Elle se trouvait près de chez elle, dans le quartier de Wadi Salah, à l'est de Taëz. Une balle de sniper l'a atteinte. Elle a douze ans.
Un tir de sniper près d'un domicile, une maison bombardée au pied du Jabal Sabir, deux soldats tués sur le front, un porte-parole houthi qui revendique le blocus de dizaines de pétroliers saoudiens : une même journée yéménite, racontée depuis sept sources distinctes, aucune vérifiée de façon indépendante.
Une fillette de douze ans blessée par un tir de sniper
Selon des sources médicales, une fillette de douze ans a été blessée mercredi par un tir de sniper attribué à la milice houthie, alors qu'elle se trouvait près de son domicile dans le quartier de Wadi Salah, à l'est de la ville de Taëz. Aucun détail supplémentaire sur son état n'a été communiqué à ce stade.
Une maison bombardée au pied du Jabal Sabir
Le même mercredi soir, la milice houthie a visé une maison dans la zone d'Al-Arida, au pied du mont Al-Arous Sabir, dans le même gouvernorat. Le bombardement a provoqué l'effondrement de parties du toit et endommagé plusieurs biens à l'intérieur du logement, selon des habitants de la zone. Aucune victime n'a été signalée. Des images ont montré l'ampleur des dégâts causés à la maison, tandis que la milice continue de viser des zones résidentielles dans le gouvernorat, exposant les civils et leurs biens à un danger constant.
Un tissu politique appelle à une bataille décisive
Réuni mardi sous la présidence d'Ahmed Obeid ben Daghr, le Tissu national des partis et composantes politiques du Yémen a publié un communiqué affirmant que le pays se trouve au seuil d'une bataille qu'il qualifie de globale et décisive, destinée à mettre fin au coup de force houthi et à restaurer les institutions de l'État. Le texte appelle à un large ralliement national derrière la direction politique et les forces armées, sur l'ensemble des fronts.
Le tissu politique condamne l'escalade militaire menée par la milice houthie sur les fronts de Marib et de la côte ouest, la qualifiant de violation flagrante des efforts d'apaisement et de la solution politique. Il dénonce en particulier le bombardement du port de Mokha, des zones résidentielles et des rassemblements de déplacés, qualifiant ce comportement de barbare.
« La bataille ne prendra fin qu'avec la défaite du coup de force et le rétablissement de l'État »
- Tissu national des partis et composantes politiques
Le communiqué salue la résilience des forces armées et de la résistance nationale et populaire sur les différents fronts, renouvelle son soutien plein et entier au Conseil de direction présidentielle et à son président Rachad Al-Alimi, et dénonce ce qu'il présente comme de fausses accusations houthies sur un prétendu siège, alors que la milice, selon le texte, pratique elle-même un blocus réel en détournant les salaires des fonctionnaires depuis l'accord de Stockholm. Le tissu politique condamne également des pratiques qu'il qualifie d'arbitraires visant les femmes yéménites, arrestations et campagnes de dénigrement comprises.
Ce que revendique le porte-parole militaire houthi
De son côté, le porte-parole militaire du mouvement houthi, Yahya Saree, a diffusé mardi et mercredi deux déclarations distinctes revendiquant une campagne maritime de grande ampleur. Depuis l'annonce, le 20 juillet, d'une interdiction de navigation maritime visant les navires liés à l'Arabie saoudite, ses forces auraient ciblé huit pétroliers saoudiens, cinq en mer Rouge et trois dans le golfe d'Aden et la mer d'Arabie, et empêché le passage de quarante-huit autres navires pétroliers, contraints de rebrousser chemin - trente-quatre en mer d'Arabie et dans l'océan Indien, quatorze en mer Rouge. Ces chiffres, comme l'ensemble des revendications militaires houthies, proviennent exclusivement de la milice elle-même et n'ont fait l'objet, à ce stade, d'aucune confirmation indépendante, ni saoudienne ni de la part d'autorités maritimes internationales.
Saree revendique par ailleurs neuf opérations militaires menées contre Yanbu, Najran, Jizan, Abha et des installations pétrolières de la région orientale saoudienne, présentées comme une réponse à des frappes saoudiennes contre l'aéroport de Sanaa et le port de Hodeïda. Sa seconde déclaration, plus détaillée, revendique quatorze opérations supplémentaires contre des rassemblements militaires saoudiens à Al-Rawaik, Al-Abr, Al-Wadiah, Marib et Mokha, ainsi que contre des navires de transport, affirmant avoir coulé deux navires de débarquement militaires et plus de dix embarcations armées près de Mokha, et faire des centaines de morts et de blessés , officiers saoudiens compris.
« Toute escalade saoudienne sera affrontée par une escalade totale »
- Yahya Saree, porte-parole militaire houthi
Deux soldats tués sur les fronts de Taëz
Sur le terrain, deux soldats des forces gouvernementales ont été tués mardi soir dans deux attaques distinctes attribuées à la milice houthie sur les fronts du gouvernorat de Taëz. Selon des sources militaires, le soldat Marzouq Abdullah Al-Makzami, de la brigade Al-Nasr, est mort dans une frappe de drone visant une position militaire sur le front d'Al-Kadha, dans le district d'Al-Maafer, à l'ouest de Taëz. Le soldat Ziyad Mohammed Hamoud Fare Al-Huraibi, de la 35e brigade blindée, est quant à lui mort lors d'affrontements sur le front d'Al-Solw, au sud-est du gouvernorat.
En parallèle, les forces gouvernementales ont annoncé avoir mené des frappes de drones contre des positions avancées, des centres de commandement et des salles d'opérations houthies sur le front d'Al-Solw, notamment dans les secteurs de Naqil Al-Solw et du village d'Al-Rafsa, revendiquant des impacts directs et des pertes dans les rangs adverses. Le front de Taëz a par ailleurs annoncé avoir déjoué, en l'espace de vingt-quatre heures, deux tentatives d'infiltration distinctes, l'une sur le front d'Al-Onein dans le district de Jabal Habashi, l'autre sur le front d'Al-Qasr, à l'est de la ville.
Des missiles balistiques sur les villages de Maqbana
Mardi soir, deux missiles balistiques tirés par la milice houthie depuis des zones sous son contrôle à Al-Hawban se sont abattus sur le district de Maqbana, à l'ouest de Taëz, sans faire de victimes : l'un dans la zone de Naqil Al-Harbi, l'autre sur la salle de prière d'un village. Un troisième missile, selon des sources locales tiré depuis la province d'Ibb ou le district de Sharaab en direction de la ville de Mokha, a manqué sa cible présumée pour s'abattre sur la maison d'un habitant, Abdullah Ahmed Al-Jabari, dans le village d'Al-Akama, en zone sous contrôle houthi. La maison a été largement détruite et plusieurs têtes de bétail tuées, sans perte humaine recensée.
La Résistance nationale accuse l'Iran de viser Bab el-Mandeb
Le porte-parole de la Résistance nationale, le général Sadek Doweid, a affirmé sur X que le régime iranien cherchait à étrangler l'économie mondiale en aggravant la crise énergétique, et qu'il intensifiait pour cette raison ses attaques contre la côte ouest du Yémen. Selon lui, le Corps des gardiens de la révolution islamique garde les yeux fixés sur le détroit de Bab el-Mandeb et les îles yéménites stratégiques, dans le but d'en contrôler la navigation. Il présente les forces de la Résistance nationale comme la ligne de front face à ces menaces contre la sécurité de la mer Rouge et la liberté du commerce mondial.
Les Géants du Sud font une démonstration inédite de drones
Enfin, les forces des Géants du Sud, dirigées par Abou Zareh Al-Mahrami, membre du Conseil de direction présidentielle, ont organisé pour la première fois une manœuvre présentant leurs capacités en matière de drones, de systèmes de défense aérienne et de radars. L'exercice, diffusé en vidéo sur leurs canaux officiels, a mis en scène plusieurs types d'appareils : des drones à décollage et atterrissage verticaux, des modèles de reconnaissance à courte portée à double mode de propulsion, ainsi que des drones tactiques de reconnaissance et d'attaque à quatre hélices de type FPV.






