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À Besançon, le ciel s’assombrira mercredi pour la première fois depuis 1999

La voix de ceux qui n'ont pas de voix
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Une éclipse partielle mais spectaculaire, un ciel occulté à plus de 90 %, et des routes sous surveillance.

Vingt heures dix-neuf: c'est l'instant où, mercredi, plus de neuf dixièmes du Soleil disparaîtront au-dessus de Besançon.

Un phénomène inédit depuis 1999

Mercredi 12 août, en fin d'après-midi, la Lune commencera à mordre le disque solaire au-dessus de la France entière. L'éclipse sera partielle sur tout le territoire métropolitain - la bande de totalité, elle, traverse l'Arctique, le Groenland, l'Islande, puis le nord de l'Espagne jusqu'aux Baléares, où le Soleil disparaîtra complètement pendant près de deux minutes. En France, le taux d'occultation variera fortement selon la région: de 90 % environ dans le Nord jusqu'à 99,5 % à Biarritz, dans le Sud-Ouest, où le spectacle promet d'être vertigineux au coucher du Soleil.

Aucune éclipse de cette ampleur n'a été visible en France depuis le 11 août 1999. La prochaine occasion comparable n'arrivera qu'en 2081 - une génération entière séparera ces deux rendez-vous avec le ciel.

À Besançon, rendez-vous à la Malcombe

Dans le Doubs, l'occultation atteindra environ 92 % - les mesures publiées varient légèrement entre 91,8 % et 93 % selon les sources, un écart qui tient aux modèles de calcul plutôt qu'à une véritable incertitude. Le premier contact entre la Lune et le Soleil est attendu à 19h25, le maximum de l'éclipse à 20h19, quelques minutes avant le coucher du Soleil prévu à 20h53.

La Ville de Besançon, en partenariat avec l'Association Astronomique de Franche-Comté, organise une soirée d'observation publique et gratuite sur le site de la Malcombe, au complexe sportif Michel-Vautrot, à partir de 19h. L'association, qui a mené une répétition avec observation du Soleil dès le 10 août, prévoit d'accueillir jusqu'à 500 personnes, qui pourront observer le phénomène aux télescopes spécialement filtrés mis à leur disposition. Une projection de l'éclipse sur un drap est également prévue pour permettre une observation collective sans lunettes individuelles. Des lunettes certifiées seront distribuées gratuitement par la Ville, dans la limite des stocks disponibles.

"Ça va être spectaculaire", résume Pierre Martin, président de l'Association Astronomique de Franche-Comté, qui souligne que le Soleil sera occulté à un degré rarement atteint lors des éclipses observées habituellement depuis la région.

D'autres points de vue dans la ville

La municipalité recommande aux Bisontins qui ne participeraient pas à la soirée organisée de choisir un point de vue dégagé vers l'ouest, le Soleil se couchant partiellement éclipsé. Le belvédère de Montfaucon et la Citadelle de Besançon figurent parmi les sites identifiés comme particulièrement favorables à l'observation, grâce à leur horizon largement ouvert.

L'événement survient alors que la région reste sous vigilance canicule, et qu'ATMO Bourgogne-Franche-Comté a signalé une dégradation de la qualité de l'air depuis mardi - un facteur supplémentaire qui pourrait, selon les conditions du jour, affecter la clarté du ciel au moment de l'observation.

Paris et l'Île-de-France à l'heure de l'éclipse

Dans la capitale, l'éclipse débutera vers 19h20, atteindra son maximum à 20h20 et s'achèvera aux alentours de 21h10, avec un taux d'occultation annoncé entre 90 et 93 % selon les sources. La Ville de Paris ouvre vingt parcs et jardins aux observations astronomiques jusqu'au 5 septembre, dont le parc André-Citroën, où l'Association française d'astronomie installera son matériel dès 19h pour une soirée gratuite sans inscription, prolongée après le coucher du Soleil par l'observation de la Lune et du ciel profond aux télescopes.

D'autres rendez-vous parisiens complètent l'offre: le belvédère de la Philharmonie, ouvert dès 18h30 avec distribution gratuite de lunettes, les pelouses des Invalides, la place de la Concorde, ou encore l'Arc de Triomphe pour un panorama à 360 degrés. La Ville de Paris précise toutefois qu'elle ne distribuera pas elle-même de lunettes de protection sur l'ensemble de ces sites.

La consigne qui ne souffre aucune exception

Le ministère de l'Économie, via la DGCCRF, a publié une mise en garde officielle: regarder le Soleil directement, même largement masqué par la Lune, peut provoquer une lésion rétinienne grave, indolore sur le moment et potentiellement irréversible. Seules des lunettes conformes à la norme ISO 12312-2:2015 permettent une observation directe sans danger - les lunettes de soleil classiques, les filtres de fortune, les pellicules photo ou les lunettes de cinéma 3D ne protègent pas les yeux.

La Société astronomique de France insiste également sur un point souvent ignoré: les lunettes conservées depuis l'éclipse de 1999 ne doivent pas être réutilisées, leurs filtres pouvant s'être détériorés avec le temps. Toute paire achetée doit porter le marquage CE, la référence complète de la norme ISO, des instructions en français, ainsi que les coordonnées du fabricant et du distributeur. Les lunettes doivent rester dans leur emballage jusqu'au moment de l'observation, et être retirées uniquement après avoir détourné le regard du Soleil.

Le vrai danger n'est pas dans le ciel

Un risque moins spectaculaire mais statistiquement documenté concerne la route. Une étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, portant sur l'éclipse totale américaine de 2017, a mesuré une hausse de 31 % des accidents mortels dans les trente-six heures entourant le phénomène, avec des pics de sur-risque proches de 50 % dans les heures qui suivent l'événement - lorsque des milliers de conducteurs reprennent la route presque simultanément, l'attention encore happée par ce qu'ils viennent de voir.

Les recommandations de sécurité routière pour mercredi tiennent en quelques règles simples: ne jamais porter de lunettes d'éclipse au volant, leurs filtres opaques rendant la chaussée invisible, allumer ses feux de croisement pour compenser la baisse soudaine de luminosité, éviter tout arrêt sauvage sur le bas-côté ou la bande d'arrêt d'urgence, et prévoir une marge de temps avant et après l'observation plutôt que de reprendre la route immédiatement.

Une nuit à prolonger

Pour ceux qui voudront garder les yeux tournés vers le ciel après le coucher du Soleil, la nuit du 12 au 13 août correspond au maximum des Perséides, la pluie d'étoiles filantes la plus suivie de l'été. La Lune, nouvelle ce jour-là, n'éclairera pas le ciel nocturne - des conditions d'observation jugées particulièrement favorables pour repérer, loin des lumières de la ville, plusieurs dizaines de météores par heure.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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