À sept mois du premier tour, les instituts de sondage confirment la position dominante de la candidate du Rassemblement national, mais divergent sur son ampleur réelle et sur ce qu'elle révèle de la société française
Entre 29 et 36% selon les instituts, Marine Le Pen caracole en tête de toutes les intentions de vote pour la présidentielle de 2027. Une avance rendue plus complexe par sa situation judiciaire, la bataille pour incarner le bloc central et une gauche qui se déchire en pleine primaire. Enquête sur des chiffres qui disent moins une France conquise par l'extrême droite qu'une France fragmentée, résignée et sans boussole claire.
Une salle de rédaction parisienne, un mardi matin de septembre 2026. Un institut de plus vient de livrer sa photographie de l'opinion, la sixième en trois mois sur le même thème. Le nom qui domine tous les tableaux ne change pas. Ce qui change, chaque fois un peu, c'est l'écart entre lui et le reste du champ politique français.
Sept mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, prévu le 18 avril 2027, Marine Le Pen occupe une position que plus aucun institut ne conteste sérieusement. Ce que les instituts contestent, en revanche, c'est l'ampleur exacte de cette avance, sa solidité au second tour, et surtout ce qu'elle signifie vraiment sur l'état de l'opinion française.
Une avance confirmée, mais mesurée différemment selon les instituts L'enquête la plus récente, celle d'Ipsos bva et de CESI École d'ingénieurs pour Le Parisien, menée entre le 31 août et le 2 septembre 2026 auprès de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales, ne laisse guère de place au doute. Cette enquête confirme la position très dominante de Marine Le Pen, qui ne pâtit guère de sa situation judiciaire, la candidate du Rassemblement national recueillant entre 34% et 36% des intentions de vote dans l'ensemble des configurations testées, soit un niveau largement supérieur à celui de tous ses concurrents. Elle peut compter sur une grande fidélité de son électorat de 2022, qui se reporterait à nouveau sur elle dans plus de 90% des cas, et ce dans toutes les hypothèses testées.
Le baromètre Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, réalisé fin août 2026 auprès de 1 501 personnes, dessine une photographie voisine mais pas identique. À huit mois du scrutin, la cheffe de file des députés du Rassemblement national apparaît très largement en tête des intentions de vote au premier tour, avec entre 34% et 35,5% des inscrits ayant l'intention de se rendre aux urnes. Derrière elle, Jean-Luc Mélenchon fait toujours la course en tête à gauche même si sa bonne dynamique de juillet s'estompe, crédité de 14 à 14,5% des intentions de vote au premier tour.
D'autres instituts livrent pourtant des chiffres nettement plus bas pour la candidate frontiste. Le sondage Cluster17 réalisé pour Le Point, l'un des plus récents disponibles, situe Marine Le Pen entre 29% et 31,5% selon les scénarios, un socle électoral particulièrement consolidé puisqu'elle conserve l'immense majorité de ses électeurs de 2022 et de ceux de Jordan Bardella aux élections européennes de 2024. Cet écart de plusieurs points entre instituts n'est pas anodin. Il tient aux méthodes de redressement, aux hypothèses de candidatures testées, et à un facteur que la plupart des rédactions passent sous silence, celui du choix même du candidat frontiste testé.
Le Pen ou Bardella, la question que les sondeurs ne tranchent pas Car un pan entier du débat électoral se joue ailleurs que dans le duel Le Pen contre le reste du monde. Depuis plusieurs mois, une partie des instituts teste également Jordan Bardella, président du Rassemblement national, plutôt que Marine Le Pen. Et les résultats interrogent directement la nature du phénomène. Que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, le niveau du candidat ou de la candidate du RN oscille entre 31% et 36%, largement devant les autres candidatures testées, mais dans des configurations similaires, c'est la candidature de Jordan Bardella qui obtiendrait un meilleur score que celle de Marine Le Pen.
Un sondage Odoxa, plus ancien mais révélateur d'une tendance de fond, avait même anticipé une victoire nette du président du parti. Ce sondage montrait Bardella l'emportant avec 74% des voix face au leader d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon au second tour, et avec un écart plus resserré de 53% face à Édouard Philippe.
Cette dualité Le Pen-Bardella n'est pas un simple détail technique de sondage. Elle est directement liée à l'issue judiciaire qui plane sur la candidate. La femme autrefois considérée comme la grande favorite pour 2027 a vu ses chances de disputer une quatrième élection présidentielle vaciller après avoir reçu, en mars 2025, une interdiction de cinq ans d'exercer une fonction publique pour des faits de financement de parti, décision dont elle a fait appel tout en assurant qu'elle demeurait la candidate du Rassemblement national, mais Bardella, qui avait piloté la campagne législative du parti l'année précédente, s'était empressé de dire qu'il se présenterait si elle ne le pouvait pas.
Ce que la cour d'appel a tranché, et ce qu'elle n'a pas résolu
Le 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris a rendu son arrêt dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national devenu Rassemblement national au Parlement européen. Marine Le Pen a été condamnée pour détournement de fonds publics à 100 000 euros d'amende, trois ans de prison dont deux ans avec sursis et un an ferme aménageable avec bracelet électronique, sa peine d'inéligibilité étant fixée à 45 mois dont 30 mois assortis du sursis.
La cour a justifié cette réduction spectaculaire par rapport aux réquisitions du parquet général, qui avait demandé cinq ans d'inéligibilité sans sursis. Pour justifier la peine d'inéligibilité amoindrie, la cour d'appel a expliqué qu'elle considère que l'exécution de cette peine depuis le 31 mars 2025 a d'ores et déjà réparé l'atteinte à la probité dans une mesure compatible avec les garanties fondamentales reconnues au citoyen, et que l'ignorer porterait atteinte au principe de liberté des candidatures, condition essentielle à une expression démocratique du suffrage universel.
Résultat concret, Marine Le Pen est donc éligible à l'élection présidentielle de 2027, prévue les 18 avril et 2 mai, et peut s'engager pleinement dans la campagne. Mais l'affaire n'est pas close pour autant. Tous les prévenus condamnés par la cour d'appel de Paris, ainsi que le Parlement européen, ont formé un pourvoi en cassation le 24 juillet 2026.
Reste une inconnue que les communiqués officiels passent sous silence, celle du bracelet électronique. Le délai d'un an de peine ferme ne commencera à courir qu'à compter de la pose du bracelet électronique, un délai qui peut être long, parfois plusieurs mois voire une année, et si le bracelet était posé en juillet 2026, il ne serait retiré qu'en juillet 2027. Une part significative de la campagne présidentielle pourrait ainsi se dérouler sous surveillance électronique, une perspective que Marine Le Pen a elle-même écartée publiquement. Ce point n'a, à ce stade, reçu aucune clarification officielle sur la date exacte de pose du dispositif ni sur son éventuel report lié au pourvoi en cassation.
Édouard Philippe, favori du bloc central mais chef sans troupes ralliées Face à cette avance frontiste, les instituts convergent sur un nom pour incarner l'opposition, celui de l'ancien Premier ministre. Édouard Philippe est actuellement l'un des mieux placés pour affronter Marine Le Pen au second tour, crédité de 17% à 20,5% des intentions de vote selon les scénarios testés par Elabe.
Mais cet avantage relatif au sein de son propre camp ne se traduit par aucun ralliement effectif de ses rivaux directs. Début septembre 2026, le maire du Havre a tenté une manœuvre de rassemblement. Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives, mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre, ce qui relance l'idée d'une primaire.
La réponse de Bruno Retailleau, patron des Républicains, a été sans ambiguïté. « Non, je n'irai pas », a répondu Bruno Retailleau sur CNews, justifiant son refus par le fait qu'il s'agit selon lui « d'une réunion pour les macronistes entre les macronistes ». Il a martelé sa ligne stratégique. « Cette élection, elle ne se gagnera pas au centre, elle ne se gagnera pas en essayant de prolonger l'expérience Macron, elle se gagnera à droite. Et je suis un candidat de droite, avec des convictions de droite », a-t-il affirmé, avant d'estimer qu'aujourd'hui, dans les sondages, aucun candidat de cet espace politique ne gagne l'élection.
Retailleau a par ailleurs exclu tout retrait avant le premier tour. Bruno Retailleau a balayé l'idée d'un retrait de sa candidature avant le premier tour de la présidentielle, assurant qu'il irait jusqu'au second tour. Un choix qui condamne, pour l'instant, toute unification rapide du bloc central et de la droite classique, exactement le scénario que redoutent les stratèges du camp Philippe.
Une gauche à trois têtes, une primaire qui referme des portes plutôt qu'elle n'en ouvre À gauche, la fragmentation prend une forme institutionnelle avec l'organisation d'une primaire socialiste. Le Parti socialiste et Place publique se sont mis d'accord pour organiser une primaire destinée à désigner le candidat de la gauche social-démocrate à l'Élysée, dont le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre 2026, et un éventuel second tour les 16 et 17 octobre.
Mais loin d'unifier la gauche, cette primaire a d'abord acté sa fermeture. Les militants du PS ont voté à une écrasante majorité, environ 55%, pour désigner leur candidat en interne avec Place publique, une option qui enterre un peu plus l'idée d'une candidature unique à gauche pour 2027, alors que le premier secrétaire du PS proposait, lui, une primaire ouverte au reste de la gauche, hors LFI.
Raphaël Glucksmann apparaît comme le favori de ce scrutin restreint. L'eurodéputé Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, est le favori des sondages dans l'espace social-démocrate et le candidat privilégié d'une partie des opposants au premier secrétaire du PS Olivier Faure. Le renoncement du chef de file des députés socialistes a renforcé cette dynamique. Boris Vallaud, chef de file des députés socialistes, a fini par jeter l'éponge le 27 août, écrivant qu'il ne serait pas candidat à la désignation militante après y avoir réfléchi tout l'été, tout en apportant son soutien à Raphaël Glucksmann, la candidature qui lui paraît la plus sérieuse.
Pendant ce temps, en dehors de la primaire, Jean-Luc Mélenchon consolide sa propre base. Selon le baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon progresse et se retrouve au coude à coude avec Édouard Philippe pour la qualification au second tour, une progression qui confirme le retour en force du leader insoumis dans le jeu présidentiel, officiellement candidat et s'imposant comme le principal point de ralliement à gauche. Et l'ancien président François Hollande, qui refuse de participer à la primaire socialiste, entretient le flou sur ses propres intentions. Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l'Élysée, sortant un livre de propositions et multipliant les apparitions.
C'est la question que pose, à raison, l'observation des tendances longues. Ces derniers mois, un chiffre a circulé abondamment, celui d'un pourcentage élevé de Français adhérant aux idées du Rassemblement national. Il mérite d'être précisé plutôt qu'arrondi.
Le baromètre d'image du Rassemblement national, réalisé par l'institut Verian pour Le Monde et publié en janvier 2026, donne la mesure exacte du phénomène. Environ 42% des Français se déclarent en accord avec les idées du parti du RN, soit trois points de plus que l'année précédente et treize points de plus qu'en 2022, tandis qu'à l'inverse 44% disent être en désaccord avec ces idées, en recul de six points sur un an. Le même baromètre montre une France qui continue, dans le même mouvement, à considérer le parti comme un risque. 41% des Français considèrent que cette formation politique représente un danger, en hausse de trois points en un an, quand 44% jugent au contraire qu'elle ne représente pas un danger.
Autrement dit, la France ne bascule pas massivement dans l'adhésion idéologique à l'extrême droite. Elle se répartit presque à parts égales entre accord et désaccord, avec une progression réelle mais mesurée de l'adhésion, et une inquiétude qui progresse presque au même rythme que l'acceptation. Ce n'est ni une France devenue majoritairement extrémiste, ni un Rassemblement national devenu un parti comme les autres aux yeux de l'opinion. C'est un déplacement du curseur, pas un basculement.
Ce qui a en revanche massivement changé, c'est la perception de la capacité du parti à exercer le pouvoir. Environ 44% des Français estiment que ce parti a la capacité à participer à un gouvernement, en hausse de trois points, tandis que 69% considèrent désormais que le Rassemblement national peut accéder au pouvoir, une progression continue depuis 2019. C'est précisément là que réside la vraie mutation, non pas dans l'adhésion au fond idéologique du parti, mais dans la disparition du réflexe consistant à le juger structurellement incapable de gouverner.
Le sociologue Félicien Faury, auteur d'une enquête de terrain sur l'électorat frontiste, apporte un éclairage qui complète utilement ce constat chiffré. Selon lui, longtemps taboue, l'adhésion à l'extrême droite serait désormais normalisée et légitimée. Une note de la Fondation Jean-Jaurès publiée en mai 2026 va dans le même sens en dissociant l'analyse d'un électorat homogène. Le RN n'est plus un bloc homogène, mais une coalition électorale élargie, structurée par des logiques sociales et politiques différenciées, et depuis le milieu des années 2010, le parti connaît une progression électorale continue qui le place en position de quasi-favori pour l'élection présidentielle de 2027.
Une nuance mérite toutefois d'être versée au dossier, car elle contredit une idée reçue tenace. Une analyse fine des comportements électoraux, publiée par Le Grand Continent en mars 2026, montre que le RN n'apparaît pas comme le premier choix des électeurs les plus précaires, davantage portés vers l'abstention ou la gauche, l'opposition entre métropoles progressistes et campagnes frontistes se révélant elle-même moins nette qu'attendu.
La réponse la plus honnête à la question posée tient donc en une phrase. Il n'y a pas 45% de Français devenus extrémistes. Il n'y a pas non plus un Rassemblement national devenu modéré au sens où l'entendrait la science politique classique. Il y a une normalisation au sens strict du terme, c'est-à-dire un abaissement du seuil d'alerte collectif face à un parti dont le socle idéologique n'a, lui, pas substantiellement changé, sous l'effet conjugué d'une stratégie de dédiabolisation menée depuis plus d'une décennie, d'une droite classique qui a repris une partie de son vocabulaire, et d'une gauche fragmentée qui ne parvient plus à structurer un contre-discours unifié.
« Longtemps taboue, l'adhésion à l'extrême droite serait normalisée et légitimée »
Félicien Faury, sociologue
Ce que les sondages ne mesurent pas
Ce panorama laisse plusieurs zones d'ombre que la rédaction ne peut combler faute de données publiques disponibles à ce stade. Aucun institut n'a, à ce jour, communiqué de chiffre consolidé sur l'hypothèse d'un second tour Le Pen-Philippe avec l'électorat de la primaire socialiste déjà fixé, la plupart des enquêtes ayant été menées avant la clôture de ce scrutin interne prévue à la mi-octobre. La date exacte de pose du bracelet électronique de Marine Le Pen, qui conditionne directement les modalités concrètes de sa campagne, reste également non précisée par la justice à l'heure où ces lignes sont écrites. Enfin, aucune enquête d'opinion consultée par la rédaction ne permet de mesurer l'effet d'un ralliement effectif de Gabriel Attal ou de Bruno Retailleau à Édouard Philippe, ce chiffre demeurant purement hypothétique tant qu'aucun des deux n'aura tranché.
LES CHIFFRES QUI STRUCTURENT LA COURSE
Premier tour, Marine Le Pen entre 29% et 36% selon les instituts, un socle électoral fidèle à plus de 90% depuis 2022 Second tour face à Édouard Philippe, avantage confirmé mais resserré selon les enquêtes disponibles
Peine d'inéligibilité de Marine Le Pen réduite à 45 mois par la cour d'appel le 7 juillet 2026, la rendant éligible en 2027
Primaire socialiste les 9-10 et, si besoin, 16-17 octobre 2026
Les trois inconnues qui décideront de la suite
Trois lignes de fracture domineront les prochains mois, et leur issue pèsera davantage sur le résultat final que la simple lecture des courbes actuelles.
La plus probable, au vu du rapport de forces observé depuis l'été, est la persistance d'un émiettement du bloc central et de la droite jusqu'au dépôt des candidatures, faute d'accord sur le mode de départage entre Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Ce maintien de trois candidatures distinctes garantirait à Marine Le Pen l'accès quasi certain au second tour, ses concurrents se neutralisant mutuellement au premier tour. L'indicateur à surveiller sera l'issue de la réunion envisagée par Édouard Philippe à l'automne, et la réponse définitive que lui apporteront ses deux rivaux d'ici la fin de l'année.
Une autre issue, moins probable mais nullement à écarter, verrait la primaire socialiste d'octobre installer Raphaël Glucksmann comme candidat unique de la social-démocratie, capable d'absorber une partie de l'électorat déçu du macronisme tout en évitant de se couper de La France insoumise. Ce dénouement rebattrait la hiérarchie de la gauche sans pour autant menacer directement la position de tête de Marine Le Pen, mais il conditionnerait la nature du second tour, entre un duel Le Pen-Philippe et un duel Le Pen-Mélenchon aux conséquences très différentes selon les stratèges consultés. Le signal à observer sera le résultat du scrutin des 9 et 10 octobre, et l'ampleur du ralliement obtenu par le vainqueur au-delà de son propre camp.
Une dernière tournure des événements, plus incertaine, tiendrait à l'issue du pourvoi en cassation formé contre l'arrêt du 7 juillet 2026 et à la question, non tranchée, de la pose du bracelet électronique. Un empêchement de dernière minute, aussi improbable qu'il paraisse à ce stade compte tenu de la décision déjà rendue, transformerait immédiatement Jordan Bardella en candidat de substitution, avec un profil électoral différent, moins polarisant selon plusieurs enquêtes, mais une expérience de gouvernement inexistante. L'indicateur déterminant sera le calendrier de la Cour de cassation, dont aucune date n'a pour l'heure été communiquée.
Si la carte politique actuelle ne bouge pas d'ici avril, Marine Le Pen aborde le premier tour en position de force incontestée. Mais ce que les chiffres de septembre 2026 racontent surtout, c'est une France qui n'a pas basculé dans l'adhésion à l'extrême droite autant qu'elle s'est habituée à sa présence, et une opposition qui, faute d'unité, lui offre par défaut ce qu'elle ne parvient pas encore à conquérir seule dans les urnes.






