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Visite de Léon XIV : sur le tarmac d’Orly, deux hymnes et un mot pour les journalistes bannis

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Tapis rouge, revue des troupes, cloches à la volée dans les villages : le premier pape né aux États-Unis a posé le pied en France vendredi matin, sous la plus lourde protection policière que Paris ait déployée depuis des années.

10 h 16. La porte de l'avion s'ouvre à Orly. Emmanuel et Brigitte Macron attendent au pied de la passerelle, sur un tapis rouge déroulé jusqu'au tarmac.

Un tapis rouge, deux hymnes, une revue des troupes

Léon XIV descend d'avion sous les objectifs. Le couple présidentiel l'accueille en premier, quelques mots échangés avant que le pape ne salue un à un les membres de sa délégation. La Garde républicaine joue ensuite, dans l'ordre protocolaire, l'hymne du Vatican puis celui de la France, que le souverain pontife et le président écoutent immobiles sur le tapis rouge. Suit une revue des troupes sur le tarmac, avant que Léon XIV ne se tourne vers l'ensemble des personnalités politiques et religieuses venues l'accueillir aux côtés du couple présidentiel.

Dans l'avion, avant même l'atterrissage

La scène la plus commentée de la matinée s'est toutefois jouée avant l'atterrissage, dans la cabine du vol Rome-Paris. Léon XIV y a salué un par un les 85 journalistes accrédités pour le voyage. Interrogé par un correspondant de CNN sur les confrères américains interdits d'accès à la Maison-Blanche par Donald Trump, le pape a répondu sans détour.

Je suis heureux que vous soyez là. Ici, vous êtes tous bienvenus.

- Léon XIV, à bord du vol Rome-Paris, propos rapportés par Le Monde Interrogé également sur les inquiétudes que suscite l'intelligence artificielle, sujet auquel il porte une attention particulière depuis son élection, le pape a indiqué qu'une commission vaticane restait en contact avec les acteurs du secteur, plusieurs d'entre eux cherchant selon lui les moyens de rendre la technologie sûre plutôt que menaçante pour l'humanité.

Des cloches qui sonnent, un débat qui ne s'éteint pas

À l'heure de l'atterrissage, plusieurs paroisses françaises ont fait sonner leurs cloches pour marquer l'arrivée du souverain pontife. Les témoignages recueillis par la presse en ligne reflètent des lectures différentes de ce même geste. L'un salue une sonnerie qui « ramène un peu de vie aux centres des villages ». Un autre y voit, avec une ironie appuyée, un symbole difficile à concilier avec la neutralité de l'État : sept minutes de cloches pour accueillir un chef d'État étranger et religieux à la fois. Cette double lecture résume, à elle seule, la tension qui accompagne l'ensemble du déplacement depuis son annonce.

Un dispositif sécuritaire hors norme

La ferveur protocolaire ne doit pas masquer l'ampleur du dispositif qui l'entoure. Invité de TF1 vendredi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a détaillé des chiffres qui donnent la mesure de l'événement : 14 000 membres des forces de l'ordre mobilisés à Paris ce vendredi, 12 000 samedi, auxquels s'ajouteront 7 000 agents à Lourdes et 5 000 à Metz lors des étapes suivantes du voyage.

Le ministre a néanmoins tenu à distinguer l'ampleur du dispositif de l'existence d'une menace précise.

Il n'y a pas de menace ciblée contre le Saint-Père ou contre l'événement d'une manière générale.

- Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, sur TF1

Le niveau général de la menace terroriste reste toutefois qualifié d'« extrêmement élevé » par le ministre, qui a précisé que plusieurs dizaines de mesures préventives avaient été prises à l'encontre de personnes déjà connues des services de renseignement, jugées indésirables dans le périmètre de la visite. La protection rapprochée du pape sera assurée conjointement par les gardes suisses venus du Vatican et les fonctionnaires de la préfecture de police, dans une coordination que Laurent Nuñez a qualifiée d'étroite.

Entre les hymnes joués sur le tapis rouge et les 14 000 policiers déployés dans la capitale, la matinée du 25 septembre aura résumé, en quelques heures, tout ce que ce voyage porte à la fois : une ferveur populaire réelle, un appareil sécuritaire considérable, et un débat sur la place du religieux dans l'espace public qui n'attend pas la fin de la visite pour se faire entendre.

Par Khalid Al Shibani • L'Appel · L'Appel
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