jeudi 08 octobre 2026, 11:19 📌 Ajouter L'Appel sur Google
⚡ DERNIÈRES
Actualités

Forbach : une intrusion armée à l’église Saint-Rémi ravive les inquiétudes autour des lieux de culte

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
Actualités

Un homme de 35 ans a été interpellé mardi après avoir pénétré dans l'édifice religieux en criant des slogans et en cherchant le prêtre. La nature réelle des faits reste à établir.

Mardi 8 septembre à 15 h 33, un homme a pénétré dans l'église Saint-Rémi de Forbach, en Moselle, en criant « Allah Akbar ». Selon plusieurs témoins, il demande où se trouve le prêtre, et l'alerte est donnée par les parents de deux adolescentes de 14 ans, scolarisées dans un collège voisin. L'interpellation n'a fait ni blessé ni dégât, mais l'incident réveille les tensions autour de la sécurité des églises en France.

Le scénario se déploie sur quelques minutes, mais suffit à mettre en alerte une petite ville de la frontière allemande. Mardi en début d'après-midi, un homme a pénétré dans l'église Saint-Rémi au centre-ville de Forbach, où il crie à plusieurs reprises « Allah Akbar » avant de demander où se trouve le prêtre. Ce dernier est absent au moment des faits.

L'alerte est donnée par les parents de deux adolescentes de 14 ans, scolarisées dans un collège voisin, après que les jeunes filles ont entendu les cris de l'individu. Ce réflexe de civils attentifs déclenche la suite des événements. Les policiers de Forbach interviennent rapidement et procèdent à l'interpellation de l'homme à l'intérieur même de l'église.

Ce que le suspect avait sur lui

L'homme n'a brandi aucune arme lors de l'interpellation. Il est en possession d'un couteau de type Opinel, couteau qui n'a cependant à aucun moment été exhibé. Une petite quantité de résine de cannabis est également retrouvée sur lui. Il a aussi trois cartes SIM sur lui, détail qui retiendra l'attention des enquêteurs.

L'absence d'agression change la donne pénale. L'archiprêtre Laurent Pidolle, curé de Forbach, déclare à l'AFP qu'il n'y a eu ni agression, ni violence, ni dégradation dans l'église. Le prêtre ajoute qu'à titre de première indication, il précise ne pas s'être senti directement visé.

Un profil sans antécédents de radicalisation

Né en 1991 en ex-Yougoslavie, le trentenaire est inconnu des services des renseignements territoriaux et n'est pas l'objet d'une fiche S. Ce point est crucial pour comprendre pourquoi cet incident n'était pas « attendu » par les autorités de renseignement. Son casier judiciaire comporte deux mentions sans lien avec des infractions relevant du terrorisme ou d'atteintes aux intérêts de l'État.

Une perquisition est menée au domicile de sa mère à Stiring-Wendel, où il réside. Un téléphone et une tablette y sont saisis et actuellement exploités par un service spécialisé de la police.

Les questions qui demeurent sans réponse

L'enquête se poursuit sans réponse définitive. Les enquêteurs cherchent à cerner l'environnement religieux ainsi que le profil psychiatrique du suspect. Cette formulation officielle masque une incertitude majeure : le parquet ne sait pas si cet homme avait l'intention de faire du mal, de menacer, ou simplement de parler à un prêtre.

Interrogée, la mère de l'homme indique que son fils n'était pas radicalisé et elle ignorait également que celui-ci consommait des stupéfiants.

Les réactions officielles

Le maire de Forbach a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte lâche et odieux, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques ». Il a également salué « le courage et la lucidité » des jeunes filles qui ont alerté leurs parents et remercié les policiers « pour leur réactivité et leur efficacité ».
Pour sa part, le prêtre refuse d'amplifier le sentiment de menace. L'abbé Pidolle explique qu'il n'y a pas eu de violence ni de dégradation dans l'édifice religieux, déclarant « Je ne me suis pas senti menacé et l'homme s'est laissé interpeller calmement ».

Le contexte : une montée des incidents dans les lieux de culte

L'incident de Forbach ne survient pas dans le vide. En 2025, 843 faits antichrétiens ont été recensés en France, en hausse de 9% sur un an. Au premier semestre 2026, 458 actes antichrétiens ont été enregistrés, soit une hausse de 6% par rapport à la même période en 2025. En juillet 2025, un homme était monté sur l'autel de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, hurlant « Allah Akbar » à trois reprises avant de frapper un agent d'entretien. Plus récemment, en avril 2026, un homme s'était introduit dans l'église Saint-Clément d'Arpajon dans l'Essonne, criant « Allah Akbar » à de multiples reprises avant de bousculer une fidèle.

À chaque fois, les questions restent identiques : jusqu'où va la contestation ? Où s'arrête l'incivilité perturbatrice et où commence le danger réel ? Aucune réponse définitive à Forbach, à Arpajon ou à Montmartre.

LES FAITS AU 9 SEPTEMBRE 2026

L'homme est toujours en garde à vue pour des faits d'apologie du terrorisme, port d'arme (couteau Opinel) et usage de stupéfiants L'enquête cherche à établir son environnement religieux et son profil psychiatrique Le prêtre recherché déclare ne pas connaître le suspect et n'avoir jamais eu de menaces

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
Réactions des lecteurs

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager :
100%