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Complot de Fairford : cinq Londoniens de 23 à 25 ans en garde à vue, la piste iranienne au premier plan

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Les suspects arrêtés près de la base des bombardiers américains sont tous britanniques. Les enquêteurs cherchent à savoir si Téhéran a pu commanditer l'opération.

Les cinq hommes arrêtés dimanche près de la base aérienne de RAF Fairford, dans l'ouest de l'Angleterre, sont des ressortissants britanniques âgés de 23 à 25 ans et domiciliés à Londres, a annoncé la police antiterroriste, qui les soupçonne d'avoir préparé un acte terroriste contre cette installation utilisée par l'armée de l'air américaine.

Trois d'entre eux, âgés de 23, 24 et 25 ans, résident dans le quartier de Westminster. Les deux autres, âgés de 24 ans, vivent à Camden et à Willesden, dans le nord de la capitale, selon le communiqué de Counter Terrorism Policing. Leur identité n'a pas été rendue publique.

Interpellés dans un premier temps pour des infractions à la loi sur les explosifs, ils sont désormais également soupçonnés de préparation d'un acte terroriste, au titre de l'article 5 du Terrorism Act de 2006. La police a obtenu la prolongation de leur garde à vue jusqu'à lundi. La législation antiterroriste britannique permet de les retenir jusqu'à 14 jours sans inculpation.

« Il s'agit d'une opération extrêmement complexe et de très grande ampleur », a déclaré la sous-directrice adjointe Vicki Evans, qui a fait état de « multiples nouvelles pistes » d'enquête. Les investigations visent à établir « l'ensemble des circonstances, ce que savaient les suspects et quelles étaient leurs motivations », a-t-elle ajouté.

Une opération extrêmement complexe et de très grande ampleur.

- Vicki Evans, police antiterroriste britannique

Téhéran dans le viseur, sans preuve publique

Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si des représentants du régime iranien ont payé des tiers pour mener l'opération, a rapporté la chaîne ITV. Selon Reuters, une piste iranienne est examinée en priorité, sans que soient écartées l'hypothèse d'un sabotage lié à la Russie ou celle d'un mobile islamiste.

Des sources citées par le Daily Telegraph estiment au contraire qu'une implication iranienne passerait plutôt par une participation directe que par le recours à des intermédiaires. La police n'a désigné à ce stade aucun État ni aucun groupe comme commanditaire.

Les Gardiens de la révolution iraniens avaient averti en juillet que « toute base utilisée pour lancer des attaques contre le territoire iranien est une cible légitime ». L'Iran dément toute implication dans des projets d'attentat au Royaume-Uni.

Selon The Times of Israel, le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a averti Téhéran que Londres ne tolérerait aucune menace liée à l'Iran sur le sol britannique.

Des engins explosifs artisanaux présumés

Les matériaux découverts dans les trois camionnettes blanches pourraient correspondre à des engins explosifs improvisés, selon une première évaluation rapportée par le Guardian. Aucune confirmation officielle n'a été donnée sur leur nature ni sur leur capacité à exploser. Des barils noirs étaient dispersés autour des véhicules, selon des médias britanniques.

Pour Antonio Giustozzi, chercheur au Royal United Services Institute (RUSI), l'incident ressemble à « une tentative d'attentat-suicide au moyen de plusieurs véhicules piégés », a rapporté l'agence sud-coréenne Yonhap. La police n'a pas repris cette qualification.

Un appel d'habitante, et des horaires qui divergent

Selon la police, l'alerte a été donnée vers 00 h 45 dimanche, au sujet de trois véhicules circulant en direction de la base. Les cinq hommes ont été arrêtés dans la matinée près du village de Whelford.

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, sur son site Ynet, attribue l'interpellation à une ouvrière agricole du village. Rentrant chez elle après une soirée, elle aurait trouvé les véhicules bloquant une route de campagne et vu des hommes s'enfuir à travers champs. Elle aurait d'abord tenté de joindre la police militaire de la base, sans réponse, avant d'appeler les secours vers 01 h 36, selon ce récit. La police n'a pas confirmé cette version, dont l'horaire ne coïncide pas avec celui de l'alerte officielle.

Une photographie prise vers 02 h 10 par un riverain et publiée par le Daily Mail montre les cinq suspects menottés, torse nu et pieds nus, assis au bord de la route.

Trump salue les arrestations

Le président américain Donald Trump a qualifié les arrestations de « fantastiques ». « Nous les avions sous surveillance depuis longtemps », a-t-il affirmé, selon ITV. Cette déclaration contraste avec les indications de responsables britanniques, selon lesquels l'opération n'avait pas été déclenchée sur la base de renseignements préalables.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a jugé la situation « profondément préoccupante pour les habitants ». Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a évoqué « un moment de fierté » pour la police et les services de renseignement.

Nous les avions sous surveillance depuis longtemps.

- Donald Trump, selon ITV

Les évacués toujours tenus à l'écart

Environ 85 foyers de Whelford ont été évacués et une partie des habitants a été accueillie au centre de loisirs de Cirencester. Ils n'avaient toujours pas pu regagner leur domicile lundi matin. Le périmètre de sécurité d'environ 400 mètres restait en place, son maintien devant être réexaminé dans la journée, selon la police, qui a indiqué que des moyens militaires restaient mobilisés sur les lieux.

La sécurité a également été renforcée sur d'autres bases américaines au Royaume-Uni, dont Lakenheath et Mildenhall, dans l'est de l'Angleterre, selon Reuters.

RAF Fairford, dans les Cotswolds, accueille les bombardiers stratégiques américains B-52 et B-1 grâce à sa longue piste. Londres a autorisé Washington à y mener des missions contre des sites de missiles iraniens depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Plusieurs questions restent sans réponse, dont l'identité d'éventuels commanditaires, la cible précise visée, la dangerosité réelle des matériaux saisis et l'existence d'un lien avec une puissance étrangère.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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