La cour d'assises d'appel du Val-de-Marne a alourdi la peine prononcée en 2023 pour un viol commis à Paris en 2016. La défense annonce un pourvoi en cassation.
La cour d'assises d'appel de Créteil a condamné samedi le chanteur marocain Saad Lamjarred à dix ans de réclusion criminelle pour le viol d'une jeune femme dans un hôtel parisien en 2016, alourdissant nettement la peine de six ans prononcée en première instance. La star de la pop arabe, qui comparaissait libre, a été incarcérée à l'issue de l'audience.
La cour a assorti sa décision d'un mandat de dépôt. Elle est allée au-delà des réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé huit ans de réclusion. Le chanteur a été reconnu coupable d'un viol commis en état d'ivresse, selon l'AFP.
« Un pourvoi en cassation va être formé », a déclaré l'une de ses avocates, Me Marie Burguburu, ajoutant que son client continuait de clamer son innocence. Un pourvoi ne rouvre pas le débat sur les faits. La Cour de cassation vérifie seulement la bonne application du droit.
Le procès en appel s'est tenu à huis clos du 17 au 25 septembre. Initialement prévu en juin 2025, il avait été reporté pour permettre des investigations complémentaires.
Six ans en première instance, huit ans requis, dix ans prononcés. La cour d'appel a frappé plus fort que l'accusation.
Une nuit d'octobre 2016
Les faits remontent à octobre 2016. La plaignante, alors âgée de 20 ans, avait rencontré le chanteur, qui en avait 31, dans une boîte de nuit parisienne avant de le suivre dans sa chambre d'hôtel. Elle l'avait ensuite accusé de l'avoir violée et agressée.
Saad Lamjarred, interpellé à l'époque à Paris alors qu'il devait se produire en concert, a toujours nié les faits. En février 2023, la cour d'assises de Paris l'avait condamné à six ans de prison. Il avait fait appel, et comparaissait libre sous contrôle judiciaire.
Une deuxième condamnation pour viol en quatre mois
Le chanteur fait face à une autre procédure en France. Le 15 mai, le tribunal du Var, à Draguignan, l'a condamné à cinq ans de prison pour un viol commis en 2018 près de Saint-Tropez. Il a fait appel de cette décision et conteste les faits.
Dans un volet distinct lié au dossier parisien, cinq personnes ont été condamnées pour avoir tenté d'extorquer trois millions d'euros au chanteur en échange de l'abandon des poursuites. Leurs peines allaient de six mois avec sursis à deux ans d'emprisonnement.
Saad Lamjarred avait déjà été visé par des accusations au Maroc en 2015. Aux États-Unis, une plainte pour agression sexuelle déposée en 2010 s'était soldée par un règlement financier et un abandon des poursuites, selon l'AFP.
Au Maroc, la famille dénonce une décision « injuste »
Le chanteur compte parmi les artistes les plus populaires du Maroc et du monde arabe. Sa condamnation a immédiatement suscité des réactions dans son pays.
« Mon fils Saad est innocent, innocent, innocent, au sens le plus strict du terme », a écrit son père, Bachir Abdou, sur Facebook, qualifiant la décision d'« injuste » et évoquant la souffrance de l'épouse du chanteur et de ses proches, selon le site Hespress.
La défense dispose de cinq jours francs pour former son pourvoi. D'ici à l'examen de celui-ci par la Cour de cassation, Saad Lamjarred reste détenu.






