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Ajak avait quatorze ans quand la Somalie a scellé son corps entier

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Cent trente-neuf mille femmes excisées en France, zéro condamnation en cinq ans pour l'infraction qui porte ce nom, et un tableau transmis par la Chancellerie qui dit, sans le dire, l'étendue du vide.

Ajak Deng a cinquante ans, un prénom d'emprunt qu'elle a choisi elle-même, et une douleur qu'elle date avec précision : trente-six ans. Ce que le casier judiciaire national ne sait pas compter, ce que l'Ofpra ne peut pas protéger, et ce qu'un avion emporte chaque été en toute impunité - L'Appel a croisé un témoignage, des données obtenues auprès du ministère de la Justice et une décennie de statistiques pour dessiner le contour exact d'un angle mort d'État.

Elle a mis quatre ans à trouver les mots. Non pas par pudeur, ni par oubli - la mémoire du corps ne fonctionne pas ainsi. Mais parce qu'il a d'abord fallu apprendre la langue. Ajak Deng - ce n'est pas son vrai nom, elle l'a choisi elle-même pour se confier à L'Appel sans se mettre en danger - vit en France depuis quatre ans. Elle a cinquante ans aujourd'hui. Et depuis qu'elle a terminé ses cours de français, elle peut raconter, dans les mots de quelqu'un d'autre, ce que sa propre langue n'avait jamais eu à nommer autrement que par un euphémisme.

À quatorze ans, en Somalie, on lui a retiré des parties de ses organes génitaux. Le mot que sa communauté employait pour cela n'était pas mutilation. C'était protection - protection de sa vertu, de son avenir, de son mariage.

Le mariage, justement, est venu onze ans plus tard, à vingt-cinq ans. Et avant la nuit de noces, une seconde intervention : rouvrir ce que la première avait refermé. Ajak Deng en parle avec une sobriété presque clinique, celle des femmes qui ont eu quatre décennies pour apprendre à nommer sans hurler.

« Cette douleur m'a suivie jusqu'après le mariage, et elle est encore là »

Ajak Deng, témoignage recueilli par L'Appel

Ce qu'elle décrit correspond très exactement à ce que l'Organisation mondiale de la santé classe comme mutilation sexuelle féminine de type trois, l'infibulation : l'ablation de tissus génitaux externes, puis le rapprochement des tissus restants pour resserrer l'orifice vaginal, ne laissant qu'un passage étroit pour l'urine et le sang menstruel. Un corps refermé n'est pas conçu pour rester fermé. Le mariage impose le plus souvent une défibulation, geste médical de réouverture progressive du tissu cicatriciel ; la grossesse peut exiger la même intervention, le rétrécissement excessif aggravant les risques à l'accouchement. Certaines femmes subissent ensuite, après la naissance, une pression sociale pour une réinfibulation - pratique que l'OMS distingue nettement de l'excision initiale, et qui ne concerne pas toutes les femmes excisées.

Dans la même famille, cet été, une autre histoire recommence

Ce qui frappe le plus, dans l'entretien mené avec Ajak Deng, n'est peut-être pas son propre récit. C'est ce qu'elle mentionne presque en passant, avec la même sobriété, comme un fait parmi d'autres : une proche de sa famille a pris l'avion cet été pour rejoindre son pays d'origine, avec sa fille de quinze ans, dans l'intention explicite de la faire exciser là-bas.

Elle décrit ce choix comme dicté par une pression familiale stricte. Elle l'habille des mêmes mots qu'on employait en Somalie il y a trente-six ans pour justifier ce qui a été fait à Ajak Deng - préserver la vertu, sécuriser l'avenir, garantir le mariage. Les mêmes mots. La même logique. Une génération d'écart, et rien n'a bougé dans le raisonnement.

Aucun nom, aucune ville, aucun détail supplémentaire ne seront donnés ici - la loi française protège l'anonymat des mineures, et L'Appel s'y tient sans exception. Mais le fait brut suffit à lui seul à illustrer ce que les associations nomment depuis des années sans parvenir à l'éliminer : l'été reste la fenêtre temporelle où la distance entre le droit français et la pratique familiale s'ouvre au maximum.

Sur mille abribus, la même phrase répétée tout l'été

Du 25 juin au 2 septembre 2026, une campagne nationale tourne en boucle sur plus de mille abribus à travers la France, dans les établissements scolaires, les centres de protection maternelle et infantile, et jusqu'aux consulats des pays concernés. La campagne #AlerteExcision, portée par l'association Excision, parlons-en !, avec le soutien du ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes dans le cadre du plan interministériel 2023-2027 « Toutes et tous égaux », n'utilise qu'un seul message : « L'excision ne doit jamais faire partie du voyage. »

Un tchat anonyme ouvert du lundi au samedi, un numéro d'urgence, une information juridique de base - cinq outils dédiés aux adolescentes de douze à dix-huit ans et à leur entourage. Et, partout, le même pari implicite : qu'un adulte, un professeur, un médecin, ou la jeune fille elle-même, identifie le risque avant que l'avion ne décolle.

Ce pari repose sur le maillon le plus fragile du dispositif. La parole. Dans une famille qui s'est tue depuis des générations.

Cent trente-neuf mille femmes et une trajectoire statistique

En France, près de 139 000 femmes vivent aujourd'hui avec les conséquences d'une excision - et plus de 230 millions dans le monde. Ce chiffre, repris par l'ensemble des acteurs institutionnels en 2026, a une histoire qui dit plus que le nombre lui-même.

Il repose sur une extrapolation à partir des taux de prévalence observés dans les pays d'origine. Cette méthode n'est ni frauduleuse ni arbitraire - mais elle ne mesure pas directement ce qu'elle prétend quantifier. À une époque antérieure, des débats parlementaires citaient soixante mille femmes excisées vivant en France, et cinq cent mille à l'échelle de l'Union européenne. Une étude de l'Institut national d'études démographiques, menée en 2009 et toujours citée comme référence, évaluait à trois filles sur dix, parmi celles dont les parents sont originaires d'un pays où l'excision est pratiquée, la proportion exposée chaque année à ce risque. Lors d'une audition à la délégation aux droits des femmes du Sénat, Isabelle Gillette-Faye, sociologue et directrice du Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles, avançait les chiffres de trente mille femmes de plus de dix-huit ans vivant avec cette réalité sur le territoire, aux côtés de trente-cinq mille fillettes et adolescentes excisées ou menacées de l'être.

Ces écarts ne signalent pas une manipulation. Ils révèlent une réalité difficile à mesurer, réévaluée d'audition en audition, de campagne en campagne, sans qu'aucun outil de comptage stable et continu n'existe.

Le volet le mieux documenté reste celui de la protection administrative accordée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. En 2015, l'Ofpra plaçait sous sa protection sept cent trois mineures en raison d'un risque d'excision ; en 2016, cinq cent quatre-vingt-onze. Un communiqué daté de janvier 2017 faisait état de cinq mille deux cent cinq petites filles ayant, cumulativement depuis la création du mécanisme, obtenu cette protection. Au 31 décembre 2022, le chiffre cumulé atteignait dix-sept mille trois cent huit mineures de toutes nationalités.

Ces jeunes filles font l'objet d'un suivi médical régulier - un certificat attestant l'absence d'excision doit être établi, puis renouvelé tous les cinq ans. En cas de refus de l'examen ou de constat d'une mutilation, l'Ofpra peut saisir les services de protection de l'enfance et le parquet. Lorsque le risque est jugé imminent, le dispositif peut aller jusqu'à interdire à la mineure de quitter le territoire.

La lettre de la Chancellerie, sans détour

C'est sur ce terrain précis - combien de fillettes sont réellement protégées, combien de procédures pénales sanctionnent réellement l'excision commise à l'étranger - que L'Appel a interrogé par écrit le ministère de la Justice. La réponse du bureau presse de la Chancellerie ne cherche pas à enjoliver le constat.

Sur les interdictions de sortie du territoire prononcées en raison d'un risque d'excision, la réponse est directe : nos bases de données ne permettent pas de dénombrer ces interdictions en lien avec ce risque. Le ministère précise que ces mesures relèvent du juge aux affaires familiales et que les données civiles disponibles dans l'outil Pharos ne permettent pas de les identifier. Sur le volet pénal, ses logiciels Cassiopée et le casier judiciaire national ne permettent pas d'isoler les affaires pour lesquelles les faits auraient été commis à l'étranger.

En pièce jointe à cette réponse, la Chancellerie a transmis à L'Appel un tableau extrait du casier judiciaire national des personnes physiques, portant sur la France hors collectivités d'outre-mer, distinguant deux périmètres juridiques.

Ce que le tableau dit, chiffre par chiffre

Le premier périmètre, dit champ restreint, regroupe les deux seules incriminations pénales écrites spécifiquement pour l'excision dans le code pénal. Le Natinf 30141 - incitation non suivie d'effet d'un mineur à se soumettre à une mutilation sexuelle - et le Natinf 30142 - incitation non suivie d'effet à commettre une mutilation sexuelle sur un mineur. Par construction, ces deux délits ne sanctionnent qu'une tentative d'incitation, jamais la mutilation une fois accomplie.

Sur ce périmètre restreint, comptées comme infraction principale, les condamnations définitives sont de zéro en 2020, zéro en 2021, zéro en 2022, zéro en 2023 et zéro en 2024. Comptées au titre d'au moins une infraction, elles restent à zéro les trois premières années, puis passent à un effectif non nul mais inférieur à cinq en 2023 et en 2024 - un nombre que la Chancellerie ne précise pas en raison du secret statistique applicable aux très petits effectifs.

Zéro condamnation, cinq années de suite, pour la seule incrimination qui porte explicitement le nom d'excision.

Le second périmètre, le champ élargi, additionne des infractions génériques de violence - violences sur mineur de quinze ans ayant entraîné la mort sans intention de la donner, violences suivies de mutilation ou d'infirmité permanente par un ascendant, violences suivies de mutilation ou d'infirmité permanente commises en raison du sexe de la victime, entre autres qualifications qui peuvent s'appliquer aussi bien à une excision qu'à toute autre forme de violence intrafamiliale grave. Sur ce champ élargi, les condamnations comme infraction principale s'élèvent à vingt-cinq en 2020, vingt-sept en 2021, vingt-deux en 2022, trente-quatre en 2023 et vingt-sept en 2024 ; comptées au titre d'au moins une infraction, les chiffres montent à vingt-cinq, vingt-sept, vingt-deux, trente-cinq et vingt-huit sur les mêmes années.

Aucun de ces chiffres ne répond à la question posée à la Chancellerie : combien de ces condamnations concernent réellement une excision, et non une autre forme de violence grave sur enfant.

Une quarantaine de procès portés par une seule robe noire

Ce vide statistique ne signifie pas que la loi soit restée sans application. Les mutilations sexuelles féminines sont poursuivies en France au titre des violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, passibles de dix ans d'emprisonnement et de cent cinquante mille euros d'amende. La compétence extraterritoriale permet de juger une excision commise à l'étranger dès lors que la victime est française ou réside habituellement en France. La complicité - financement du voyage, recherche d'une exciseuse, paiement de l'acte - est punie des mêmes peines que l'acte lui-même.

Cet arsenal a une histoire judiciaire concrète, mais elle tient en grande partie à une seule personne. Linda Weil-Curiel, avocate au barreau de Paris, entreprit dès 1982 un premier effort d'envergure pour faire admettre que l'excision est criminelle et juger ses auteurs en cour d'assises - parvenant à faire comparaître des parents aux assises dès 1988, puis une exciseuse en 1991. Elle a plaidé dans plus de quarante affaires sur ce sujet, obtenant notamment la condamnation à de la prison ferme d'Hawa Gréou, reconnue coupable de quarante-huit mutilations.

La méthode qui a permis ces condamnations tient à un détail juridique précis : lorsque l'acte a lieu en France, les parents peuvent être poursuivis pour complicité matérielle - l'achat des billets, la recherche d'une exciseuse, le paiement. Ces éléments disparaissent lorsque le voyage, l'organisation et l'acte se déroulent tous à l'étranger. C'est très exactement cette catégorie de dossiers, purement extraterritoriale, que la Chancellerie reconnaît aujourd'hui ne pas pouvoir isoler dans ses statistiques.

Maître Weil-Curiel a estimé elle-même que les mutilations sexuelles auraient dû être plus sévèrement sanctionnées dès le départ - les peines avec sursis fréquemment prononcées ayant été assimilées, dans les familles concernées, à une forme de tolérance relative de la justice française.

Une chanson, une salle du Sénat, et un aveu sur la honte

Il existe, dans les archives d'une audition de la délégation aux droits des femmes du Sénat, une scène qui mérite d'être racontée plutôt que résumée. Ce jour-là, la délégation reçoit Coumba Touré, présidente du Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles, accompagnée d'Isabelle Gillette-Faye, ainsi que Linda Weil-Curiel, avocate de la Commission pour l'abolition des mutilations sexuelles, venue avec Issa Coulibaly - chanteur connu sous le nom de scène Bafing Kul, auteur d'un titre intitulé « Exciser, c'est mutiler ».

Isabelle Gillette-Faye rappelle ce jour-là que le Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles a été fondé en 1982 par des femmes françaises et africaines venues en particulier du Sénégal, du Mali et de Côte d'Ivoire - une généalogie qui situe géographiquement l'essentiel du travail associatif français de lutte contre l'excision en Afrique de l'Ouest, région distincte de la Corne de l'Afrique dont est originaire Ajak Deng, et qu'il serait erroné de confondre avec elle.

C'est dans cette même salle qu'Issa Coulibaly soulève un point que les statistiques ne mesurent jamais : beaucoup de jeunes filles de nationalité française, elles-mêmes victimes de l'excision, éprouvent un sentiment de honte qui les maintient dans le silence. Il explique chercher, à travers ses chansons, à susciter le débat avec les jeunes sur ce sujet, quitte à s'entendre reprocher de tenir des propos « occidentalisés ».

Cette phrase éclaire un angle mort du chiffre de dix-sept mille trois cent huit mineures protégées par l'Ofpra. La protection accordée par cet office est un mécanisme d'asile : elle repose sur le risque, en cas de retour, dans le pays dont la mineure a la nationalité étrangère. Elle cesse, par construction, dès que l'enfant devient française. Les filles déjà françaises au moment des faits n'entrent pas dans ce dispositif - elles relèvent du droit pénal et de sa compétence extraterritoriale, pensée précisément pour couvrir celles que l'Ofpra ne couvre pas.

Entre les deux mécanismes, un espace demeure. Ni l'Ofpra, dont la mission s'arrête à la nationalité étrangère, ni le casier judiciaire national, qui ne sait pas isoler l'excision des autres violences graves, ne permettent de dire combien de jeunes Françaises ont réellement subi une mutilation à l'étranger sans que cela ne débouche jamais sur une condamnation portant ce nom.

Ce qui pourrait suivre

Le scénario le plus probable est celui de la continuité du vide institutionnel, avec des ajustements de façade. La campagne #AlerteExcision sera reconduite l'été prochain - elle l'est chaque année depuis 2017 - et les chiffres de mineures protégées par l'Ofpra continueront de progresser mécaniquement. Mais tant que les outils statistiques de la Chancellerie ne permettront pas d'isoler les condamnations liées à des excisions commises à l'étranger, l'État ne saura pas mesurer ce qu'il prétend combattre. Le signal à surveiller : une réforme de l'outil Cassiopée permettant d'y rattacher la compétence extraterritoriale, ou une instruction du garde des Sceaux demandant un décompte spécifique par les parquets.

Un second scénario, moins probable mais plus structurant, verrait émerger une incrimination autonome de l'excision dans le code pénal - non plus comme infraction générique de violence, mais comme crime nommé, doté de ses propres codes et de ses propres statistiques. Plusieurs associations en font depuis des années une demande explicite. La résistance législative tient à une crainte de stigmatisation communautaire que les gouvernements successifs n'ont jamais voulu affronter ouvertement.

Un troisième scénario concerne la coopération judiciaire avec les pays où la pratique perdure - Mali, Sénégal, Guinée, Côte d'Ivoire. La Chancellerie n'a pas répondu sur ce point de façon substantielle dans sa réponse à L'Appel, se bornant à décrire le cadre juridique français. Ce silence est lui-même une information : il n'existe, à ce jour, aucun accord bilatéral de coopération judiciaire spécifiquement dédié à la poursuite de l'excision commise sur des ressortissantes françaises dans ces pays. Sans lui, la compétence extraterritoriale reste, pour l'essentiel, théorique.

Ce qui ne changera pas sans volonté politique explicite, c'est la position d'Ajak Deng dans ce système. Elle a cinquante ans. Elle vit en France depuis quatre ans. Elle a choisi un prénom d'emprunt pour pouvoir parler. Sa proche est repartie cet été avec sa fille de quinze ans vers le même geste, à quelques milliers de kilomètres de la France, pendant que mille abribus français rappelaient, au même moment, que l'excision ne doit jamais faire partie du voyage.

La loi française existe, documentée, chiffrée, dotée d'une peine de dix ans de prison et d'une compétence qui s'étend au-delà des frontières. Ce qui manque n'est pas le texte. C'est, entre le départ de l'avion et le retour de l'enfant, quelqu'un pour voir - et un État pour compter.

CE QUE LA LOI PERMET, CE QUE L'ÉTAT NE SAIT PAS MESURER

La mutilation sexuelle féminine est poursuivie en France au titre des violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente - dix ans d'emprisonnement, 150 000 euros d'amende.

La compétence extraterritoriale s'applique dès lors que la victime est française ou réside habituellement en France, y compris pour une excision commise à l'étranger.

Les logiciels Cassiopée et le casier judiciaire national ne permettent pas d'isoler les affaires relevant de cette compétence extraterritoriale - constat transmis par écrit par le bureau presse du ministère de la Justice à L'Appel.

Sur le champ restreint - les deux seules incriminations pénales spécifiques à l'excision - le nombre de condamnations comme infraction principale est de zéro chaque année de 2020 à 2024.

Les interdictions de sortie du territoire prononcées pour risque d'excision ne sont pas non plus dénombrables dans les bases de données du ministère.

Le chiffre de 139 000 femmes excisées vivant en France repose sur une extrapolation à partir des taux de prévalence dans les pays d'origine - aucun outil de comptage direct et continu n'existe.

Par Sana Seef • L'Appel · L'Appel
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