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À Bangui, l’ambassadeur de France visé par une très lourde procédure disciplinaire

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Le Quai d'Orsay confirme une enquête après la révélation d'une trentaine de visites féminines dans la résidence officielle.

Une quinzaine de visites par mois, pendant plus de deux ans: c'est ce qu'a découvert l'inspection envoyée à Bangui.

Ce que confirme le Quai d'Orsay

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé mardi 11 août avoir engagé une procédure disciplinaire contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en République centrafricaine. "À l'initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026. Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l'encontre de l'ambassadeur", a indiqué le Quai d'Orsay à l'AFP, sans donner davantage de détails à ce stade.

La sanction encourue peut aller du simple blâme à la radiation de la fonction publique, en passant par la mise à la retraite d'office - un éventail qui donne la mesure de la gravité potentielle du dossier, même si l'issue de la procédure reste, pour l'heure, incertaine.

Ce que révèle Le Canard enchaîné

C'est un article à paraître ce mercredi dans Le Canard enchaîné qui a mis le feu aux poudres. L'hebdomadaire affirme que Bruno Foucher a reçu dans ses appartements privés, au sein de la résidence officielle de France à Bangui, une trentaine de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, entre janvier 2024 et mars 2026 - soit une quinzaine de visites par mois en moyenne.

Ce sont ces allées et venues répétées qui auraient fini par alerter les services chargés de la protection de la résidence, au point de faire remonter une véritable question de sécurité diplomatique. Le ministère, une fois informé, a dépêché une mission d'inspection à Bangui en avril - c'est cette inspection qui a débouché sur l'ouverture de la procédure disciplinaire annoncée cette semaine.

Le journal, qui affirme avoir eu accès au rapport d'inspection, ajoute que l'ambassadeur aurait donné instruction pour que l'une de ces jeunes femmes puisse séjourner sur place en son absence. Interrogé à deux reprises par les inspecteurs, Bruno Foucher aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux d'entre elles.

« Une trentaine de jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans, entre janvier 2024 et mars 2026 - soit une quinzaine de visites par mois en moyenne. »

L'ambassadeur conteste une partie des accusations

Bruno Foucher ne reste pas silencieux face à ces révélations. Selon des informations recueillies par Africa Radio, le diplomate conteste certaines des accusations rapportées par la presse, sans que l'on sache à ce stade lesquelles précisément. Cette contestation partielle s'ajoute à un dossier où, par construction, l'enquête administrative et la procédure disciplinaire encore en cours n'ont pas vocation à établir une vérité judiciaire, mais à apprécier un manquement aux obligations de la fonction.

Bruno Foucher n'est pas un diplomate débutant. Né en 1960, formé à l'École nationale d'administration, il a occupé plusieurs postes d'ambassadeur avant Bangui: au Tchad de 2006 à 2010, en Iran de 2011 à 2016, avant de présider l'Institut français puis de représenter la France au Liban de 2017 à 2020. Cette longévité dans la carrière rend d'autant plus sensible, pour le Quai d'Orsay, la question de savoir comment une telle situation a pu perdurer plus de deux ans avant d'être détectée.

Un contexte diplomatique particulièrement sensible

L'affaire tombe à un moment délicat pour la relation franco-centrafricaine. La Centrafrique reste un pays où la Russie conserve une influence considérable, notamment via le groupe paramilitaire Wagner, toujours chargé d'assurer la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra. Les autorités françaises et plusieurs experts accusent régulièrement Moscou d'attiser l'hostilité envers la France dans divers pays africains, en particulier par des manœuvres informationnelles sur les réseaux sociaux.

Or les relations entre Paris et Bangui, longtemps dégradées à mesure que grandissait l'influence russe, connaissaient depuis 2024 un net réchauffement. En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'était rendu à Bangui - la première visite française de haut niveau dans le pays depuis 2018 - pour saluer ce qu'il avait qualifié de "restauration complète des relations" entre les deux capitales. Une affaire de cette nature, touchant directement le représentant personnel de la France sur place, risque de fragiliser ce début de normalisation, dans un pays où chaque faux pas occidental offre une prise supplémentaire aux discours hostiles à la présence française.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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