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À Lourdes, Léon XIV écoute sept victimes et durcit le ton contre l’aide à mourir

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Près de deux heures à huis clos avec des victimes de violences sexuelles dans l'Église, un plaidoyer sans détour contre la loi française sur la fin de vie : la troisième journée du pape en France a été la plus dense.

Le pape Léon XIV a rencontré dimanche à Lourdes, à huis clos, sept victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique, s'engageant, selon le Vatican, à « tout faire » pour que le mal qu'elles ont subi « ne se reproduise pas pour d'autres ». Plusieurs participants ont salué à l'issue de la rencontre une « écoute profonde » et une « prise de conscience majeure ».

L'entretien, prévu pour une heure, a duré 1 heure 57, ont indiqué les victimes lors d'une conférence de presse. Le pape s'est d'abord entretenu une quinzaine de minutes avec chacune d'elles, avant un temps d'échange collectif. Dans un communiqué, le Saint-Siège précise que Léon XIV a exprimé son souhait de « travailler » avec elles.
« On a senti un pape authentiquement à l'écoute », a déclaré le cofondateur du collectif Voix libérées de Touraine. Une victime de sévices subis dans l'établissement Notre-Dame de Bétharram, qui dit avoir perdu la foi, a évoqué « un moment extraordinaire ». L'ancien fondateur d'une association de victimes du prêtre Bernard Preynat a salué « un changement net » par rapport à l'époque où, dit-il, les lettres adressées au pape restaient sans réponse.

Sept victimes reçues, près de deux heures d'écoute. Mais 330 000 mineurs victimes depuis 1950, selon le rapport Sauvé.

Des collectifs critiques sur la méthode

La rencontre n'a pas fait l'unanimité. Aucun représentant de collectif n'avait été convié, un choix dénoncé comme « une mascarade » par certaines associations, qui déplorent une absence de concertation. « Est-ce que c'est un bon signal de rencontrer sept personnes quand il y a eu 330 000 victimes de pédocriminalité dans l'Église ? », s'est interrogé sur RMC Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants, qui réclame la reconnaissance d'un « crime contre l'humanité ».
L'archevêque de Paris, Laurent Ulrich, a défendu sur franceinfo une démarche traduisant « l'attention d'un pasteur pour des personnes et pas simplement pour un problème ». En juin, lors d'un voyage en Espagne, Léon XIV avait déjà rencontré six victimes, dénonçant un « fléau » et réclamant « vérité, justice et réparation ».
Le matin même, devant une centaine d'évêques réunis à huis clos, le pape avait encouragé l'Église de France à « poursuivre dans la voie engagée en maintenant la plus grande vigilance » face au « douloureux fléau » des violences sexuelles sur mineurs, saluant « de courageuses dispositions ». Avant d'entrer dans la salle, il s'était recueilli devant la photographie de « L'Enfant qui pleure », installée en 2021 après la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase).
« Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral »

Dans l'après-midi, devant des pèlerins malades et handicapés réunis à l'Accueil Notre-Dame, Léon XIV a livré l'une de ses prises de position les plus fermes depuis son arrivée en France, quelques semaines après l'adoption par le Parlement d'une loi ouvrant un droit à l'aide à mourir.

« La personne humaine est digne par le simple fait qu'elle existe et a pour fin l'éternité. Sa dignité ne se mesure pas et ne se discute pas », a-t-il déclaré. « La tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort : ce qui est légal n'est pas nécessairement moral. »

Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort.

- Léon XIV, à Lourdes

Plus tôt, lors de la messe célébrée devant quelque 150 000 fidèles selon le Vatican sur la prairie du sanctuaire, le pape avait déjà dénoncé les « courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse ». Il a également lancé un appel appuyé à la conversion : « C'est aujourd'hui qu'il faut se convertir ! »

Une visite de quatre jours

La journée s'est achevée par la traditionnelle procession aux flambeaux sur l'esplanade du sanctuaire, où des milliers de fidèles attendaient le pape, cierges à la main, avant qu'il ne se recueille à la grotte de Massabielle. La préfecture attendait quelque 200 000 pèlerins sur l'ensemble du week-end à Lourdes.

Le pape, qui a attiré plus d'un million de personnes à Paris et Saint-Denis vendredi et samedi selon le Vatican, doit achever lundi à Metz sa visite de quatre jours en France. Il est le troisième pape à célébrer une messe à Lourdes, après Jean-Paul II en 1983 et 2004 et Benoît XVI en 2008.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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