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Rapport officiel : France, pauvreté et exclusion en hausse, tandis que l’Europe s’enrichit et s’ouvre aux étrangers

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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L'office statistique européen passe au crible le quotidien des Européens. Un Européen sur cinq vit sous la menace de la pauvreté, et seuls deux pays ont vu leur revenu médian reculer depuis 2010.

Moins 0,6 %. C'est l'évolution du revenu médian des Français, corrigée de l'inflation, entre 2010 et 2025.

Sur la même période, le revenu médian disponible a progressé de 25,4 % en termes réels dans l'ensemble de l'Union européenne. Seuls deux pays sur vingt-sept ont reculé, la Grèce, avec une chute de 22,3 %, et la France. Le constat figure dans l'édition 2026 des « Chiffres clés sur les conditions de vie en Europe », publiée par Eurostat, l'office statistique de l'UE, basé à Luxembourg.

Quatrième du genre, ce rapport de 72 pages rassemble des indicateurs sur les revenus, la pauvreté, la composition des ménages, la garde des enfants, la santé, le handicap et le bien-être dans les Vingt-Sept et dans trois pays de l'Association européenne de libre-échange, l'Islande, la Norvège et la Suisse. La plupart des données portent sur 2025. Elles ont été extraites le 11 mai 2026, à quelques exceptions près actualisées à la mi-juin.

Elles proviennent pour l'essentiel de l'enquête européenne sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC), menée chaque année dans tous les États membres selon une législation commune. Elle couvre les personnes vivant en ménage ordinaire et exclut en règle générale celles qui résident en institution. Les données lituaniennes pour 2025 restent provisoires.

Plus 25,4 % pour l'Union, moins 0,6 % pour la France. Deux pays seulement ont reculé en quinze ans.

Du Luxembourg à la Hongrie, un revenu qui triple

En 2025, le revenu disponible médian s'établissait dans l'UE à 22 630 standards de pouvoir d'achat (SPA) par habitant, une unité qui neutralise les écarts de prix entre pays. Les pays de l'Ouest et du Nord dominent le classement. Le Luxembourg arrive en tête avec 37 673 SPA, devant l'Autriche (32 002) et les Pays-Bas (29 714). À l'autre extrémité, la Hongrie ferme la marche avec 11 958 SPA, précédée de la Roumanie (12 861) et de la Grèce (13 612).

La dynamique raconte pourtant une autre histoire. Depuis 2010, le revenu médian a bondi de 160,2 % en Roumanie. La Bulgarie, la Pologne, la Croatie, Malte, la Hongrie et les trois pays baltes l'ont vu progresser d'au moins moitié. L'Europe de l'Est rattrape son retard, pendant que la France fait du surplace.

Les inégalités, mesurées par le coefficient de Gini, atteignent 29,2 sur une échelle de 0 à 100 dans l'UE. Elles sont les plus marquées en Bulgarie (37,7), en Lettonie (35,6) et en Lituanie (35,5). La Slovaquie, la Belgique, la Tchéquie, la Slovénie et la Pologne affichent au contraire des répartitions plus égalitaires, sous le seuil de 25.

92,7 millions d'Européens menacés

En 2025, 92,7 millions de personnes, soit 20,9 % de la population de l'Union, étaient exposées au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale. C'est 500 000 de moins qu'en 2024. L'indicateur regroupe trois situations, le risque de pauvreté monétaire, la privation matérielle et sociale sévère, et la vie dans un ménage à très faible intensité de travail. Chaque personne n'est comptée qu'une fois.

Parmi elles, 72,4 millions étaient menacées de pauvreté monétaire, et 5,7 millions cumulaient les trois situations à la fois. L'objectif européen reste lointain. Le plan d'action du socle européen des droits sociaux prévoit de réduire d'au moins 15 millions le nombre de personnes concernées d'ici à 2030, dont au moins 5 millions d'enfants. La Commission a par ailleurs publié la première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté.

En France, le taux atteignait 20,8 % en 2025, contre 18,7 % en 2016, soit environ 13,9 millions de personnes, selon les données d'Eurostat compilées par le site Contrepoints. La France fait ainsi partie des rares pays où la situation s'est dégradée en une décennie.

92,7 millions d'Européens exposés à la pauvreté ou à l'exclusion. L'objectif de 2030 s'éloigne.

Les enfants en première ligne

Les enfants sont les plus exposés. Leur taux de risque atteint 24,3 % dans l'UE, contre 18,8 % pour les 65 ans et plus. Dans environ la moitié des pays, ce sont eux qui présentent le taux le plus élevé. L'Espagne se distingue avec 33,8 % des mineurs concernés, 8,1 points de plus que la tranche d'âge suivante.

Dans neuf pays, les personnes âgées sont en revanche les plus menacées. La Croatie en offre le cas le plus frappant, avec 40 % des 65 ans et plus exposés, soit 24,3 points de plus que les enfants. Au Danemark, aux Pays-Bas et en Finlande, ce sont les actifs de 18 à 64 ans qui présentent le risque le plus élevé.

Les personnes vivant dans un ménage avec enfants à charge sont plus exposées (22,1 %) que les autres (19,8 %). C'est le cas dans seize pays, avec un écart maximal au Luxembourg (10,1 points). Dans les onze autres, la tendance s'inverse, surtout en Lettonie (17 points), en Croatie (14,2) et en Lituanie (13,9).

Guyane, la région la plus pauvre d'Europe

La carte régionale est sans appel pour l'outre-mer français. Parmi les 243 régions européennes étudiées, la Guyane affiche le taux de risque de pauvreté ou d'exclusion le plus élevé, 54,8 %. Elle détient aussi le record de la part de la population vivant dans des ménages sans quasiment aucun emploi, 29,5 % des moins de 65 ans.

Au total, 26 régions dépassent 31 % de personnes menacées, tandis que 24 restent sous 13 %. La région de Bratislava, en Slovaquie, fait figure d'exception avec 2,9 %. Environ deux régions sur cinq se situent au niveau de la moyenne européenne ou au-dessus.

Le risque est légèrement plus élevé à la campagne (21,4 %) qu'en ville (21 %) et dans les petites villes et banlieues (20,5 %). Mais les écarts dépassent 10 points dans neuf pays. La Roumanie (26,1 points), la Bulgarie (19,9) et la Lituanie (18) présentent les fractures les plus nettes, au détriment des zones rurales. Dans huit pays, dont l'Autriche où l'écart atteint 13,4 points, ce sont au contraire les villes qui concentrent la pauvreté.

En Guyane, plus d'un habitant sur deux est menacé de pauvreté ou d'exclusion. Aucune région d'Europe ne fait pire.

Diplôme, emploi, nationalité, les lignes de fracture

Le niveau d'études reste l'un des meilleurs prédicteurs. Plus d'un tiers (34,2 %) des adultes peu diplômés sont menacés, contre 10,3 % des diplômés du supérieur. Le chômage est plus déterminant encore. Deux chômeurs sur trois (66,3 %) sont exposés, contre 44,3 % des autres inactifs, 17,6 % des retraités et 10,9 % des personnes en emploi.

La nationalité creuse aussi l'écart. Les ressortissants du pays où ils vivent sont exposés à 18,2 %, les citoyens d'un autre pays de l'UE à 27,6 % et les ressortissants de pays tiers à 45,3 %. Seules la Hongrie et la Pologne font exception, avec des nationaux plus menacés que les étrangers. En Grèce, à Malte, au Portugal et en Slovaquie, les nationaux sont plus exposés que les citoyens des autres pays européens.

Avoir un emploi ne protège pas toujours. En 2025, 8,3 % des travailleurs européens étaient menacés de pauvreté, 9 % des hommes et 7,5 % des femmes. Le taux culmine en Bulgarie (11,5 %) et tombe à 3,1 % en Finlande. Dans 21 pays, les hommes sont plus touchés, avec l'écart le plus large en Roumanie (6,5 points). Les taux sont identiques en Allemagne. La France fait partie des cinq pays, avec la Lettonie, Chypre, le Luxembourg et la Tchéquie, où les travailleuses pauvres sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes.

Privations, factures et fins de mois

La privation matérielle et sociale sévère, qui désigne l'incapacité à s'offrir au moins sept des treize éléments jugés nécessaires à une vie décente, touchait 6,3 % des Européens en 2025, contre 6,4 % un an plus tôt. Les femmes (6,6 %) sont plus touchées que les hommes (6 %), dans tous les pays sauf Chypre, les Pays-Bas, la Finlande et l'Allemagne, les enfants (7,9 %) davantage que les actifs (6,3 %) et les seniors (4,9 %). La Roumanie (16,8 %), la Bulgarie (15 %) et la Grèce (14,9 %) sont les plus concernées, la Slovénie la moins (1,9 %).

La privation frappe les mineurs plus que les autres dans seize pays. Les écarts les plus importants entre enfants et adultes sont observés en Irlande et en France. Elle touche aussi 14,7 % des ressortissants de pays tiers, contre 7,7 % des citoyens d'autres pays de l'UE et 5,3 % des nationaux. En Bulgarie, en Hongrie, en Slovaquie, en Lituanie, en Tchéquie, en Roumanie, en Croatie et en Irlande, les nationaux sont pourtant plus touchés que les étrangers non européens.

Boucler le mois reste un défi pour une large partie de la population. En 2025, 17,6 % des Européens ont déclaré de grandes difficultés ou des difficultés à joindre les deux bouts, et 42,5 % au moins quelques difficultés. La proportion varie de 18,3 % en Allemagne et 19,8 % aux Pays-Bas à 76,9 % en Bulgarie et 87,1 % en Grèce.

Au quotidien, 8,5 % des Européens ne peuvent pas s'offrir un repas avec viande, poisson ou équivalent végétarien un jour sur deux, de 1,2 % à Chypre à 18,1 % en Roumanie. Plus d'un quart (27,5 %) ne peuvent pas partir une semaine en vacances, jusqu'à 61,4 % des Roumains. Et 12,1 % renoncent à toute activité de loisir régulière, jusqu'à 27,3 % en Grèce. Enfin, 2 % ne peuvent pas se payer une connexion internet, avec un maximum de 6,2 % en Roumanie.

Près de neuf Grecs sur dix peinent à joindre les deux bouts. Un Européen sur quatre ne part pas en vacances.

Se chauffer, se loger

En 2025, 8,8 % des Européens ne pouvaient pas chauffer correctement leur logement, contre 9,2 % en 2024. La part varie de 2,6 % en Finlande à 18,1 % en Grèce. Elle a progressé dans quatre pays, surtout en Roumanie (+1,1 point), et reculé nettement à Chypre (-3,3 points) et en Bulgarie (-2,9 points).

La rénovation énergétique profite d'abord aux plus aisés. Moins d'un quart des Européens (23,9 %) vivent dans un logement amélioré au cours des cinq dernières années. La part tombe à 17,4 % chez les personnes menacées de pauvreté, contre 25,6 % pour les autres. L'écart atteint 18 points aux Pays-Bas.

Les impayés de factures d'énergie et d'eau suivent l'âge des bâtiments. Ils concernent 7,9 % des habitants des logements construits entre 1961 et 1980, contre 5,2 % pour les constructions postérieures à 2011. Chez les personnes menacées de pauvreté, la proportion approche un sur cinq, 20,7 % dans les logements bâtis entre 2001 et 2010 et 19,8 % dans ceux de 1961 à 1980, contre 3,5 % et 4,3 % pour le reste de la population.

Le logement lui-même pèse lourd. En 2025, 7,7 % des Européens consacraient au moins 40 % de leur revenu disponible au logement. Ce taux de surcharge culmine en Grèce (26,4 %) et au Danemark (23,4 %), et tombe à 2,4 % à Chypre. Il est plus élevé dans les villes (9,6 %) que dans les zones rurales (5,6 %).

Se sentir pauvre

La pauvreté subjective, qui mesure les difficultés perçues par les ménages, concerne 17,6 % des Européens. Elle touche davantage les femmes (18,1 %) que les hommes (17 %), les enfants (20,4 %) que les actifs (17,5 %) et les seniors (15,4 %). Les peu diplômés se sentent pauvres trois fois plus souvent (27,7 %) que les diplômés du supérieur (9 %), et les chômeurs (40,8 %) bien plus que les salariés (13,6 %).

La Grèce écrase le classement, avec 67,2 % d'habitants qui se considèrent comme pauvres, devant la Bulgarie (36,1 %). Le Luxembourg (7,1 %), les Pays-Bas (7,3 %) et l'Allemagne (7,5 %) sont les moins touchés.

Des ménages de plus en plus solitaires

L'UE comptait 203 millions de ménages en 2025, en hausse de 6,2 % en dix ans, avec 2,3 personnes en moyenne. Plus d'un tiers (35,7 %) sont des adultes seuls sans enfant à charge, une part en hausse de 2,9 points depuis 2015. Suivent les couples sans enfant (27,9 %), les couples avec enfants (20 %) et les familles monoparentales (4,2 %).

La Lituanie détient les records de personnes seules sans enfant (55,7 %) et de familles monoparentales (7,8 %). Le Portugal compte la plus forte part de couples sans enfant (31,8 %), la Slovaquie celle de couples avec enfants (29,5 %).

Près de la moitié (49,8 %) des jeunes de 18 à 34 ans vivent encore chez au moins un parent ou partagent le revenu du foyer. Le phénomène reste marginal dans les pays nordiques (16,6 % à 25,1 %) et en Allemagne (32,1 %), mais concerne 75,3 % des jeunes Croates. Parmi ces jeunes, 47,1 % sont étudiants ou inactifs, 36,7 % travaillent à temps plein, 7,2 % à temps partiel et 9 % sont au chômage.

Des foyers sans emploi

Dans l'UE, 8 % des moins de 65 ans vivent dans un ménage à très faible intensité de travail. Les familles monoparentales sont les plus touchées (22,4 %), devant les femmes seules (19,4 %) et les hommes seuls (17,2 %). Les couples avec un ou deux enfants restent sous la moyenne (4,1 % et 3,1 %). Le phénomène touche davantage les ménages sans enfants (10,3 %) que ceux avec enfants (6,5 %), sauf en Bulgarie et en Roumanie. Le phénomène atteint 14,7 % chez les ressortissants de pays tiers, contre 7,5 % chez les nationaux.

Vingt-trois régions dépassent 13 %. À l'inverse, le Val d'Aoste, en Italie, n'en compte aucun, et les régions capitales de Bucarest (0,9 %) et de Bratislava (0,6 %) figurent parmi les plus épargnées.

La crèche, révélateur des inégalités

En 2025, 51,9 % des enfants de 1 à 2 ans étaient accueillis au moins une heure par semaine en crèche ou dans une structure formelle, 38,1 % pendant au moins 25 heures. La proportion atteint 90,2 % entre 3 ans et l'âge de la scolarité obligatoire, et 99,8 % au-delà, jusqu'à 12 ans.

Les enfants pauvres en profitent moins. Parmi les 3 ans et plus menacés de pauvreté, 70 % sont accueillis au moins 25 heures par semaine, contre 79 % des autres. Rapporté à l'ensemble des enfants pauvres de cet âge, le taux tombe à 58,1 %, avec des extrêmes allant de 98,2 % en Lettonie et 96,5 % en Belgique à 17,6 % en Roumanie.

Santé, poids, tabac et alcool

Deux Européens de 16 ans et plus sur trois (67,9 %) jugent leur santé bonne ou très bonne, 8,8 % mauvaise ou très mauvaise. L'écart social est net. Seuls 56,1 % des peu diplômés se disent en bonne santé, contre 79,1 % des diplômés du supérieur.

Les besoins non satisfaits d'examen médical concernent 2,4 % de la population, surtout pour cause de listes d'attente (1,2 %) ou de coût (1 %). Les treize régions grecques affichent toutes les taux les plus élevés d'Europe, jusqu'à 13,4 % en Égée du Nord, devant la région finlandaise de Pohjois- ja Itä-Suomi (9 %). La région tchèque de Jihovýchod n'en signale aucun. Les ménages ont dépensé en moyenne 930 euros par habitant pour leur santé en 2024, moins de 500 euros en Slovaquie, en Tchéquie, en Hongrie, en Slovénie et en Roumanie, plus de 1 200 euros en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne.

Plus de la moitié des Européens (51 %) sont en surpoids, dont 16 % obèses. La proportion tombe à 45 % chez les diplômés du supérieur, contre 54,1 % et 52,8 % pour les niveaux moyen et faible. Seuls 39,8 % mangent des fruits chaque jour, de 25,5 % en Lituanie à 54,3 % en Italie. Un sur six (16,5 %) consomme quotidiennement du tabac ou des produits apparentés, cigarette électronique et sachets de nicotine compris, 19,9 % parmi les personnes menacées de pauvreté. Le taux va de 9,9 % aux Pays-Bas à 26,3 % en Bulgarie. Quant à l'alcool, 45,8 % en boivent au moins une fois par mois, 56,5 % des hommes contre 35,9 % des femmes, et 4,8 % tous les jours, une pratique qui grimpe à 8,9 % chez les 65 ans et plus. Un tiers (33,5 %) n'en ont pas bu depuis un an ou jamais, 47,5 % chez les plus précaires.

L'espérance de vie à la naissance a retrouvé son niveau d'avant la pandémie, à 81,5 ans en 2024, 84,1 ans pour les femmes et 78,9 ans pour les hommes. Après avoir gagné trois ans entre 2004 et 2019, elle était tombée à 80,4 ans en 2020 puis 80,1 ans en 2021, avant de remonter à 80,6 ans en 2022 et 81,4 ans en 2023.

Handicap, la double peine

Près d'un quart des Européens de 16 ans et plus (24,2 %) déclarent une limitation d'activité durable liée à la santé, 26,5 % des femmes et 21,8 % des hommes. La part passe de 10,4 % chez les 16-44 ans à 47,5 % après 65 ans. La Lettonie (35,9 %), la Finlande (35 %) et l'Estonie (34,1 %) sont en tête, Malte (11 %) et la Bulgarie (13,3 %) en queue.

Le handicap aggrave la précarité. Les personnes handicapées sont exposées à la pauvreté ou à l'exclusion à 28,8 %, contre 17,7 % pour les autres, et près de la moitié (48,5 %) peinent à boucler leurs fins de mois. Parmi celles qui travaillent, 10,1 % restent menacées de pauvreté, contre 8 % des autres actifs. Les personnes pauvres sont aussi plus nombreuses à signaler des difficultés à marcher (24,9 % contre 16,9 %), à se souvenir ou à se concentrer, à voir ou à communiquer.

L'aide à domicile reste inégalement accessible. En 2024, 28,3 % des personnes vivant avec un proche dépendant bénéficiaient de services professionnels, jusqu'à 63,5 % au Danemark mais moins de 10 % en Estonie, en Hongrie et en Pologne. Plus de la moitié (53 %) n'exprimaient aucun besoin non satisfait sans recourir à ces services. Parmi les besoins non couverts, le coût est le premier obstacle (10,5 %), devant l'absence de service (5 %), le refus de la personne aidée (2,1 %) et l'insatisfaction envers la qualité (1,5 %).

Satisfaits, mais méfiants

Les Européens notent leur satisfaction de vie à 7,2 sur 10, un peu mieux qu'en 2022 (7,1) mais moins bien qu'en 2018 (7,3). La Roumanie et la Finlande arrivent en tête (7,8), la Bulgarie ferme la marche (6,3) malgré une nette progression depuis 2018. Quatorze pays ont progressé depuis 2018, notamment la Croatie (de 6,3 à 7,4) et la Lituanie (de 6,4 à 7,3), tandis que dix ont reculé, l'Irlande en tête (-0,5).

La confiance envers les inconnus est plus fragile, à 5,8 sur 10, de 5,4 chez les peu diplômés à 6,1 chez les diplômés du supérieur. La France figure parmi les quatre pays où elle reste sous la barre de 5, avec Chypre, la Lituanie et la Slovénie, loin de la Finlande (7) et de la Roumanie (7,5). Elle fait aussi partie des pays où l'écart de confiance entre diplômés et non-diplômés est le plus marqué. Eurostat précise que les données françaises sur ces deux indicateurs sont de faible fiabilité.

Les Français comptent parmi les Européens qui font le moins confiance aux inconnus.

Le rapport dessine une Europe qui progresse dans son ensemble, portée par le rattrapage spectaculaire de l'Est. La France, elle, en sort avec un portrait moins flatteur que son rang économique ne le laisse supposer. Un revenu médian qui n'a pas progressé en quinze ans, un taux de pauvreté ou d'exclusion en hausse, la région la plus pauvre de l'Union et une confiance sociale parmi les plus basses du continent. À l'heure où le gouvernement présente un budget d'économies, ces chiffres donnent la mesure de ce que les ménages français ont déjà absorbé.

Par Samuel Lévy • L'Appel · L'Appel
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