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Trois cents lycées perturbés, un proviseur blessé par un tir de mortier et un nouveau rendez-vous jeudi

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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La fronde lycéenne a gagné toute la France et commence à toucher les universités. Le ministre dénonce des violences « inqualifiables », les élèves annoncent une nouvelle journée de blocages le 1er octobre.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a dénoncé mardi des « violences inqualifiables » après une nouvelle journée de blocages de lycées dans toute la France, au cours de laquelle au moins dix membres du personnel et plusieurs élèves ont été blessés, tandis que les organisations lycéennes appelaient à reconduire le mouvement jeudi.

Un enseignant a été « frappé » et un proviseur « blessé par un tir de mortier », a précisé le ministre dans un message publié sur X. « Les poursuites judiciaires contre ces agissements sont engagées », a-t-il ajouté, jugeant « irresponsable » de légitimer ces violences ou d'appeler à étendre les blocages.

Selon le ministère, 338 établissements étaient perturbés mardi matin. À la mi-journée, 316 l'étaient encore, dont 40 totalement bloqués et 44 visés par des tentatives de blocage, a rapporté Orange Actu. L'Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation d'élèves, revendique pour sa part 400 lycées bloqués.

Au moins 40 personnes avaient été interpellées à la mi-journée dans le cadre de ces mobilisations, selon un premier bilan national.

338 lycées perturbés selon le ministère, 400 bloqués selon l'USL. La bataille des chiffres a commencé.

Nice et Lyon en tête des interpellations

Les bilans régionaux, établis plus tard dans la journée, dépassent largement ce premier décompte. Dans les Alpes-Maritimes, plus de 50 personnes ont été interpellées et 34 placées en garde à vue. Huit élèves et sept policiers ont été blessés, selon Orange Actu.

Dans le Rhône, 41 interpellations ont été recensées, selon la même source, et 19 établissements de l'agglomération lyonnaise ont été touchés, selon Sud Radio. Des élèves bloquaient notamment le lycée Antoine-de-Saint-Exupéry, à Lyon, où des heurts avec les forces de l'ordre avaient été signalés dans la matinée.

En Île-de-France, 26 personnes ont été interpellées. La région compte 75 établissements perturbés, dont une vingtaine touchés par des violences ou des dégradations, pour un coût estimé à 200 000 euros. Des blocages ont été signalés au lycée Hélène-Boucher, à Paris, au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis et au lycée Gaspard-Monge de Savigny-sur-Orge, dans l'Essonne.

Dans le Nord, douze lycées ont été perturbés et quatre personnes interpellées, notamment autour du lycée Montebello, à Lille. À Rennes, les lycées Bréquigny et Jean-Macé ont été bloqués, comme le lycée Magendie à Bordeaux. À Besançon, plusieurs centaines de lycéens ont bloqué des établissements dans la matinée avant de rejoindre la manifestation de la fonction publique.

La contestation gagne les facultés

Le mouvement déborde désormais du secondaire. Des mobilisations ont été signalées à l'université Lyon-II et à l'Institut d'études politiques de Lyon, ainsi qu'à Clermont-Ferrand, Poitiers, Toulouse-II, Toulouse-III et sur le campus Pont-de-Bois de Villeneuve-d'Ascq, près de Lille, selon Sud Radio.

Partie d'un lycée de Créteil, la fronde touche désormais les universités.

« Des classes moins chargées »

Les élèves réclament le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens et des conditions d'étude décentes, selon l'USL. Son président, Ryad Rani, affirme qu'un établissement sur deux manque de la moitié de ses assistants d'éducation.

Interrogés par Sud Radio, des lycéens ont décrit un sentiment d'abandon. Une élève de 16 ans a dit se sentir délaissée en tant qu'enfant de banlieue. Un autre, âgé de 17 ans, a résumé ses attentes en demandant des classes moins chargées, des cantines plus saines et des emplois du temps allégés.

L'USL demande au ministère de « recevoir au plus vite » les représentants du mouvement et appelle à « une reconduction des mouvements le jeudi 1er octobre ».

Passe d'armes politique

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), a accusé La France insoumise de jouer les pompiers pyromanes. Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a au contraire appelé à se réjouir de la mobilisation des lycéens.

La veille, lundi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait fait état de 164 interpellations et de 180 établissements touchés, et assimilé une partie des actions à des « violences urbaines ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait accusé LFI d'encourager les blocages.

La mobilisation lycéenne est partie la semaine dernière du lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, avant de se propager par les réseaux sociaux à toute l'Île-de-France, puis au reste du pays. Mardi, elle a coïncidé avec la grève de la fonction publique contre le gel du point d'indice, qui a réuni 206 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur, et plus de 300 000 selon la CGT.

À Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise, l'Inspection générale de la police nationale enquête sur le tir, lundi, d'un lance-grenades par un policier contre un élève, qui a été blessé au visage.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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