À sept mois de la présidentielle, une enquête croisée des données INSEE, Pew Research, IFOP et du ministère de l'Intérieur sépare les faits vérifiables des amalgames qui nourrissent la campagne
La progression de l'immigration et de l'islam en France n'est pas une invention politique. Mais la lecture qu'en font une partie des candidats à l'Élysée déforme méthodiquement des statistiques que L'Appel a passées au crible, source par source.
« Ce type de question provoque vraisemblablement un effet d'imposition de problématique. » Le sociologue Vincent Tiberj visait, fin 2025, un sondage devenu depuis une arme rhétorique de premier plan dans la campagne présidentielle.
Ce sondage, commandé par une revue fondée par d'anciens journalistes de Marianne et consacrée à dénoncer ce qu'elle appelle l'entrisme musulman, a fourni en quelques semaines l'essentiel du vocabulaire chiffré que l'on entend désormais sur les plateaux. Quarante-quatre pour cent. Trente-huit pour cent. Quinze pour cent. Des nombres qui circulent sans leur mode d'emploi, souvent détachés de leur contexte méthodologique, et qui alimentent une thèse simple à l'approche de 2027 : la France serait engagée dans une transformation démographique et religieuse que ses dirigeants refuseraient de nommer.
L'Appel a voulu vérifier, poste par poste, ce que disent réellement les institutions dont les chiffres sont mobilisés dans ce débat, de l'INSEE à Pew Research Center en passant par le ministère de l'Intérieur.
Ce que l'INSEE mesure, et ce qu'elle ne mesure pas
Le socle du débat est un chiffre que personne ne conteste. En 2025, l'Insee estime à 7,97 millions le nombre d'immigrés vivant en France, soit 11,6 % de la population totale. Parmi eux, 5,345 millions sont de nationalité étrangère et 2,625 millions ont acquis la nationalité française. La population étrangère dans son ensemble est, elle, estimée à 6,297 millions de personnes, soit 9,1 % de la population.
Cette hausse n'est pas un phénomène brutal des dernières années. L'Insee écrit elle-même que la part d'immigrés passe de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025, du fait de l'augmentation de la population immigrée et de la baisse de la fécondité. La progression est réelle, continue, documentée depuis un quart de siècle.
Mais un second chiffre, publié le même jour par le même institut, contredit frontalement le récit d'une submersion migratoire en cours. Loin de l'idée véhiculée par l'extrême droite à l'approche de la présidentielle, les entrées sur le sol national décélèrent, en baisse de 10 % par rapport à 2023. Le stock augmente parce que les générations précédentes vieillissent sur le territoire, pas parce que les flux s'accélèrent.
Une précaution méthodologique s'impose également. Du fait d'une amélioration dans le protocole de collecte du recensement, les données sur le nombre et la part d'immigrés pour les années avant 2024 ne sont pas directement comparables à celles relatives à 2024 et 2025. Toute comparaison brute entre les séries anciennes et les chiffres de 2025 surestime mécaniquement l'accélération du phénomène.
La confusion volontaire entre étranger, immigré et musulman
Le raccourci le plus fréquent dans le débat électoral consiste à traiter immigration, étrangeté et islam comme un seul et même ensemble. Les données s'y opposent.
D'abord parce qu'un tiers des immigrés sont français. Ensuite parce que la géographie de l'immigration n'est pas celle que suggère le débat public. Selon les données les plus récentes de l'INSEE-INED sur les origines, une part significative de l'immigration vers la France reste européenne, et une autre part vient de zones où le christianisme domine, notamment en provenance des Antilles, d'Amérique latine ou d'Afrique subsaharienne francophone à forte composante chrétienne. Le raisonnement qui fait de tout immigré un musulman en puissance ne résiste pas à l'examen des origines déclarées.
Musulmans d'Europe : une croissance réelle, une ampleur surestimée Sur le plan européen, la référence obligée est devenue l'étude de juin 2025 de Pew Research Center sur l'évolution du paysage religieux entre 2010 et 2020. Les musulmans ont augmenté pour atteindre 46 millions en 2020, soit une hausse de 16 %. Mais le principal moteur du changement a été la déconfessionnalisation religieuse, la part des chrétiens dans la population de la région ayant chuté à 67 %, en baisse de huit points, tandis que la part des personnes sans affiliation religieuse est montée à 25 %, en hausse de sept points.
Autrement dit, le grand basculement démographique européen de la dernière décennie n'est pas un basculement vers l'islam. C'est un effondrement du christianisme au profit de l'irréligion, avec, en parallèle, une croissance musulmane bien réelle mais nettement plus modeste en poids relatif.
Entre 2010 et 2020, le nombre absolu de chrétiens a chuté de 9 % pour atteindre 505 millions. Les musulmans, eux, ont augmenté pour atteindre 46 millions, en hausse de 16 %. L'écart de rythme entre les deux évolutions dément l'idée d'un remplacement mécanique d'une religion par l'autre.
Pour la France spécifiquement, Pew situe désormais les chrétiens sous la barre de la majorité. Les chrétiens sont passés sous les 50 % de la population au Royaume-Uni, en Australie, en France et en Uruguay. Environ 46 % des 68 millions d'habitants du pays se disent chrétiens, pratiquants ou non, et 9 % musulmans, la proportion la plus élevée d'Europe de l'Ouest, tandis qu'une part croissante de 43 % ne se rattache à aucune religion.
La France est donc, sur ce plan, une exception européenne à double titre. C'est le pays d'Europe de l'Ouest où la part musulmane déclarée est la plus haute. Et c'est aussi l'un des trois seuls pays du continent où aucune religion ne détient plus la majorité, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Australie. Les deux faits coexistent, et le débat public n'en retient généralement qu'un seul.
Le voile, un indicateur qui varie selon les générations
Les données les plus solides sur la pratique religieuse restent celles de l'enquête Trajectoires et Origines 2, conduite conjointement par l'INSEE et l'INED sur un échantillon de 27 000 personnes. 26 % des femmes musulmanes âgées de 18 à 49 ans disent porter un voile. Cette pratique varie fortement entre les immigrées d'une origine et les descendantes de cette même origine ; elle concerne 36 % des femmes musulmanes immigrées et 17 % des descendantes d'immigrés. La pratique est la plus courante chez les immigrées de Turquie et du Moyen-Orient, à 46 %.
Ce différentiel générationnel est l'argument le plus solide contre une lecture linéaire de l'islamisation. Le port du voile recule structurellement d'une génération à l'autre au sein d'une même origine.
Un autre indicateur, produit cette fois par des sondages plutôt que par une enquête statistique représentative, brouille pourtant ce constat. Une question écrite à l'Assemblée nationale, s'appuyant sur des données comparatives entre 2016 et 2025, avance que la pratique du voile a décru de 38 % à 16 % pour les musulmanes de plus de 50 ans entre 2016 et 2025, alors qu'elle est passée de 30 % à 45 % chez les jeunes femmes de moins de 25 ans. Ce chiffre, s'il devait se confirmer par d'autres sources indépendantes, indiquerait une inversion de tendance chez les plus jeunes générations, à rebours du schéma d'assimilation progressive habituellement documenté. Il provient toutefois d'une méthodologie de sondage téléphonique distincte de l'enquête Trajectoires et Origines, ce qui interdit à ce stade toute conclusion définitive sur une rupture générationnelle.
Le sondage qui a mis le feu au débat
Publiée le 18 novembre 2025, l'étude de l'IFOP intitulée « État des lieux du rapport à l'islam et à l'islamisme des musulmans de France » a fourni l'essentiel de la matière chiffrée aujourd'hui recyclée dans la campagne présidentielle.
La proportion de musulmans qui privilégieraient le respect des règles de leur religion a fortement progressé en trente ans, avec seize points de plus depuis 1995, à 44 %, tandis que ceux qui privilégieraient les lois françaises sont en net retrait, à 49 %, en baisse de treize points. Près d'un musulman sur deux, 46 %, estime que la loi islamique doit être appliquée dans les pays où ils vivent, dont 15 % intégralement quel que soit le pays et 31 % en partie, en l'adaptant aux règles locales. Le sondage indique aussi que 38 % des musulmans approuvent tout ou une partie des positions islamistes en 2025.
Ces chiffres sont sérieux et proviennent d'un institut reconnu. Mais leur interprétation politique dépasse largement ce qu'ils permettent d'établir, et l'IFOP lui-même a nuancé sa propre étude en soulignant que plusieurs idées reçues sur une communauté musulmane fermée en ressortaient au contraire battues en brèche, notamment sur le droit reconnu à l'apostasie ou sur l'exogamie croissante des couples.
Le monde académique a immédiatement contesté la robustesse de plusieurs items du questionnaire. Interroger une population sur sa proximité avec les Frères musulmans, les salafistes, les wahhabites, le Tabligh, le Takfir ou les djihadistes provoque un effet d'imposition de problématique, les gens n'osant pas dire qu'ils ne savent pas mais répondant quand même. Patrick Simon, de l'INED, a rappelé que l'enquête Trajectoires et Origines, plus représentative méthodologiquement, ne permettait tout simplement pas de mesurer les mêmes indicateurs, rendant toute comparaison directe hasardeuse.
Du côté des institutions musulmanes, la réponse a été prudente mais ferme. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris a assuré que trois musulmans sur quatre ne mettent aucun projet politique derrière l'idée de charia. Le coprésident du Conseil français du culte musulman a appelé à faire attention aux amalgames dans la lecture de l'étude.
Ce que révèle vraiment ce sondage, ce n'est donc pas l'existence d'une minorité de trente-huit pour cent de sympathisants islamistes armés d'un projet politique, mais une adhésion croissante, chez une partie des musulmans de France, à une hiérarchie des normes plaçant le religieux au-dessus du civil sur des sujets circonscrits, un phénomène réel qui mérite d'être suivi sans être grossi hors de proportion.
La délinquance, un écart statistique que la nuance ne fait pas disparaître Sur le terrain de la sécurité, le ministère de l'Intérieur a produit fin 2025 un bilan qui confirme un déséquilibre documenté depuis plusieurs années. Les étrangers sont plus fréquemment mis en cause pour des atteintes aux biens par rapport à leur part dans la population, à 9 % des résidents en France, tout particulièrement pour les vols dans les véhicules à 37 %, les cambriolages à 36 % et les vols violents sans arme à 33 %.
Une question écrite à l'Assemblée nationale rappelle que cette surreprésentation ne se limite pas aux atteintes aux biens. Elle s'observe aussi pour les homicides, à 18 % des mis en cause en 2024, ou pour le trafic de stupéfiants, à 22 %.
Ce déséquilibre est un fait établi par une source officielle. Il ne peut être ni minimisé ni instrumentalisé sans distinction. Deux précautions méthodologiques s'imposent néanmoins. La catégorie « étranger » n'est pas celle d'« immigré » : un mineur né en France de parents étrangers et n'ayant pas encore acquis la nationalité française apparaît comme étranger dans ces statistiques sans avoir jamais migré. Et le statut de « mis en cause » désigne une personne identifiée par les services de police, pas un condamné définitif par la justice. Le lien de corrélation est réel. Le lien de causalité, lui, exige de contrôler l'âge, le sexe, la précarité sociale et le type de quartier, des variables que le simple chiffre de nationalité ne permet pas d'isoler.
Une haine qui progresse dans plusieurs directions à la fois
Le débat sur l'islam en France ne se limite pas à la question démographique. Il se traduit aussi par une hausse mesurable des actes de haine, et cette hausse ne va pas dans un seul sens. Le nombre d'actes antireligieux s'est maintenu en France à un niveau similaire en 2025 par rapport à 2024, avec un total de 2 489 faits recensés. Les actes islamophobes ont bondi de 88 % en un an, avec 326 actes recensés, tandis que les actes antichrétiens ont connu une hausse de 9 %, à 843 faits.
Le point de départ de cette hausse islamophobe est identifiable. Le 25 avril 2025, Aboubakar Cissé, 22 ans, a été poignardé de 57 coups alors qu'il effectuait des tâches à l'intérieur de la mosquée Khadidja, à La Grand-Combe, dans le Gard, l'assaillant proférant des insultes à caractère islamophobe durant l'acte.
Dans le même temps, les actes antichrétiens n'ont pas reculé. 843 actes antichrétiens ont été recensés en 2025, en hausse de 9 % par rapport à 2024, et si les agressions physiques, verbales ou la haine en ligne ne représentent que 13 % de ces actes, elles ont augmenté de 70 %, dans une année marquée par l'assassinat d'Ashur Sarnaya, chrétien d'Orient tué dans le Rhône. Et les actes antisémites, bien qu'en repli de seize points sur un an, se maintiennent à un niveau historiquement élevé depuis l'attentat du 7 octobre 2023, avec 1 320 faits recensés en 2025.
Le climat que ces chiffres dessinent n'est donc pas celui d'une société qui glisserait vers un seul type de haine. C'est celui d'une polarisation générale, où musulmans, chrétiens et juifs sont simultanément davantage exposés à des actes de haine religieuse, un fait que le débat électoral, focalisé sur la seule question musulmane, laisse largement dans l'ombre.
Le mot que la démographie académique refuse
Le terme qui circule en creux derrière tout ce débat, celui de grand remplacement, mérite d'être confronté directement à l'état de la recherche. Les principaux arguments de cette thèse, qu'ils soient démographiques ou culturels, sont réfutés par la quasi-totalité des spécialistes, qui récusent autant la méthode dont elle émane que la logique qui la sous-tend, fondés davantage sur des impressions que sur des données démographiques réelles.
Le démographe Hervé Le Bras, l'un des plus cités sur ce terrain, a consacré un ouvrage entier à démontrer l'absence de fondement statistique de cette théorie. À l'inverse, une autre démographe, Michèle Tribalat, produit depuis les années 2010 des projections nettement plus hautes que celles généralement admises. Elle évalue à 8,5 millions le nombre de musulmans attendu en France en 2050, soit 12,9 % de la population, sur la base d'une projection reconduisant le seul effet de la mortalité et de la fécondité. En intégrant des hypothèses migratoires, Pew Research Center estimait de son côté que la France pourrait compter 17 % à 18 % de musulmans en 2050.
Ces deux chiffres, même dans leur version la plus haute, restent très loin d'une majorité démographique. On est loin d'une population musulmane majoritaire comme certains l'anticipent. Mais l'écart entre 6 % aujourd'hui à l'échelle européenne et 17 à 18 % en France à l'horizon 2050 dans le scénario le plus haut illustre pourquoi la controverse scientifique elle-même reste vive, sans jamais valider la thèse d'un remplacement de population.
À qui profite le calendrier
Le timing de cette flambée statistique n'est pas neutre. L'étude IFOP est sortie un an avant le premier tour de la présidentielle, portée par une revue militante sur ce terrain précis. Le rôle central de l'immigration dans les débats politiques français est structurellement disproportionné par rapport à la réalité démographique, ce qui a conduit à une perception publique erronée de la taille et de la croissance de la population immigrée.
Les intentions de vote confirment l'intérêt électoral de la séquence. Les sondages suggèrent que Marine Le Pen remportera l'élection présidentielle de 2027 si elle est autorisée à se présenter. On observe une hausse de la part des Français exprimant des préoccupations quant à l'immigration, à 31 %, en hausse de quatre points. Selon une étude Ipsos BVA, 27 % des sondés placent l'immigration parmi les thèmes prioritaires pour 2027, derrière le pouvoir d'achat, la sécurité, les services publics et la situation budgétaire du pays.
L'immigration n'est donc ni le premier souci des Français, ni un sujet marginal. Elle occupe une position intermédiaire, mais sa centralité médiatique dépasse largement son rang réel dans les priorités déclarées, un écart qui profite mécaniquement aux candidats dont c'est le thème de prédilection, puisqu'il leur permet d'occuper l'espace du débat sans que les urnes n'aient encore tranché sur son importance relative.
CE QUE LES CHIFFRES NE PERMETTENT PAS DE TRANCHER
Aucun recensement fondé sur la religion n'existe en France, la loi l'interdisant depuis 1978 ; toutes les estimations sur les musulmans reposent sur des sondages déclaratifs, jamais sur un dénombrement exhaustif.
L'étude IFOP de novembre 2025 a été commandée par une revue militante sur le sujet de l'islam, une donnée qui n'invalide pas ses chiffres mais impose de lire ses conclusions avec prudence.
La rupture méthodologique du recensement INSEE en 2024 interdit toute comparaison directe et rigoureuse entre les séries d'avant et d'après cette date.
Les associations de défense des musulmans jugent les statistiques d'actes islamophobes du ministère de l'Intérieur largement sous-évaluées, faute de dépôts de plainte systématiques.
Ce que la trajectoire des prochains mois devrait confirmer
L'issue la plus probable, dans les mois qui séparent cette enquête du premier tour de 2027, est la poursuite d'une instrumentalisation sélective des mêmes chiffres, chaque camp retenant l'indicateur qui sert sa démonstration sans jamais restituer l'ensemble du tableau statistique. L'indicateur à surveiller sera la publication des résultats définitifs du recensement 2025 par l'INSEE, prévue en juin 2027, qui permettra de vérifier si la rupture méthodologique de 2024 a artificiellement gonflé la perception d'accélération migratoire.
Une deuxième trajectoire, portée par la controverse universitaire encore ouverte autour du sondage IFOP, verrait de nouvelles enquêtes concurrentes, notamment une nouvelle vague de l'enquête Trajectoires et Origines ou une réplication indépendante du protocole de 2016, venir soit confirmer soit contredire l'ampleur de l'adhésion aux thèses islamistes chez les jeunes musulmans. Le signal à observer sera la réaction du Conseil français du culte musulman et de l'Observatoire de la laïcité aux prochaines publications sur ce terrain.
Une dernière piste, plus incertaine, tiendrait à un reflux du sujet dans l'agenda électoral si la situation budgétaire du pays, jugée prioritaire par 28 % des sondés, venait à éclipser l'immigration dans les derniers mois de la campagne. Rien dans les données actuelles ne permet de trancher entre ces trois issues, mais la répétition du schéma observé lors des scrutins de 2017 et 2022, où l'immigration est montée en puissance dans les toutes dernières semaines de campagne, rend la première hypothèse la plus vraisemblable à ce stade.
La démographie française change, lentement, et sans direction unique. L'immigration progresse, l'islam progresse, mais le christianisme recule plus vite encore que l'un et l'autre ne montent, au profit d'une irréligion devenue majoritaire dans les intentions déclarées. Cette réalité complexe résiste, par nature, à toute promesse électorale qui prétendrait la résumer en une phrase.
« Ce type de question provoque vraisemblablement un effet d'imposition de problématique »
Vincent Tiberj, sociologue, sur la méthodologie du sondage IFOP de novembre 2025






