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Pourquoi Israël a-t-il abandonné ceux qui le soutenaient ? Est-ce donc cela, la paix qu’il prétend vouloir ?

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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De Bagdad à Rabat, en passant par Amman et Le Caire, une enquête sur celles et ceux que la sympathie pour l'État hébreu a menés en prison, à l'exil professionnel ou au silence, pendant que Jérusalem regarde ailleurs.

Un homme purge une peine de perpétuité à Bagdad pour des publications Facebook. Un acteur égyptien a été suspendu pour une photo. Des Jordaniens et des Marocains manifestent, parfois quotidiennement, contre les traités que leurs propres gouvernements ont signés avec Israël. Entre ces situations, aucune institution, aucun fonds, aucune ambassade ne relie ceux qui paient le prix d'une opinion. L'Appel a enquêté sur ce vide.

Un verdict, une adresse Facebook, une vie derrière les barreaux. Le tribunal pénal de Karkh, à Bagdad, a prononcé en juillet 2025 une réclusion à perpétuité contre un homme dont l'identité n'a jamais été rendue publique.

Son crime tenait dans quelques publications sur un réseau social, des photographies, des vidéos favorables à la normalisation avec Israël, et des livres en hébreu retrouvés à son domicile.

La justice irakienne a fondé la condamnation sur l'article 7 de la loi anti-normalisation numéro 1 de 2022, un texte voté à l'unanimité qui réaffirme l'état de guerre constitutionnel de l'Irak avec Israël et prévoit la prison à vie ou la peine de mort pour toute coopération avec l'occupation. Un expert juridique consulté par la presse spécialisée a confirmé qu'il s'agissait de la première application connue du texte depuis son adoption.

Aucune chancellerie n'a réclamé sa libération. Aucune organisation internationale n'a fait de son dossier une cause. Le silence, ici, est la première donnée de l'enquête.

Un texte voté pour rassurer une rue, pas pour protéger un homme

Le Parlement irakien a adopté ce texte, intitulé criminalisation de la normalisation et de l'établissement de relations avec l'entité sioniste, en réunissant 275 voix sur 329 sièges. Place Tahrir, les partisans du dirigeant chiite Moqtada al-Sadr ont célébré le vote en brandissant son portrait.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a condamné le texte depuis Jérusalem. La condamnation était verbale. Elle est restée sans le moindre effet concret sur le terrain.

Ce cadre répressif ne date pas de 2022. Pendant des décennies, l'association avec des organisations qualifiées de sionistes exposait à la peine capitale en Irak, avant qu'un amendement de 2010 ne ramène la sanction à la prison à vie. La loi de 2022 a simplement élargi le périmètre à la publication en ligne et aux sociétés étrangères.

Erbil, une salle pleine un vendredi, vide le dimanche

Neuf mois avant ce vote, le 24 septembre 2021, plus de trois cents Irakiens issus de toutes les composantes du pays se réunissent dans un hôtel d'Erbil, à l'invitation du Center for Peace Communications, un institut basé à New York, pour réclamer l'intégration de l'Irak aux accords d'Abraham.

Le porte-parole de la conférence, le chef tribal sunnite Wisam al-Hardan, appelle publiquement à la normalisation complète avec Israël et réclame une restitution symbolique pour les Juifs d'origine irakienne partis des décennies plus tôt. Sahar al-Tai, cadre du ministère de la Culture, défend devant l'assistance la place d'Israël dans le concert des nations.

La réplique institutionnelle est immédiate. Le gouvernement du Premier ministre Mustafa al-Kadhimi condamne aussitôt la réunion, tandis que le Conseil judiciaire suprême irakien émet des mandats d'arrêt contre Hardan, Taie et l'ancien député Mithal al-Alousi, ce dernier n'ayant pourtant pas assisté à la conférence.

Les autorités judiciaires annoncent que les quelque trois cents autres participants seront arrêtés dès que leur identité sera établie. Ce qui suit est plus révélateur que les poursuites elles-mêmes.

Sous la menace, des participants se rétractent publiquement, affirmant avoir été trompés sur la nature de l'événement, certains accusant Hardan de leur avoir promis salaires et emplois en échange de leur présence. Le ministère de la Culture, de son côté, écarte toute responsabilité institutionnelle.

Sahar al-Tai est démise de ses fonctions, le ministère insistant sur le fait qu'elle n'était en rien mandatée pour représenter l'institution. Elle n'a plus été entendue publiquement depuis. Trois cents personnes se sont levées un vendredi. Le dimanche, la justice les cherchait, et la salle était vide.

Le Caire, la sanction sans juge

Ailleurs, la punition ne passe pas par un tribunal mais par la profession. En novembre 2020, l'acteur et chanteur égyptien Mohamed Ramadan est photographié à Dubaï en compagnie de célébrités israéliennes.

L'Union générale des syndicats professionnels d'Égypte annonce sa suspension dans l'attente d'une audition, quelques jours après la diffusion des clichés. Le président du syndicat des acteurs, Achraf Zaki, rappelle alors la règle qui prévaut dans la profession.

Notre code de conduite interdit toute normalisation avec Israël, explique-t-il, tout en reconnaissant une ambiguïté dans l'application de cette règle. Un animateur de télévision proche du pouvoir, Ahmad Moussa, résume l'état d'esprit dominant.

« Nous avons la paix entre les dirigeants, et non entre les peuples. »

Ahmad Moussa, présentateur égyptien, novembre 2020

Ramadan reprendra son activité deux mois plus tard, le dossier classé. Mais le message a été reçu par toute une profession. Khaled Zaghloul, journaliste égyptien, affirme à L'Appel que sa carte de presse lui a été retirée et que les rédactions arabes avec lesquelles il collaborait ont rompu tout contact après un déplacement en Israël, le privant de sa seule source de revenus. Ces faits reposent sur son témoignage et n'ont pu être confirmés de manière indépendante auprès des instances professionnelles concernées.

Walid, chef d'entreprise dans un pays arabe, a tiré la leçon de cette mécanique. Il a accepté de témoigner sous couvert d'anonymat.

« Oui, j'ai été audacieux. Mais je n'ai jamais accepté d'apparaître dans les interviews des médias israéliens, pour ne pas tout perdre. »

Walid, chef d'entreprise, propos recueillis par L'Appel

Amman, la paix que le peuple n'a jamais signée

En Jordanie, pays lié à Israël par un traité depuis 1994, l'écart entre l'État et la rue atteint un niveau que même les diplomates peinent à euphémiser. Un sondage du Baromètre arabe publié début 2025 montre que le soutien à la normalisation n'y dépasse plus 3 %, le chiffre le plus bas jamais enregistré.

Un expert cité par le Times of Israël résume que si Israël et la Jordanie n'ont jamais vraiment transformé leur paix froide en normalisation de peuple à peuple, les trois dernières années ont vu les relations gouvernementales atteindre leur pire niveau depuis avant même la signature du traité.

Depuis le 7 octobre 2023, la Jordanie a connu des manifestations quotidiennes, les autorités rappelant leur ambassadeur en poste à Tel-Aviv et interdisant les Frères musulmans. Les cortèges devant l'ambassade israélienne à Amman ne visent pas seulement Gaza.

Un manifestant confie à la presse régionale les revendications qui circulent dans le cortège. Mettre fin à la normalisation avec Tel-Aviv, annuler le traité de paix avec Israël et l'accord sur le gaz, et enfin stopper les exportations de légumes jordaniens vers ce pays, énumère-t-il. Ces mobilisations, qui se sont poursuivies chaque soir pendant plusieurs semaines, ont réuni des milliers de manifestants devant la représentation diplomatique désaffectée depuis le rappel de l'ambassadeur.

Le royaume n'a jamais rompu la coopération sécuritaire ni le contrat gazier qui le lie à Israël. Il gère, en somme, une hostilité populaire qu'il ne peut ni satisfaire ni ignorer.

Rabat, des dizaines de milliers de voix contre un accord de 2020

Le Maroc a rejoint les accords d'Abraham en décembre 2020, en échange de la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental. Le soutien marocain à la reconnaissance d'Israël atteignait encore 20 % dans les sondages de 2022 et 2023.

Il n'en reste plus que 6 % dans l'édition 2025 de l'Arab Opinion Index, l'une des plus vastes enquêtes d'opinion menées dans la région arabe. Entre les deux mesures, la guerre à Gaza est passée par là.

Le 6 avril 2025, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Rabat contre la normalisation, scandant Palestine résiste et réclamant la fin des relations diplomatiques avec Israël. Un nouveau cortège, le 5 octobre suivant, a rassemblé plus de cinq mille manifestants selon des journalistes de l'Agence France-Presse, sans qu'aucun chiffre officiel ne soit communiqué par les autorités.

Les autorités marocaines tolèrent l'essentiel de ces rassemblements mais arrêtent certains militants accusés de viser des ambassades étrangères ou de mêler leurs critiques à la monarchie elle-même. La normalisation reste un sujet que le pouvoir gère, mais qu'il ne défend jamais publiquement.

Un rejet quasi unanime, du Golfe au Maghreb

L'Arab Opinion Index 2025, réalisé par l'Arab Center Washington DC auprès de plus de 40 000 personnes dans quinze pays arabes, permet de mesurer l'ampleur du phénomène au-delà des cas individuels. 87 % des personnes interrogées rejettent la reconnaissance d'Israël, contre seulement 6 % qui s'y disent favorables.

En Égypte, pourtant liée à Israël par un traité de paix depuis 1979, 95 % des personnes interrogées s'opposent à toute normalisation, selon l'enquête menée par Arab Barometer à l'automne 2025. L'Algérie affiche 2 % d'opinions favorables, le Maroc 6 %, la Libye seulement 1 %.

Au Koweït, où les manifestations restent contenues par les autorités, 84 % des citoyens déclarent avoir boycotté des entreprises jugées pro-israéliennes. Même dans les pays du Golfe les plus discrets sur la question, l'opposition à la reconnaissance d'Israël ne descend jamais sous les 9 %.

Dans un tel climat, prendre publiquement position en faveur d'Israël n'ouvre pas un débat. Cela déclenche une exclusion, parfois une procédure judiciaire. Les personnes citées dans cette enquête ne se cachent pas d'Israël. Elles se cachent de leur propre entourage professionnel, familial et national.

Ceux qui ne demandent que de vivre

Mohsen vit à Syrte, en Libye. Il dit espérer la paix et regarder Israël avec sympathie, mais décrit une relation à sens unique, où on le traite avec méfiance, comme si la politique de son pays dépendait de lui seul.

Nesrine, dont le prénom est un pseudonyme, est artiste et chrétienne à Beyrouth. Elle a demandé que rien ne permette de l'identifier avant d'accepter de répondre à L'Appel.

« Nous n'avons rien à voir avec tout cela. Nous voulons seulement vivre. Est-ce trop demander à ce monde, et à Israël ? »

Nesrine, artiste à Beyrouth, propos recueillis par L'Appel

Hossam, Libyen lui aussi, formule l'accusation la plus directe recueillie au cours de cette enquête. Israël, dit-il, se contenterait d'enregistrer des soutiens sans se préoccuper de ce qu'ils coûtent à ceux qui les expriment. L'appréciation lui appartient. Elle définit exactement la question que cette enquête cherche à vérifier.

Et l'État qu'ils défendent

L'attitude israélienne suit une ligne constante depuis des décennies, la condamnation publique sans dispositif concret. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé la loi irakienne. Aucun programme public israélien de protection, de relocalisation, d'assistance juridique ou de soutien financier destiné aux ressortissants arabes sanctionnés pour une position favorable n'a pu être identifié par L'Appel, malgré des recherches approfondies auprès des sources disponibles.

Le précédent existe pourtant. En mai 2000, lors du retrait du sud du Liban, Israël ouvre sa frontière à l'Armée du Liban Sud, entre six mille et sept mille miliciens, responsables de zone et membres de leurs familles passant alors en Galilée, selon les travaux de la revue Conflits et de Diploweb. Vingt-six ans plus tard, ils ne seraient plus qu'environ trois mille à vivre en Israël, la majorité étant repartie vers les États-Unis, le Canada ou l'Europe.

Au Liban, la loi numéro 194, votée en 2011 à leur sujet, n'a jamais été appliquée faute de décrets d'application, et le patriarche maronite Béchara Raï a demandé en mai 2026 leur inclusion dans un projet d'amnistie toujours en discussion, selon le quotidien Ici Beyrouth.

L'épisode syrien a confirmé la règle à l'échelle d'une communauté entière. Après les frappes israéliennes de juillet 2025, présentées à l'époque comme une protection des Druzes de Soueïda, la Commission d'enquête des Nations unies a estimé que les violations commises pourraient constituer des crimes de guerre, documentant trois vagues de violence entre le 14 et le 19 juillet ayant fait plus de 1 700 morts et près de 200 000 déplacés.

Les mêmes enquêteurs ont relevé que les frappes israéliennes avaient non seulement tué et mutilé des civils, mais aussi nourri les accusations de trahison contre les dirigeants druzes et provoqué des représailles contre l'ensemble de la communauté. Huit mois plus tard, l'activiste Nour Salam, déplacée à Damas, décrivait encore une menace armée bien réelle autour de Soueïda. La demande israélienne d'un corridor humanitaire vers la province a ensuite été abandonnée dans sa forme initiale, au fil des négociations avec Damas.

Accueillir dans l'urgence, condamner par communiqué, négocier ensuite sans contrepartie durable. À aucun moment un mécanisme permanent n'a été créé pour ceux qui paient, sur le terrain, le prix le plus élevé d'une proximité assumée avec Israël.

Un angle mort du droit international

La définition de travail de l'antisémitisme adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste en mai 2016 à Bucarest décrit l'antisémitisme comme une certaine perception des Juifs pouvant se traduire par de la haine à leur égard, une définition reprise depuis par plusieurs dizaines d'États, dont la France.

Ce cadre, aussi débattu soit-il, vise l'hostilité envers les Juifs en tant que tels. Il ne couvre en rien le cas d'un citoyen arabe poursuivi, licencié ou radié dans son propre pays pour avoir exprimé une opinion favorable à Israël.

Cette catégorie de victimes n'a ni statut international, ni instrument juridique dédié, ni voie de recours identifiée. En Europe, elle relèverait tout au plus du droit général de la non-discrimination. Dans les pays concernés, elle relève d'un article de loi qui prévoit la perpétuité.

Ce que le silence révèle

Le vide institutionnel documenté dans cette enquête n'est pas un oubli. Il sert des intérêts précis, de part et d'autre de la frontière.

Pour les régimes arabes, les lois anti-normalisation constituent une soupape. Elles permettent de canaliser une colère populaire réelle et massive, mesurée par tous les instituts d'opinion cités plus haut, sans jamais avoir à répondre de la coopération sécuritaire, énergétique ou diplomatique qui se poursuit, elle, dans la discrétion des chancelleries. La Jordanie en offre l'exemple le plus net, entre rappel d'ambassadeur théâtral et contrat gazier maintenu.

Pour Israël, le calcul est symétrique mais inversé. Un sympathisant arabe qui s'exprime publiquement a une valeur de communication immédiate, une photographie, un mot-dièse, un symbole de normalisation par le bas que les services de communication diplomatique savent exploiter en quelques heures. Mais ce même sympathisant devient, dès que le prix à payer se matérialise sous forme d'un procès ou d'un licenciement, un dossier qu'aucune administration israélienne n'a intérêt à revendiquer, au risque de fragiliser des relations d'État jugées plus précieuses que la protection d'un individu.

Ce que les communiqués ne disent jamais, c'est que cette asymétrie n'est pas un accident diplomatique mais une politique de fait, reconduite identique depuis l'Armée du Liban Sud en 2000 jusqu'aux Druzes de Soueïda en 2025. Le bénéfice politique de la normalisation reste collectif et symbolique. Le coût, lorsqu'il tombe, reste toujours individuel et concret.

Ce qui pourrait suivre

Le plus probable, dans les prochains mois, tient à la poursuite du statu quo actuel. Les gouvernements arabes signataires d'accords avec Israël continueront de gérer une opinion publique hostile par la répression ciblée plutôt que par un débat ouvert, tandis que Jérusalem maintiendra sa ligne de condamnations verbales sans dispositif de protection. L'indicateur à surveiller sera le sort réservé aux prochains dossiers individuels qui émergeront en Irak au titre de la loi de 2022, dont l'application judiciaire ne fait que commencer.

Une deuxième piste, portée par la pression de la rue plutôt que par les chancelleries, verrait les mobilisations marocaines et jordaniennes forcer une inflexion officielle, sans remise en cause des traités eux-mêmes. Le geste le plus probable resterait alors symbolique, un rappel diplomatique supplémentaire ou une suspension d'accord commercial mineur, à l'image de ce qui s'est déjà produit à Amman en 2023.

Une trajectoire plus lointaine, mais que certains signaux faibles rendent envisageable à moyen terme, tiendrait à l'émergence d'un plaidoyer international spécifique pour cette catégorie de victimes, porté par des organisations de défense de la liberté d'expression plutôt que par des structures juives ou israéliennes. Rien, à ce jour, ne permet d'anticiper une telle initiative, faute d'acteur identifié prêt à s'en saisir.

LES ZONES D'OMBRE DE CETTE ENQUETE

L'identité du condamné de Bagdad n'a jamais été rendue publique par les autorités irakiennes, ce qui empêche toute vérification indépendante de son parcours.

Les témoignages de Khaled Zaghloul, Mohsen, Hossam, Nesrine et Walid reposent sur leurs seules déclarations à L'Appel et n'ont pu être recoupés auprès d'organismes professionnels ou judiciaires tiers.

Le nombre exact d'anciens miliciens de l'Armée du Liban Sud toujours présents en Israël varie selon les sources, entre 3 000 et un chiffre légèrement supérieur.

Aucun document officiel israélien confirmant ou infirmant l'existence d'un programme confidentiel de protection n'a pu être obtenu.

Un homme purge aujourd'hui une peine à perpétuité à Bagdad pour des publications Facebook. Des dizaines de milliers de Marocains ont défilé contre un accord que leur pays a signé sans les consulter. Une artiste de Beyrouth a demandé un faux prénom pour pouvoir dire, simplement, qu'elle veut vivre en paix. Entre ces situations, il n'existe toujours aucune institution, aucun fonds, aucun texte et aucune ambassade qui les relie. C'est précisément ce vide, entretenu des deux côtés de la frontière, qui constitue l'information.

Par Khalid Al Shibani • L'Appel · L'Appel
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