Elle a sauté du troisième étage de son appartement à Caluire-et-Cuire, lors d'une soirée entre amis.
Minuit moins quelques minutes: c'est l'heure où les secours ont été appelés grande rue de Saint-Clair, à Caluire-et-Cuire.
Une soirée qui bascule
Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août, une policière adjointe de 22 ans a tenté de mettre fin à ses jours en sautant par la fenêtre de son appartement, situé au troisième étage d'un immeuble de la grande rue de Saint-Clair, à Caluire-et-Cuire, commune au nord de Lyon, à deux pas du Rhône. Elle recevait ce soir-là plusieurs amis chez elle pour une soirée.
Les secours, alertés peu avant minuit, l'ont transportée en urgence absolue à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon. Son pronostic vital était initialement engagé; il ne l'est aujourd'hui plus, selon les informations recueillies par Le Figaro et Radio Scoop auprès d'une source policière.
Une première alerte, trois semaines plus tôt
La jeune femme exerce comme policière adjointe au sein de la CRS 45, unité basée à Chassieu, dans la métropole lyonnaise, où elle est affectée au service autoroutier. Ce n'est pas la première fois que les secours interviennent à son domicile: environ trois semaines avant les faits du 10 août, elle avait déjà fait une tentative similaire, à la même adresse, selon des informations obtenues par Actu Lyon.
Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances précises de cette nuit du 10 au 11 août. Rien, dans les éléments rendus publics à ce stade, n'indique l'intervention d'un tiers: les faits sont qualifiés de tentative de suicide. Une source proche du dossier évoque des "problèmes personnels", sans qu'aucune précision officielle n'ait été communiquée sur leur nature - une réserve que nous choisissons de respecter, plutôt que de nous livrer à des suppositions.
Un mal-être documenté, au-delà d'un cas isolé
Cet événement s'inscrit dans un phénomène plus large que plusieurs études récentes ont mis en chiffres. Le baromètre santé de la Mutuelle générale de la police (MGP), réalisé avec le think tank CRAPS, établit qu'un quart des policiers interrogés ont déjà connu des pensées suicidaires, et que près de quatre sur dix se disent en détresse psychique. Sur les vingt-cinq dernières années, plus de 1 100 policiers se sont donné la mort en France, soit environ 44 par an en moyenne - un taux supérieur de près de moitié à celui observé dans le reste de la population active.
« Un quart des policiers interrogés ont déjà connu des pensées suicidaires, et près de quatre sur dix se disent en détresse psychique. »
Les chiffres les plus récents, cités dans un amendement examiné au Sénat, font état de 27 agents de police morts par suicide en 2024, et d'au moins 16 en 2025. Face à cette réalité, le service de soutien psychologique opérationnel de la police ne compte, selon les mêmes travaux parlementaires, que 82 psychologues pour environ 150 000 agents.






