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Une actrice célèbre accusée de financer des soirées sexe et drogue

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Trois plaignantes anonymes visent la star de Queen & Slim et son frère devant la justice californienne. Contre elle, un seul fil, les confidences rapportées de l'homme qu'elle aurait fait vivre.

« Elle paie toutes mes factures. » Trois femmes affirment avoir entendu Richard Smith parler ainsi de sa sœur. Cette phrase est aujourd'hui au cœur d'un procès.

Vine Street, l'adresse au centre du dossier

Sur Vine Street, à Hollywood, les étoiles du Walk of Fame s'alignent sur le trottoir jusqu'au boulevard Sunset. C'est à ce carrefour, au 1555 de la rue, dans un immeuble résidentiel, que trois femmes situent les soirées qu'elles décrivent devant la justice, faites selon leur récit de cocaïne, d'armes à feu et de relations sexuelles imposées.

Jeudi 24 septembre, ces trois plaignantes, qui agissent sous les pseudonymes de Jane Doe 1, 2 et 3, ont saisi la Cour supérieure du comté de Los Angeles. Leur plainte civile vise Richard Mark Anthony Smith, décrit comme un ancien condamné pour une infraction grave, sans que la nature de cette condamnation soit précisée.

Elle vise aussi sa sœur, l'actrice britannique Jodie Turner-Smith, révélée en 2019 par Queen & Slim. Aucune de ces accusations n'a été examinée par un juge. L'actrice les rejette en bloc, et aucune réaction de son frère n'a été rapportée à ce stade.

Trois récits, un même appartement

Le récit le plus ancien remonte à 2023. La deuxième plaignante dit avoir rencontré Richard Smith lors d'une fête nocturne à Los Angeles, où des plateaux de cocaïne auraient circulé. Leur liaison, consentie au départ selon elle, aurait ensuite basculé dans l'emprise.

D'après la plainte, il la désignait comme son « esclave blanche » et se présentait comme son « maître ». Elle affirme avoir été enfermée dans un dressing, poussée à consommer de la drogue et contrainte à des rapports avec lui et plusieurs autres hommes.

La première plaignante raconte avoir suivi un homme qui se disait riche et indépendant, avec accès à un penthouse et à une piscine. Sur place, elle dit avoir découvert des stupéfiants, des armes et des relations sexuelles en cours. En juin 2024, il l'aurait retenue dans une chambre et aurait tenté, avec un autre homme identifié par les initiales EJ, de lui imposer un rapport qu'elle refusait.

La troisième affirme s'être vu proposer un toit en échange de relations sexuelles, avant d'être poussée à vendre de la drogue et contrainte à des actes sexuels avec lui et un colocataire. Selon le document, les enfants de Richard Smith étaient parfois présents dans l'appartement pendant ces scènes.

Contre lui, les plaignantes invoquent notamment l'agression sexuelle, la séquestration, la fraude et le préjudice moral. Elles réclament des dommages et intérêts, le remboursement de leurs frais médicaux et un procès devant jury.

Trois femmes, trois rencontres, un même décor. Toute la plainte converge vers un appartement de Vine Street, et vers la question de savoir qui le payait.

Ce que les plaignantes reprochent à l'actrice

Jodie Turner-Smith n'est accusée d'aucun geste envers les trois femmes. Les griefs qui la visent relèvent d'un autre registre, celui de la négligence du propriétaire, de la négligence découlant de la violation d'une loi, de la mise en danger d'enfants et de la complicité.

Selon la plainte, l'actrice possédait ou finançait le logement de Vine Street, réglait les factures de son frère et lui aurait offert une Audi. Ce véhicule, soutiennent les plaignantes, servait à déposer dans des bureaux de poste des colis de stupéfiants destinés à d'autres États. La première d'entre elles dit n'avoir appris qu'après coup que l'appartement appartenait à la comédienne.

Le document résume sa thèse en quelques mots. Le rôle de l'actrice serait distinct des actes de son frère, mais elle aurait connu les dangers qu'il représentait et continué à lui fournir de quoi se loger, se déplacer et entretenir le mode de vie dans lequel les faits se seraient produits.

Le seul témoin contre elle, c'est son frère

Les accusations les plus lourdes contre l'actrice ne reposent sur aucun témoin direct. Elles viennent de la deuxième plaignante, qui rapporte une conversation avec Richard Smith. Selon elle, il lui aurait assuré que sa sœur savait tout de son trafic, prenait de la cocaïne avec lui et avait aidé à payer un nouvel approvisionnement.

La plainte elle-même trace une frontière. Elle présente ces propos comme ceux du frère, et non comme un aveu de l'actrice. Elle précise que la responsabilité de Jodie Turner-Smith ne pourrait être engagée que si la phase d'échange des preuves confirmait qu'elle savait et qu'elle a continué d'aider.

Le droit californien place la barre haut. Pour retenir une complicité en matière civile, les instructions remises aux jurys exigent la preuve d'une connaissance effective des agissements fautifs et d'une aide substantielle. Être la sœur d'un homme, ou le soutenir financièrement, ne suffit pas.

Un autre élément du même document fragilise ce fil. La deuxième plaignante y affirme que Richard Smith se disait « plus talentueux » que sa sœur et tenait des propos hostiles envers les femmes noires et envers sa propre famille. L'unique source de l'accusation la plus grave est donc un homme qui, selon la plainte elle-même, dénigrait celle qu'il met en cause.

Contre l'actrice, la plainte n'aligne aucun témoin direct. Elle aligne les confidences d'un frère qui, selon le même texte, la dénigrait.

Un harceleur derrière trois pseudonymes, selon la défense

L'entourage de l'actrice oppose un démenti total. Un porte-parole a déclaré au site TMZ que la plainte relevait de la fiction, qu'elle avait été déposée par une personne qui harcèle l'actrice en se cachant derrière le nom de Jane Doe, et qu'elle constituait un détournement de la justice.

La défense conteste jusqu'au nombre des plaignantes. Elle soutient qu'une seule et même personne se présente sous les trois identités. Le recours à l'anonymat rend pour l'instant ce point invérifiable pour le public, et seul le tribunal pourra établir qui se trouve derrière ces pseudonymes.

Un silence frappe dans ce dossier. Les faits décrits, s'ils étaient établis, relèveraient du droit pénal. En Californie, la détention d'une arme par une personne condamnée pour une infraction grave constitue en soi un crime, et l'envoi de drogue par la poste tombe sous le coup de la loi fédérale. Aucun compte rendu publié ne fait pourtant état d'une enquête de police ou de poursuites. L'affaire se joue, pour l'heure, sur le seul terrain civil.

En quelques heures, l'affaire a fait le tour de la presse américaine, de TMZ au New York Post en passant par Variety. Sur les forums consacrés aux célébrités, certains internautes relevaient dès vendredi que la plainte n'attribue à l'actrice aucun acte direct.

Une semaine entre Londres et Hollywood

La procédure a surpris l'actrice en pleine semaine londonienne. Elle assistait lundi au défilé Burberry de la Fashion Week, puis à l'avant-première du film Digger. Née en 1986 à Peterborough, en Angleterre, installée à Los Angeles depuis 2009, elle a enchaîné After Yang, la série Star Wars The Acolyte, Bad Monkey et Tron: Ares.

Elle tient actuellement un rôle dans la série The Agency et est apparue cette année dans le clip Opalite de Taylor Swift. Sa vie privée avait déjà été exposée en 2023, lorsqu'elle avait demandé le divorce de l'acteur Joshua Jackson, père de sa fille. La séparation a été prononcée en 2025.

Dans cette plainte, l'actrice n'est accusée d'avoir touché personne. On lui reproche d'avoir payé. Et la seule voix qui l'affirme est celle de l'homme qui aurait encaissé.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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