À Blois, une enfant de cinq ans a été retrouvée morte lundi au domicile de son père. Le parquet privilégie la piste d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide.
Lundi matin, une place est restée vide dans une classe de Blois.
Une fillette de cinq ans a été retrouvée morte lundi 21 septembre en fin d'après-midi au domicile de son père, à Blois, dans le Loir-et-Cher. Selon le parquet, elle a vraisemblablement succombé à une intoxication médicamenteuse. Son père, âgé de 42 ans, a été découvert sur place dans un état critique.
« L'hypothèse la plus vraisemblable demeure celle d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide », a indiqué mercredi le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet, qui a ouvert une enquête. Le magistrat précise que les investigations se poursuivent et que les circonstances exactes du décès restent à établir.
Un week-end chez son père
L'enfant avait passé le week-end chez son père, qui devait la conduire à l'école lundi matin. Constatant son absence, l'établissement a prévenu la mère, qui a aussitôt alerté les forces de l'ordre. Après avoir localisé le téléphone du père, les policiers se sont rendus à son domicile en fin de journée.
À leur arrivée, l'homme était inconscient et présentait de nombreuses entailles sur le corps, y compris à la gorge, possiblement auto-infligées, selon le procureur. Transporté au centre hospitalier de Blois, il n'est pas en état d'être entendu. Son pronostic vital n'est toutefois pas engagé.
Les premiers résultats de l'autopsie
Le corps de la fillette ne présentait aucune lésion traumatique. L'autopsie, pratiquée mardi après-midi, oriente les enquêteurs vers une intoxication médicamenteuse, a annoncé le parquet mercredi dans un communiqué. Selon une source policière, plusieurs médicaments et une petite gourde d'eau avaient été retrouvés sur une table de nuit. La nature des substances en cause n'a pas été rendue publique.
Le père sera placé en garde à vue dès que son état de santé le permettra. « Nous cherchons maintenant à comprendre les raisons d'un passage à l'acte », a déclaré le procureur, décrivant une phase de recueil d'informations.
Aucune trace de violence sur l'enfant, des médicaments près du lit, un père grièvement blessé : les premiers éléments convergent, sans constituer encore une conclusion judiciaire.
Un conflit familial suivi par un juge des enfants
Les parents étaient séparés depuis 2024 et entretenaient des rapports difficiles. En raison de ce que le parquet qualifie de « conflit familial aigu », un juge des enfants avait ordonné une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert, dite AEMO. Ce dispositif permet un suivi éducatif de la famille tout en maintenant l'enfant dans son milieu de vie, et il est décidé lorsque la santé, la sécurité ou l'éducation d'un mineur sont jugées en danger.
Selon le procureur, ce suivi « n'a donné lieu à aucun incident particulier ou signalement inquiétant au juge des enfants, notamment sur des suspicions de violences » envers la fillette. Aucune plainte n'avait été déposée par l'un des parents contre l'autre.
Le père avait néanmoins été condamné en 2025 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des appels téléphoniques malveillants visant son ancienne compagne, la mère de l'enfant. Le parquet ne fait état d'aucune condamnation antérieure pour des violences sur la fillette.
Les prochaines étapes de l'enquête
Les investigations doivent désormais déterminer les substances ingérées par l'enfant, les conditions dans lesquelles elles lui ont été administrées, ainsi que la chronologie précise des heures ayant précédé sa mort. Les enquêteurs chercheront aussi à établir le lien entre ce décès et la tentative de suicide du père.
Le scénario retenu par le parquet reste, à ce stade, une hypothèse d'enquête. L'audition du père, les analyses toxicologiques et les témoignages des proches seront déterminants pour établir les faits et les responsabilités.






