Durant cinq mois, une paire d'adolescents de 19 ans a ciblé les casiers de clients Basic-Fit entre Belfort et Montbéliard, emportant téléphones, papiers d'identité et clés de voiture. Deux gardes à vue consécutives en septembre ont établi l'ampleur du préjudice.
Pris au dépourvu quelques secondes après leur libération, deux jeunes hommes de Montbéliard ont dû réintégrer la garde à vue ce mardi 8 septembre. Entre avril et août, la paire avait fracturé les casiers de dizaines de victimes dans les salles de fitness Basic-Fit du Nord-Franche-Comté. L'enquête conjointe démontre un ciblage méthodique des adhérents distraits.
Danjoutin, Delle, Audincourt, Exincourt - quatre salles, une méthode immuable. Le 15 avril 2026, une plainte est déposée pour un vol d'affaires dans la salle de sport Basic-Fit à Danjoutin. Le cadenas du casier de la victime a été fracturé, les affaires à l'intérieur volées.
Ce n'était que le début. Une série de neuf plaintes similaires s'ensuivra entre mi-avril et le 22 août, d'abord dans le Basic-Fit de Danjoutin, puis celui de Delle. À chaque fois, le processus est le même : le cadenas fracturé pour accéder au contenu du casier, un ou plusieurs casiers sont volés.
Le butin des deux jeunes hommes, domiciliés respectivement à Audincourt et Exincourt, ne manquait pas de variété. Les victimes déclarent des vols de portable, sacs, sacoches, lunettes, clés, vêtements, monnaie en liquide, papiers d'identité, clés de voiture. La cible n'était ni aléatoire ni inopportune : elle correspondait à des affaires laissées en toute confiance pendant l'effort physique.
Jusqu'à septembre, l'affaire n'avait généré aucune culpabilité établie. L'enquête s'accélère au début du mois. Le 6 septembre dernier, deux gendarmes dellois en repos sont dans la salle de sport de la ville. Plusieurs autres adhérents leur signalent des personnes suspectes qui pourraient correspondre au profil des voleurs, dont les faits commencent à se faire connaître dans le département. Finalement interpellés par une patrouille de gendarmes de Delle, ils sont placés en garde à vue.
L'interrogatoire débouche sur des confessions partielles. Pendant ces 48 heures, les deux jeunes hommes, aux casiers judiciaires vierges, reconnaissent une partie des vols. Dans leurs logements d'Exincourt et Audincourt, les forces de l'ordre retrouvent des objets pouvant correspondre soit à ceux volés, soit à des achats faits grâce à la vente de leur butin.
Libérés en fin d'après-midi le mardi 8 septembre, les deux compères ne savourent qu'une liberté éphémère. Juste après la remise en liberté de ces deux jeunes hommes ce mardi après-midi, ils ont été interpellés par les forces de l'ordre du Doubs, à nouveau pour 48 heures de garde à vue. Pendant l'enquête concernant cette série de vols, les gendarmes de Delle, les policiers de Belfort et ceux de Montbéliard font le lien entre ces faits et d'autres similaires. Il s'agit là aussi de vols commis dans deux ou trois Basic-Fit du Pays de Montbéliard, sur la même période que les précédents.
La dimension de la responsabilité s'aggrave dès lors. Ils encourent sept ans d'emprisonnement pour vol en réunion. Un procès devra se dérouler devant le tribunal correctionnel de Belfort le 26 novembre pour les vols du Territoire de Belfort. Les poursuites parallèles du Pays de Montbéliard obéissent à des calendriers que les autorités n'ont pas précisés.
Le modèle opératoire révèle une vulnérabilité structurelle largement connue dans le secteur du fitness : les casiers restent l'angle mort de nombreuses installations. Basic-Fit n'est responsable d'aucun dommage, perte ou vol de vos effets personnels, sauf pour une cause imputable à Basic-Fit. Les conditions générales le précisent sans ambiguïté : le risque incombe au client. Sur le terrain bruxellois, des incidents comparables ont été documentés quelques mois plus tôt. Au Basic-Fit de la chaussée de Wavre, un panneau rappelle d'ailleurs aux clients de ne pas laisser leurs affaires dans les vestiaires en dehors du temps strictement nécessaire à la douche, et d'utiliser de préférence les casiers sécurisés dans la salle.
Le contexte judiciaire place cette affaire dans une série plus large de délinquance d'opportunité en Franche-Comté. Si Belfort enregistre généralement des taux d'agression et de criminalité inférieurs aux moyennes nationales selon les dernières données municipales, les vols de proximité demeurent un enjeu persistant. L'affaire des deux adolescents démontre que les salles de sport, fréquentées par des milliers d'adhérents chaque mois, constituent un terrain propice aux prédateurs de petite envergure cherchant des proies vulnérables.
Procédure judiciaire et calendrier
Les deux jeunes hommes comparaîtront d'ici fin novembre. En attente de la suite réservée aux poursuites montbéliardaises, l'enquête des Techniciens en Identification Criminelle de la gendarmerie du Doubs s'est poursuivie. L'absence de casier judiciaire antérieur ne suffira pas à éliminer la mécanique judiciaire qui s'enclenche désormais, avec des années d'emprisonnement à la clé.
CHRONOLOGIE DES VOLS EN FRANCHE-COMTE
15 avril 2026 : premier vol documenté à Danjoutin 22 août 2026 : dernier vol de la série avant interpellation 6 septembre 2026 : identification et première garde à vue 8 septembre 2026 : libération et immédiate réinterpellation pour faits à Montbéliard 26 novembre 2026 : procès prévu à Belfort






