Une vitre baissée, un cri d'Allah Akbar, trois lames sur un seul homme : récit d'une interpellation que l'adjoint à la sécurité qualifie lui-même d'extrêmement difficile.
Il n'était pas encore 18 heures, ce lundi, quand une patrouille de police municipale a croisé la route d'un homme qui gesticulait au milieu de la rue d'Austerlitz, en plein cœur du quartier Wilson à Toulouse. Quelques secondes plus tard, deux agents luttaient pour leur vie contre un individu armé de trois couteaux, dont l'un scandait le nom de Dieu en arabe à chaque coup porté.
Une vitre baissée, un premier coup de lame
Selon le récit livré par l'adjoint à la sécurité de Toulouse, Emilion Esnault, l'homme s'est d'abord jeté sur le véhicule de patrouille en gesticulant. L'un des deux agents, installé côté passager, a alors abaissé sa vitre, un geste ordinaire de tout policier confronté à un individu en détresse apparente. C'est à cet instant précis que l'assaillant a porté un premier coup vers l'habitacle, armé d'un objet s'apparentant à un couteau à huîtres.
Les deux fonctionnaires sont sortis du véhicule pour tenter de maîtriser l'homme. Ce qui suit, l'adjoint à la sécurité le résume en une phrase : l'interpellation a été extrêmement difficile. Les policiers sont parvenus à s'emparer d'un premier couteau, avant de découvrir que l'homme en dissimulait deux autres sur lui.
« Allah Akbar » à plusieurs reprises
Pendant la lutte, l'individu aurait crié à plusieurs reprises la formule Allah Akbar, selon les informations recueillies par l'adjoint à la sécurité. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a confirmé sur les réseaux sociaux que des propos à caractère terroriste avaient également été signalés durant l'agression, sans autre précision à ce stade sur leur teneur exacte.
Le gilet pare-balles de l'un des deux agents, une policière, portait la trace d'une large entaille au niveau du flanc. Son collègue s'en est sorti avec la pointe du couteau ayant touché son cou, à quelques millimètres de la carotide. Tous deux n'ont finalement été atteints que par des coupures aux bras, un bilan que l'adjoint à la sécurité qualifie lui-même de bien moins lourd qu'il n'aurait pu l'être.
« Mon sentiment, c'est qu'il était déterminé à commettre un meurtre sur nos agents. »
Maîtrisé à la bombe lacrymogène
C'est finalement une bombe lacrymogène qui a permis aux policiers municipaux de maîtriser leur agresseur. L'homme, blessé lors de son interpellation, a été transporté à l'hôpital, tout comme les deux agents, pris en charge au CHU de Rangueil. Ses motivations exactes restent, à ce stade, à déterminer.
Le maire de Toulouse a adressé, dans la soirée, un message de soutien aux deux fonctionnaires, à leurs familles et à leurs collègues, leur souhaitant un prompt rétablissement. Le syndicat Alliance Police nationale a de son côté salué sur les réseaux sociaux le courage des deux agents, estimant que c'est aussi ce que représente l'uniforme, l'ordre, la loi, l'autorité, qui a été visé à travers cette attaque.
Un périmètre bouclé, une enquête à deux vitesses
Un périmètre de sécurité a été déployé autour de la rue d'Austerlitz le temps des premières constatations. Le parquet de Toulouse s'est saisi du dossier dès les premières heures. Sollicité en raison des propos à caractère terroriste rapportés par les autorités municipales, le parquet national antiterroriste n'avait, au moment de la publication, pas encore donné suite.
Cette attaque au couteau contre des représentants de l'ordre s'inscrit dans une série d'agressions similaires qui ont endeuillé la France ces dernières années, y compris à plusieurs centaines de kilomètres de Toulouse. En février 2025, un attentat au couteau avait déjà visé des policiers sur un marché de Mulhouse, faisant un mort parmi les civils et deux blessés graves parmi les forces de l'ordre. Deux agents municipaux toulousains rentreront, eux, chez eux ce soir, avec des cicatrices qui, à quelques millimètres près, auraient pu raconter une tout autre histoire.






