Après 5,6 % en septembre, une nouvelle hausse de 7,8 % frappera dès le 1ᵉʳ octobre 2026, portant l'augmentation à 27,8 % en douze mois pour les ménages indexés.
La Commission de régulation de l'énergie a annoncé le 10 septembre 2026 que le prix repère du gaz augmente de 7,8 % en octobre 2026, passant à 0,14489 €/kWh TTC. Cette nouvelle revalorisation n'est que la troisième d'une série de chocs tarifaires. Elle intervient à trois semaines du redémarrage de la saison de chauffe, moment critique où les budgets des ménages sont les plus exposés. Cette hausse s'explique par la flambée des prix de gros liée au conflit au Moyen-Orient et à des stocks insuffisants en Europe.
Deux chiffres circulent depuis le 10 septembre, semant la confusion dans l'opinion. L'un parle de 6,3 %, l'autre de 7,8 %. Le prix repère du gaz augmente de 7,8 % en octobre 2026, selon la publication officielle de la Commission de régulation de l'énergie. C'est le chiffre qui compte.
L'écart entre les deux annonces témoigne d'une mécanique tarifaire devenue opaque. Sur les quatre postes qui composent le prix repère, un seul est recalculé tous les mois : l'approvisionnement. Les trois autres -acheminement, taxes, coûts commerciaux -sont fixés pour l'année, et c'est pour cette raison qu'une hausse de 15 % sur le marché de gros ne se traduit jamais par 15 % sur la facture. Cette architecture cachée fait que le consommateur ignore ce qui monte vraiment.
Pour un ménage chauffé au gaz consommant 15 000 kWh par an, la facture augmente de 137 euros sur le seul mois de septembre, portant la hausse cumulée depuis janvier à 509 euros. Ces chiffres ne parlent pas d'euros supplémentaires sur une facture en baisse -ils racontent une accélération, notamment entre août et septembre où le surcoût a dépassé les cent euros sur une année. En octobre, la tendance s'intensifie encore.
Qui paie vraiment cette hausse
La hausse de 5,6 % de septembre concerne le prix repère publié par la CRE, qui sert de base aux offres indexées : environ 6 millions de ménages chauffés au gaz. Les quatre millions restants sur dix millions de consommateurs au gaz bénéficient de contrats à prix fixe qui les protègent. Cette fracture crée deux réalités dans les factures françaises.
Mais cette protection est temporaire. Les contrats à prix fixe ne bougent pas avant leur échéance, et chaque fournisseur reste libre de sa grille tarifaire. Une fois leur contrat renouvelé, même les foyers en prix fixe subiront les revalos de marché. Pour celui-ci, l'engrenage tarifaire n'attend personne.
Le poids caché de la géopolitique sur le marché
Le lundi 31 août 2026, le prix de gros du gaz en Europe a franchi le seuil symbolique de 70 €/MWh en raison de la reprise du conflit entre les États-Unis et l'Iran. C'est le cœur du problème. Les ménages français ne votent pas à New York ou à Téhéran, mais leurs factures en supportent chaque coup de tonnerre géopolitique.
La cause principale reste la reprise du conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis et l'Iran, qui perturbe les livraisons de gaz naturel liquéfié via le détroit d'Ormuz. Ce détroit concentre l'une des vulnérabilités stratégiques les plus graves du système énergétique européen. Chaque tension commerciale ou militaire y devient une menace directe pour le portefeuille français.
Les réserves de gaz européennes affichent des taux de remplissage très faibles en ce mois d'août 2026, très loin des niveaux habituels à cette période de l'année, faisant craindre une nouvelle flambée des prix à l'approche de l'hiver. Les stocks européens sont au plancher exact au moment où la demande va bondir. C'est le reflet d'une Europe qui a dû diversifier ses sources après l'invasion russe en Ukraine, mais qui reste vulnérable aux ruptures d'approvisionnement. Le pari de la diversification ne suffit pas quand les flux mondiaux se contractent.
L'escalade de l'année 2026
Janvier 2026 marquait un seuil : le prix repère s'établissait alors à 94,38 €/MWh HT. Sur douze mois glissants, la progression atteint 27,8 % en septembre. Cet écart n'est pas une fluctuation ordinaire : c'est une restructuration tarifaire qui efface les gains du printemps 2023 lorsque les prix avaient basculé en baisse après avoir explosé.
En mai 2026, le prix repère du gaz naturel a augmenté de 15,4 % par rapport à avril. Cet accroc tarifaire s'était déjà imposé comme un point d'inflexion majeur. Il a creusé le fossé entre ceux qui avaient verrouillé un contrat fixe en avril et ceux qui attendaient. Aujourd'hui, en octobre, le phénomène se reproduit à échelle plus grande.
Ce que cache le prix du marché
Le prix que paient les ménages n'est jamais le prix du marché. Le prix repère d'un mois donné reflète le marché de gros tel qu'il était un mois plus tôt. C'est ce décalage qui explique qu'un choc de marché n'apparaisse sur la facture qu'au mois suivant. Ce délai crée une illusion d'amorti : les ménages croient les prix figés plus longtemps qu'ils ne le sont réellement.
Pire, cette structure transforme chaque anticipation de crise en prix d'aujourd'hui. Le marché de gros négocie déjà les scénarios de novembre et décembre. La tendance se poursuit dans les estimations des mois suivants, avec un point haut attendu en janvier : le prix du kilowattheure serait alors 16,8 % plus élevé qu'en septembre. Cela signifie que l'hiver 2026-2027 pourrait voir des factures encore plus gonflées que celles d'octobre.
Les offres à prix fixe : protection illusoire Environ quarante pour cent des ménages au gaz ont choisi un contrat à prix fixe. Mais cette apparente protection ne porte que sur le kilowattheure hors taxes. Même ceux qui ont opté pour un contrat à prix fixe constatent une hausse, car ces offres garantissent seulement le prix du kWh hors taxes. Par conséquent, si les taxes augmentent, le coût total s'accroît aussi.
L'acheminement, inclus dans la part fixe, a lui-même grimpé. La TVA sur l'abonnement gaz est passée du taux réduit de 5,5 % au taux normal de 20 % en août 2025. Cette seule transformation fiscale creuse les factures même pour ceux en contrats blindés tarifairement.
Le dilemme de l'été : changer maintenant ou attendre Les consommateurs face à l'échéance de renouvellement de contrat se trouvent dans une impasse. Le fournisseur de gaz le moins cher en septembre 2026 est EDF avec son offre Avantage Gaz 2 ans à 1 684 €/an pour un profil chauffage gaz en zone 1. Verrouiller un prix fixe aujourd'hui signifie accepter un tarif fondé sur un marché déjà en hausse depuis neuf mois. Attendre, c'est risquer une nouvelle flambée en octobre, novembre ou au redémarrage de la période de chauffe.
Le prix fixe gèle le tarif HT pour 1 à 4 ans : il sécurise le budget contre une hausse mais empêche de profiter d'une baisse. Ce calcul est devenu asymétrique. La probabilité d'une baisse significative dans les douze prochains mois reste faible tant que les tensions géopolitiques persistent. La sécurité tarifaire vaut aujourd'hui plus que la flexibilité.
Le mur de l'hiver approche
Techniquement, octobre ne verra ses effets que progressivement. Les consommations augmentent à partir de novembre. Mais cette hausse annoncée dès le 10 septembre modifie déjà le comportement. Les ménages qui chauffent peu en été subiront le choc complet trois mois plus tard, quand la facture mensuelle basculera en zone haute. Pour une maison de cent mètres carrés chauffée au gaz, ce passage du tarif octobre au quotidien de décembre représente l'équivalent d'une hausse cachée de vingt à trente pour cent d'un mois à l'autre.
La baisse progressive des prix selon l'échéance, appelée backwardation, traduit une anticipation de détente durable des marchés du gaz au-delà de 2027. Les traders ne croient pas au retour rapide à des prix bas. Pour un ménage dont le contrat actuel s'achève en novembre, cet horizon lointain compte peu. Le prix d'aujourd'hui décide du budget d'hiver.
LES CHIFFRES QUI PARLENT
Pour un ménage consommant 15 000 kWh/an, la facture annuelle a grimpé de 509 € depuis janvier 2026 En octobre, le kilowattheure passera de 0,1347 € à 0,1454 € pour le chauffage, soit 7,9 % Sur douze mois glissants, l'augmentation totale atteint 27,8 % depuis octobre 2025






