Une carte du syndicat Sud-PTT annonce la fin de 471 bureaux en France. La Poste parle seulement de « réflexion », et les maires concernés reçoivent des messages contradictoires.
Six bureaux de poste du Doubs et de la Haute-Saône figurent sur une liste de 471 établissements appelés à fermer ou à changer de statut, selon le syndicat Sud-PTT. La Poste refuse de confirmer des fermetures et évoque une simple « réflexion » liée à la baisse de fréquentation.
Le syndicat a publié jeudi 24 septembre une carte interactive recensant les bureaux menacés dans toute la France, dont une quarantaine en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Doubs, sont cités Montferrand-le-Château, Mamirolle, Le Russey et Arc-sous-Cicon. En Haute-Saône, Fresnes-Saint-Mamès et Champagney. Trois bureaux du nord Franche-Comté, dont celui de Chèvremont, sont également concernés.
Selon Sud-PTT, une partie de ces bureaux doit fermer purement et simplement. Les autres seraient transformés en relais poste installés chez un commerçant, ou en agences postales gérées par une commune ou une intercommunalité. Le calendrier varie selon les sources, entre la fin 2026 et 2027.
Interrogée par ICI Besançon, La Poste a refusé de commenter les situations au cas par cas. Les bureaux cités sont des sites sur lesquels l'entreprise « pourrait engager une réflexion et une concertation » afin de trouver les formes de présence postale les mieux adaptées aux besoins des habitants, a-t-elle indiqué. Il s'agit, selon elle, de discuter de leur évolution après des constats de baisse de fréquentation.
Ce que le syndicat appelle fermeture, La Poste l'appelle réflexion.
Au Russey, une agence intercommunale en 2027
Dans le Haut-Doubs, le bureau du Russey fera place en 2027 à une agence postale intercommunale, a confirmé à ICI Besançon le maire de la commune, Roland Perrot, également premier adjoint de la communauté de communes.
Un agent intercommunal, dont le salaire sera en partie financé par La Poste, assurera l'envoi du courrier et les retraits d'argent. Ceux-ci seront plafonnés à 300 euros, l'agent n'étant pas salarié de La Poste. Il ne pourra pas non plus accompagner les clients de La Banque postale dans la consultation de leurs comptes.
L'élu se dit favorable à cette « évolution », qui permettra selon lui d'ouvrir le bureau sur des plages horaires plus larges. « Je pense que nous aurons un service largement amélioré », a-t-il déclaré.
Une représentante syndicale, citée par ICI Besançon, estime au contraire que les élus qui acceptent de reprendre l'activité « se font enfler » et paient pour un service public « déjà financé par nos impôts ».
Des maires rassurés, jusqu'aux prochaines réunions
Ailleurs, la situation est plus floue. À Champagney, en Haute-Saône, et à Montferrand-le-Château, près de Besançon, les maires indiquent que La Poste leur a récemment assuré vouloir maintenir leur bureau. De nouvelles réunions sont toutefois prévues.
Le mouvement n'est pas nouveau. Entre 2005 et 2025, La Poste a fermé 6 881 bureaux, soit en moyenne 344 par an, selon Sud-PTT. Le syndicat estime que chaque fermeture fait économiser environ 50 000 euros par an à l'entreprise, qui a dégagé 1,2 milliard d'euros de bénéfice en 2025.
Toujours selon le syndicat, les agences postales communales et les relais commerçants qui remplacent les bureaux ne proposent qu'une dizaine d'opérations et aucun service bancaire, hormis des retraits d'urgence. Leur financement public atteignait 102 millions d'euros par an pour les agences communales et 8 millions pour les relais en 2025.






