Un premier bilan de six morts, corrigé en trois. Une vidéo montrant l'appareil partir en vrille à quelques secondes du sol. Et un jeune couple britannique qui ne rentrera pas de son voyage de noces.
Dix-huit heures dix-sept. Une île des Cyclades, un point d'atterrissage à peine visible plus bas, et un hélicoptère qui se met soudain à tourner sur lui-même.
Un lundi soir sur Sifnos, à trente mètres de l'arrivée
Le soleil décline encore sur Sifnos, l'une des îles des Cyclades prisées pour leurs criques et leurs villages blancs, quand un petit hélicoptère privé amorce sa descente vers le point d'atterrissage de l'île, dans le secteur de Tholos. À bord, un couple britannique tout juste marié, en route pour la première étape de son voyage de noces, et le pilote grec aux commandes de l'appareil. Il est dix-huit heures dix-sept, ce lundi, quand tout bascule : à moins de trente mètres du sol qu'il devait toucher, l'hélicoptère perd le contrôle et s'écrase, à quelques mètres seulement des premières habitations.
Un premier bilan erroné, vite corrigé
Dans les minutes qui suivent la catastrophe, la confusion domine autant que l'émotion. Plusieurs médias évoquent d'abord six victimes. Le chiffre, largement repris, s'avère faux : selon les pompiers grecs, l'appareil ne transportait que trois personnes, et les trois sont mortes. L'erreur initiale, rapidement corrigée par les rédactions concernées, illustre la difficulté à établir des faits fiables dans les premières heures suivant un accident de ce type - une prudence que L'Appel applique également à l'identité des victimes, dont la confirmation officielle n'était toujours pas intervenue au moment de la publication de cet article.
Un voyage de noces qui devait s'achever sur une île des Cyclades
Le couple britannique, selon les informations recueillies par des médias grecs, avait réservé une chambre sur l'île pour y poursuivre son voyage de noces. L'hélicoptère aurait décollé de la région de Markopoulo, en Attique, avant de mettre le cap sur Sifnos - un trajet privé, pensé pour raccourcir la distance entre Athènes et l'île, plutôt qu'un vol au-dessus de la mer au moment du drame : l'accident s'est produit au sol, lors de l'approche finale, et non en pleine traversée maritime. Le pilote, décrit comme expérimenté et déjà retraité de l'aviation, était père de trois enfants adultes.
Une vidéo qui montre l'appareil partir en vrille
C'est une image qui circule depuis l'accident et qui concentre, à elle seule, l'essentiel des interrogations : quelques secondes avant l'impact, l'hélicoptère se met à tourner sur lui-même de façon anormale, comme s'il avait perdu toute stabilité directionnelle. Cette rotation incontrôlée évoque, pour plusieurs observateurs, une défaillance du rotor de queue - l'organe qui empêche justement un hélicoptère de se mettre à tournoyer sur son propre axe. Il ne s'agit toutefois, à ce stade, que d'une hypothèse tirée de l'observation d'un enregistrement, non d'une conclusion d'enquête.
« Un bruit inhabituel, puis de la fumée, quelques secondes avant l'impact »
Ce qu'ont vu et entendu les témoins au sol
Le maire adjoint de l'île, cité par le journal grec LiFO, rapporte que des témoins ont entendu un bruit sortant de l'ordinaire juste avant l'accident, puis aperçu de la fumée. Ce témoignage recoupe l'image de l'appareil en perte de contrôle, sans pour autant permettre d'en déduire la cause exacte : un bruit inhabituel et de la fumée peuvent accompagner plusieurs types de défaillance mécanique, et rien à ce stade ne permet d'en isoler une seule.
Trois corps retrouvés après l'incendie
Après l'impact, l'appareil a pris feu. Les équipes de secours, dépêchées sur place, ont dû d'abord maîtriser les flammes avant de pouvoir accéder à la carlingue : elles y ont découvert trois corps carbonisés. Les autorités ont confirmé que les trois occupants de l'hélicoptère avaient péri. Le site de l'accident se trouvait à proximité immédiate d'habitations, sans qu'aucun rapport ne fasse état, à ce jour, de blessés ou de dégâts parmi les riverains.
Une tentative de fuite, jamais confirmée
Un média grec a rapporté, en citant des informations recueillies sur les lieux, qu'une des trois personnes aurait tenté de sortir de l'appareil après le crash ou pendant l'incendie, sans y parvenir. Cette information n'a fait l'objet, à ce jour, d'aucune confirmation indépendante par une autre source ; L'Appel choisit donc de la mentionner avec la prudence qu'elle impose, plutôt que de la présenter comme un fait établi.
Ce que l'enquête ne sait pas encore
La cause exacte du crash reste, à l'heure où ces lignes sont écrites, entièrement ouverte. Plusieurs hypothèses coexistent sans qu'aucune ne soit privilégiée par une conclusion officielle : une défaillance mécanique, en particulier du rotor de queue, suggérée par la vidéo de la rotation anormale ; une erreur ou une perte de contrôle pendant la phase d'approche finale ; ou toute autre cause qu'un examen approfondi de l'épave pourrait encore révéler. L'agence Associated Press confirme elle-même que la cause de l'accident n'était pas déterminée au moment de ses propres vérifications. L'enquête se poursuit.






