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Écosse : une mère a tué sa fille âgée de 3 mois

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Dahlia-Rose Gartshore avait trois mois quand elle est morte dans un appartement de Peterhead. Le 14 août 2026, une cour écossaise a mis six ans de prison sur ce silence.

Le 30 septembre 2023, à Peterhead, dans l'Aberdeenshire, une petite fille de treize semaines est morte d'hyperthermie après avoir été exposée pendant une durée pouvant atteindre une heure à la chaleur d'un sèche-cheveux. Sa mère, Courtney Gartshore, 28 ans, a été condamnée ce vendredi 14 août 2026 à six ans de prison pour homicide coupable. Le tribunal n'a pas retenu l'intention de tuer. Il a retenu quelque chose de plus difficile à nommer.

Il était environ quatre heures du matin quand Courtney Gartshore a poussé la porte de son appartement de King Street, à Peterhead. Elle était sortie la veille au soir rejoindre des amis et des voisins. Les éléments portés à la connaissance du tribunal montraient qu'elle avait consommé une quantité significative d'alcool et n'était rentrée chez elle qu'aux alentours de quatre heures du matin. Dahlia-Rose l'avait accompagnée pendant toute cette période. Treize semaines. Un nourrisson qu'elle seule avait la charge de protéger.

Ce que le tribunal a reconstitué des heures suivantes ressemble moins à un acte qu'à une absence. Les éléments de preuve suggéraient que Gartshore avait allumé le sèche-cheveux, l'avait positionné près de l'enfant et l'avait laissé fonctionner pendant au moins vingt minutes - et peut-être jusqu'à une heure. Le sèche-cheveux a été retrouvé branché sur une prise électrique à côté du lit. L'enfant dormait dans le lit de sa mère, non dans son propre berceau, lequel servait à stocker des affaires. Des avertissements sur les dangers du co-sleeping avaient déjà été formulés par des professionnels de santé.

Les brûlures couvraient environ 18 % de la surface corporelle de l'enfant - la tête, le visage, le cou, le haut du corps, le bras droit. Elles étaient graves et défigurantes. Mais les experts ont conclu qu'elles auraient pu, à elles seules, être compatibles avec une survie.

Ce détail change tout à la lecture de cette affaire. Dahlia-Rose n'est pas morte des brûlures. La position de l'expert de l'accusation était que la cause probable du décès résidait dans l'hyperthermie et le coup de chaleur, plutôt que dans les brûlures elles-mêmes. Son corps de treize semaines n'a pas résisté à l'élévation de sa température centrale. La chaleur a eu le temps de faire son travail. Longtemps.

Vers neuf heures quarante, Courtney Gartshore a composé le 999. Elle a dit qu'elle s'était réveillée et avait trouvé sa fille morte. Elle n'a pas mentionné le sèche-cheveux. Les secours arrivés sur place ont trouvé un état si grave que le décès a été constaté sur les lieux, sans transfert possible. Ce que le juge a relevé en outre, dans son jugement de condamnation rendu le 16 juillet 2026 par le jury de la Haute Cour d'Aberdeen, c'est ce qui s'était passé avant l'arrivée des secours : Gartshore avait sorti le corps de sa fille de la chambre et l'avait placé sur le balcon de l'appartement. Le tribunal a estimé qu'elle savait alors que l'enfant était déjà morte, et a considéré ce geste comme une tentative de dissimuler son rôle dans ce qui venait de se produire.

Le jury a été épargné de la vision des photographies des blessures. Il lui a fallu un peu plus d'une heure de délibération pour rendre un verdict unanime.

La défense avait tenté une autre voie. Elle avait soutenu que Dahlia-Rose était peut-être déjà morte d'une autre cause soudaine et inexpliquée avant d'avoir été exposée au sèche-cheveux - un argument que le jury a rejeté. L'expert de la médecine légale, Esther Combe, avait par ailleurs signalé qu'une substance blanche durcie retrouvée sur l'embout de l'appareil avait fourni un profil ADN correspondant à celui de Dahlia-Rose, et que de l'ADN de la mère se trouvait également sur l'appareil. Les experts n'ont pas pu déterminer avec certitude si l'embout avait directement touché la peau de l'enfant ou une surface en portant des traces. Cet élément n'a pas été décisif à lui seul, mais il s'est ajouté à un ensemble que le jury n'a pas démêlé pendant longtemps.

Gartshore a maintenu qu'elle n'avait aucun souvenir d'avoir utilisé le sèche-cheveux sur son bébé. Elle n'a fourni aucune explication aux enquêteurs ni au travailleur social chargé d'évaluer sa situation. Le juge Simon Collins KC n'a pas été convaincu par cette version.

Ce vendredi 14 août 2026, à la Haute Cour d'Édimbourg, le même juge a prononcé la peine. Condamnant Gartshore, le juge Simon Collins KC lui a déclaré qu'elle avait infligé des brûlures « graves et défigurantes » à sa fille, et a qualifié l'affaire de « cas d'une singularité profondément troublante et douloureuse ».
Le juge a reconnu que Gartshore n'avait pas eu l'intention de blesser ni de tuer son enfant, mais a estimé qu'elle était coupable au « degré le plus élevé » de négligence. Il a ajouté qu'il « aurait dû être évident » que Dahlia-Rose était en « état de détresse et de douleur sévères ». La qualification retenue, le culpable homicide en droit écossais - notion proche de l'homicide involontaire par imprudence grave - reposait non sur un acte délibéré, mais sur ce que le tribunal a décrit comme une violation extrême des devoirs élémentaires d'un parent.
Le juge a déclaré qu'« il était manifeste que l'accusée n'acceptait pas pleinement sa culpabilité, malgré le verdict unanime du jury », et qu'il ne pouvait « donc pas considérer qu'elle avait encore exprimé des remords sincères pour ce qu'elle avait fait ».

La défense avait présenté des éléments atténuants : des antécédents de traumatismes durant l'enfance, des problèmes de santé mentale, des surdoses et des épisodes d'automutilation, un soutien social limité, et la charge d'un enfant plus âgé. Depuis la mort de Dahlia-Rose, Gartshore avait tenté de mettre fin à ses jours. Le juge a reconnu ces éléments comme des facteurs atténuants, sans pour autant y voir une justification de ce qui s'était produit.

Gartshore a comparu via liaison vidéo, en uniforme de prison bleu marine. Elle a pleuré et semblait visiblement émue tout au long de l'audience de condamnation.

La peine prononcée est de six ans d'emprisonnement, rétroactivement comptée à partir du 16 juillet 2026, date à laquelle elle avait été placée en détention après sa condamnation. Depuis son placement en détention, son avocat a indiqué qu'elle passait environ vingt-trois heures par jour en cellule, mesure prise pour assurer sa propre sécurité.

Dahlia-Rose Gartshore avait treize semaines. Elle pesait le poids d'un nourrisson, la dépendance absolue d'un être qui ne peut ni appeler ni fuir. Le tribunal n'a pas dit que sa mère l'a tuée par intention. Il a dit qu'elle l'a laissée mourir par imprudence d'un degré que la loi ne peut pas ne pas nommer. La différence est juridique. Pour l'enfant, elle ne change rien.

CE QUE DIT LE DROIT ECOSSAIS

Le culpable homicide (culpable homicide) est la qualification juridique écossaise la plus proche de l'homicide involontaire par imprudence grave.

Elle s'applique lorsqu'un décès résulte d'une conduite délibérée mais sans intention de tuer, ou d'une négligence d'une gravité telle qu'elle engage la responsabilité pénale.

Dans cette affaire, le tribunal n'a pas établi que Courtney Gartshore voulait tuer sa fille. Il a retenu qu'elle l'avait exposée à un danger extrême, de manière imprudente et gravement irresponsable, et que cela avait entraîné sa mort.

La peine maximale théorique pour un culpable homicide en Écosse est la réclusion à vie. La peine de six ans prononcée tient compte à la fois des facteurs aggravants - l'âge du nourrisson, sa dépendance totale, la consommation d'alcool, la tentative de dissimulation, l'absence de remords manifestes - et des facteurs atténuants retenus par le juge.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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