Un vote 100 % physique, zéro programme - le grand classement humoristique des candidats à la présidentielle de 2027
Oublions un instant la dette publique, le chômage et le dossier retraites. Imaginons que la France décide, pour une fois, de confier les clés de l'Élysée non pas au meilleur programme, mais au candidat qui a le plus de chic en entrant dans les salons dorés du palais. Qui l'emporterait ? La rédaction de L'Appel a mené l'enquête la plus futile - et la plus drôle - de la saison.
La question mérite d'être posée très sérieusement, avec toute la gravité républicaine qu'elle commande. Si, le 18 avril 2027, les bureaux de vote se transformaient en jurys d'un grand concours d'élégance présidentielle, qui sortirait vainqueur de cette compétition inédite dans les annales de la Ve République ?
Gabriel Attal, Jordan Bardella et Édouard Philippe assument, chacun à leur manière, une pratique physique régulière - et la musculation, le rameur, la boxe sont déjà devenus des éléments de communication à part entière dans une campagne où l'image du corps participe à la construction de la stature présidentielle. Autant dire que la concurrence est rude dès les vestiaires.
Le grand classement - entrée en scène, costume de rigueur
Commençons par le haut du tableau.
Jordan Bardella est jeune, séduisant - certains médias anglophones l'ont décrit comme ressemblant à un mannequin masculin - et il sait exactement comment tenir son regard face à une caméra. Il a également mis en scène ses séances de rameur sur les réseaux sociaux, ce qui, dans notre hypothèse électorale, constituerait un argument de campagne parfaitement recevable. Sur l'échelle purement esthétique de ce scrutin fictif, le président du Rassemblement national part donc avec une avance certaine sur le peloton.
Gabriel Attal, lui, apporte jeunesse et un charisme télévisuel soigneusement entretenu. Il s'entraîne avec un coach trois fois par semaine. « Il fait beaucoup de sport en ce moment car il veut être en forme », rapporte un de ses proches - avec de la musculation, surtout, pour être, dit-on, « plus costaud ». Dans notre concours imaginaire, ce détail compterait triple. Attal est le plus jeune Premier ministre de l'histoire de France et s'adresse naturellement à la jeunesse du pays - ce qui, dans un vote au physique, se traduirait probablement par un score stratosphérique chez les moins de trente-cinq ans.
Vient ensuite Édouard Philippe. L'ex-Premier ministre tente, par petites touches, de dérider son image un brin austère. Amateur de boxe, il pratique ce sport régulièrement - et sa silhouette, affinée depuis Matignon, ne passe pas inaperçue. Il est perçu comme un technocrate compétent, parfois distant, mais son style sobre lui a valu une popularité notable. Dans notre concours parallèle, « sobre et distant » se traduirait par quelque chose du genre « il ressemble à un président de la République de cinéma ». Ce qui, dans ce scrutin-ci, est précisément le critère qui compte.
Le fil à plomb du jury imaginaire
Raphaël Glucksmann, grand, élancé, à l'aura d'intellectuel raffiné, possède une sophistication et un charme que même les médias étrangers ont remarqués. Sa compagne, la journaliste Léa Salamé, fait de lui la moitié d'un « power couple » qui ferait sensation dans les salons de l'Élysée. Problème pour lui dans ce concours fictif - Glucksmann reste quelque peu prisonnier de son image de Parisien cultivé, ce qui ne nuit pas nécessairement à l'élégance, mais peut paraître trop sophistiqué pour la photo officielle sur fond tricolore.
Marine Tondelier apporterait une énergie et une franchise désarmantes - qualités précieuses dans un débat politique sérieux, mais qui, dans notre concours imaginaire, lui vaudraient le prix spécial du jury : « la candidate qui vous regarde droit dans les yeux et vous dit exactement ce qu'elle pense, même quand c'est inconfortable ». Catégorie rare. Catégorie précieuse.
François Ruffin, lui, incarnerait le candidat qui débarque en jean et col ouvert, refuse d'enfiler la cravate réglementaire, et obtient paradoxalement dix points supplémentaires pour « authenticité brute ». Journaliste, réalisateur, fondateur du journal Fakir, élu député de la Somme, il cultive une ligne ancrée dans les classes populaires - et cette ancre se lit jusque dans sa façon de se tenir. Dans notre concours, il ferait figure d'ovni rafraîchissant.
Le tableau de bord fictif - résultats non scientifiques et totalement assumés Voici ce que donnerait, dans cette République parallèle où l'électorat voterait avec les yeux plutôt qu'avec la raison, le tableau de bord du premier tour imaginaire :
Jordan Bardella - Catégorie « Présent sur Instagram avant même d'être présent à l'Assemblée ». Score fictif - 28 %.
Gabriel Attal - Catégorie « Le sourire qui fait oublier qu'on allait voter pour le programme ». Score fictif - 24 %.
Édouard Philippe - Catégorie « Il ressemble tellement à un président qu'on se demande s'il n'a pas déjà occupé le poste ». Score fictif - 19 %.
Raphaël Glucksmann - Catégorie « Le genre de candidat dont vous googlez le nom en rentrant chez vous ». Score fictif - 14 %.
Marine Tondelier - Catégorie « Prix spécial : la candidate qui rit franchement, sans calcul ». Score fictif - 8 %.
François Ruffin - Catégorie « Le seul qui viendrait en baskets au débat télévisé et s'en sortirait mieux que les autres ». Score fictif - 7 %.
La vraie question, en passant
La pré-campagne présidentielle réelle pose d'ailleurs une question voisine, mais autrement plus sérieuse - faut-il révéler des pans de sa vie intime pour séduire l'électorat ? Certains observateurs ironisent déjà en notant que Barbie et Ken semblent tenir lieu, chez certains candidats, d'idées et de programme. Ce que notre concours fictif dit de la campagne réelle, c'est cela - l'image est partout, même quand on prétend parler d'économie.
« Le corps est le premier outil de communication, ce n'est donc pas étonnant de voir la transformation physique devenir un thème de campagne », notait sobrement Philippe Moreau Chevrolet, professeur de communication à Sciences Po, dans les colonnes du Figaro. Il parlait de la vraie campagne. Ce qui n'est pas sans ironie.
Et le lendemain matin ?
Si ce scrutin imaginaire avait réellement lieu, le titre de une s'écrirait probablement ainsi - « La France a choisi. Le sourire l'emporte sur le déficit. » Et la toute première décision du nouveau président élu au physique serait, bien évidemment, de choisir la meilleure lumière pour sa photo officielle à l'Élysée.
Reste une vérité que même ce texte humoristique ne peut pas tout à fait effacer - la mise en avant du sport et du corps traduit une évolution réelle de la communication politique, où montrer que l'on s'entraîne, que l'on se discipline, est censé prouver que l'on est capable d'affronter les exigences de la fonction présidentielle. En d'autres termes - même dans la vraie campagne, le physique n'est déjà plus tout à fait hors-jeu.
À vous de jouer, maintenant. Dans cette République imaginaire où l'on vote avec les yeux - pour qui glisseriez-vous votre bulletin dans l'urne ? Répondez en commentaire. La rédaction compte les votes.
⚠️ AVERTISSEMENT EDITORIAL - ARTICLE HUMORISTIQUE
Ce texte est un exercice de satire politique légère, entièrement fictif et assumé comme tel.
Il ne constitue en aucun cas une évaluation sérieuse, un classement officiel ni une opinion éditoriale sur les candidats cités.
Aucun candidat n'a été contacté dans le cadre de cet article - ils ont tous, fort heureusement, de meilleures choses à faire.
L'Appel couvre la présidentielle 2027 avec tout le sérieux qu'elle mérite - ailleurs dans ses colonnes.






