers.

Après l'atterrissage, les passagers sont restés à bord sous une forte présence sécuritaire saoudienne, selon l'agence Associated Press. L'aéroport de Tabouk a indiqué se coordonner avec la compagnie pour affréter un appareil de remplacement, tandis que le ministre de la Défense et le chef d'état-major israéliens envisageaient d'envoyer un avion militaire ou civil, selon le Jerusalem Post.

L'armée israélienne a placé en alerte des avions de transport Shimshon pour aller chercher les passagers, et la compagnie El Al tient un appareil et un équipage prêts, dans l'attente du feu vert du Premier ministre, a rapporté Maariv. Pour un responsable militaire cité par le journal, l'incident ne sera clos qu'au retour des passagers en Israël. Ce retour n'avait pas été confirmé en milieu d'après-midi.

L'avion s'est posé à Tabouk avec des dommages à la queue, dont on ignore à quel moment ils se sont produits, selon Maariv.

L'Arabie saoudite, qui n'entretient pas de relations diplomatiques avec Israël, n'a fait aucune déclaration sur le sort du copilote, hospitalisé à Tabouk comme le commandant de bord.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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