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Éclipse du 12 août : 91,8 % du Soleil occultés à Besançon, 92,1 % à Paris et jusqu’à 99,5 % à Biarritz

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Un mercredi soir, le ciel comtois va s'assombrir sans jamais basculer dans la nuit. Voici tout ce qu'il faut savoir pour ne rien manquer, sans y laisser sa vue.

Ce mercredi 12 août, en toute fin de journée, la Lune viendra grignoter le disque solaire au-dessus de Besançon jusqu'à en effacer 91,8 %. Ce sera l'éclipse la plus spectaculaire observable depuis la ville depuis 1999. Elle ne sera pourtant pas totale, ni ici, ni nulle part ailleurs en France. Voici pourquoi, et comment la regarder sans y laisser sa rétine.

Ce que Besançon va vraiment voir

Le premier contact entre la Lune et le Soleil aura lieu vers 19h25. Le phénomène s'accélérera ensuite progressivement : 2,3 % du disque solaire seront masqués vers 19h29, 43,1 % vers 19h54, puis 80,4 % aux alentours de 20h11. Le maximum, à 91,8 %, sera atteint à 20h19, quelques minutes seulement avant le coucher du Soleil, prévu vers 20h53. La fin de la phase visible interviendra aux alentours de 21h10.

Ce chiffre de 91,8 % mesure la part de la surface du disque solaire recouverte par la Lune, ce que les astronomes appellent l'occultation. Un second indicateur, la magnitude, mesure quant à lui la fraction du diamètre solaire couverte : elle s'élèvera à 0,928 au moment du maximum à Besançon. Ce sont deux mesures différentes d'un même phénomène, et c'est de leur confusion que proviennent la plupart des écarts entre les chiffres publiés d'une source à l'autre.

Le paramètre le plus contraignant, à Besançon, ne sera pourtant ni l'un ni l'autre. Au moment du maximum, le Soleil ne culminera qu'à 4,5 degrés au-dessus de l'horizon, en direction de l'ouest-nord-ouest, à un azimut de 287 degrés. Pour se représenter cette hauteur : un poing fermé, bras tendu vers le ciel, couvre environ 10 degrés. Le Soleil, ce soir-là, se tiendra à moins d'un demi-poing au-dessus de la ligne d'horizon.

Pourquoi ce n'est pas une éclipse totale

Le cône d'ombre complet de la Lune, celui qui efface entièrement le Soleil, ne touchera la France à aucun moment. Il traversera l'Atlantique nord avant d'aborder l'Espagne par la côte cantabrique, puis de balayer le nord et le centre du pays voisin, de la région d'Oviedo à Saragosse, jusqu'aux Baléares. Sous cette bande étroite, large de moins de 300 kilomètres, la totalité durera au maximum une minute et quarante-huit secondes.

En France, où que l'on se trouve, il restera toujours une portion du disque solaire visible, aussi fine soit-elle. C'est précisément cette différence qui sépare une éclipse totale d'une éclipse partielle, même très poussée. L'Observatoire de Paris le confirme sans ambiguïté : la phase de totalité ne sera visible depuis aucun point du territoire français.

Le reste de la France, une mosaïque de pourcentages

L'ampleur du phénomène variera fortement d'une région à l'autre. La côte basque, la plus proche du chemin de totalité, frôlera les 99,4 % d'occultation. Le Sud-Ouest et l'Occitanie se situeront autour de 97 à 98 %, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse entre 95 et 97 %. L'Île-de-France atteindra environ 92 %, un chiffre très proche de celui de Besançon, tandis que le nord et l'est du pays resteront autour de 90 à 91 %.

Les horaires, eux aussi, glissent légèrement d'ouest en est et du nord au sud. Le premier contact se produira vers 19h18 dans le Nord et vers 19h33 en Corse et dans le Roussillon. Le maximum, selon les villes, s'échelonnera entre 20h14 à Lille et Calais et 20h27 à Perpignan.

Pourquoi cet événement reste exceptionnel

Cette éclipse sera la première à totalité visible depuis l'Europe continentale occidentale depuis le 11 août 1999, jour où la bande de totalité avait traversé la France entière, de la Normandie jusqu'à l'est du pays en passant par Paris. Entre-temps, une éclipse totale s'était bien produite en mars 2015, mais elle n'était observable que depuis les îles Féroé et le Svalbard, loin de toute grande zone peuplée d'Europe.

Pour la France, la prochaine occasion d'observer une totalité depuis son propre sol n'arrivera pas avant 2081. Le 12 août 2026, même réduit à une phase partielle sur le territoire national, constitue donc un rendez-vous astronomique rare, à ne pas laisser passer sans y prêter attention.

La règle d'or : ne jamais regarder à l'œil nu C'est le point sur lequel les autorités sanitaires françaises insistent avec le plus de fermeté. En France, il n'existe aucun moment sûr pour observer le Soleil sans protection le 12 août 2026, la phase partielle restant dangereuse à chaque instant de son déroulement. Regarder un Soleil obscurci à 99 %, voire davantage, peut provoquer des brûlures rétiniennes irréversibles en l'espace de quelques secondes.

Le piège est là : à 91,8 % d'occultation, la baisse de luminosité perçue reste modérée, plus proche de celle d'un simple passage nuageux que d'un véritable crépuscule. L'œil s'adapte très bien à cette pénombre relative, ce qui donne une fausse impression de sécurité et rend l'exposition d'autant plus risquée. Le ministère de la Santé et la DGCCRF rappellent que l'exposition peut entraîner des brûlures de la rétine ou une perte de vision définitive, et que la lésion peut être totalement indolore sur le moment, les troubles de la vision n'apparaissant parfois que plusieurs heures plus tard.

Contrairement à une éclipse totale, où il existe une brève fenêtre appelée la totalité durant laquelle il devient possible d'ôter ses lunettes en toute sécurité, ce cas de figure ne s'applique à aucun moment en France le 12 août. Les lunettes de protection doivent donc rester sur le nez du premier au dernier instant du phénomène, sans exception.

« À 91,8 % d'occultation, la baisse de luminosité perçue trompe l'œil : elle rend l'exposition d'autant plus dangereuse qu'elle semble anodine. »

Quelles lunettes, et lesquelles bannir

Seules des lunettes spécifiquement conçues pour l'observation solaire directe doivent être utilisées, répondant à la norme CE et EN ISO 12312-2:2015. Les lunettes de soleil ordinaires, aussi sombres soient-elles, ne protègent en rien contre le rayonnement solaire, pas plus que les lunettes de cinéma en 3D, le verre fumé, les films radiographiques, les anciennes pellicules photographiques ou tout filtre ou verre teinté improvisé à la maison.

Le gouvernement français met en garde tout particulièrement contre la réutilisation de lunettes d'éclipse datant de 1999 : leurs filtres ont pu se dégrader avec le temps, sans que cette détérioration soit toujours visible à l'œil nu. Avant toute utilisation, il convient de vérifier la présence du marquage CE, de la norme EN ISO 12312-2:2015, d'instructions rédigées en français, ainsi que du nom et de l'adresse du fabricant ou de l'importateur, et d'examiner soigneusement le filtre à la recherche de rayures, de trous ou de tout autre dommage. La DGCCRF a déjà mené une campagne de contrôle sur les produits commercialisés, portant sur environ 90 établissements professionnels.

Même équipé de lunettes conformes, il est recommandé de ne pas dépasser trois minutes d'observation continue, en marquant une pause avant de reprendre. Une couverture nuageuse partielle ne rend pas non plus l'observation sans risque.

Enfants, appareils photo : des précautions à part Les lunettes d'éclipse ne conviennent pas aux enfants de moins de trois ans, qu'il vaut mieux ne pas exposer directement au phénomène. Les enfants plus âgés doivent rester sous surveillance constante, sans qu'on les laisse jamais diriger leur regard vers le Soleil sans protection adaptée.

Autre piège fréquent : les lunettes portées sur le visage ne protègent en aucun cas un smartphone, un appareil photo, des jumelles ou un télescope pointés vers le Soleil. Ces équipements nécessitent leur propre filtre solaire dédié, monté directement devant l'objectif, en plus de la protection oculaire portée par l'observateur.

Le vrai obstacle : un horizon bas et occidental Avec un Soleil culminant à seulement 4,5 degrés au-dessus de l'horizon au moment du maximum, le principal risque de rater l'événement à Besançon ne vient ni des nuages ni du minutage, mais du relief. Sans un dégagement franc vers l'ouest, sans bâtiments, arbres ni collines pour barrer la vue, le maximum sera tout simplement invisible. La Société d'astronomie de Franche-Comté recommande de privilégier un point en hauteur, ouvert sur l'horizon occidental, la citadelle de Besançon et le mont de Montfaucon figurant parmi les emplacements les plus propices.

Météo-France précise que le phénomène se déroulera en toute fin de journée, un horaire où la couverture nuageuse peut varier rapidement. Des nuages fins ou des éclaircies passagères pourraient malgré tout laisser entrevoir l'éclipse par intermittence, même sous un ciel partiellement voilé.

L'Association française d'astronomie organise, de son côté, une observation collective ce mercredi de 19h à 21h au complexe sportif Michel Vautrot, à la Malcombe, dans le cadre de l'opération Vital'Été, avec télescopes adaptés et encadrement sur place. Une occasion d'observer, en toute sécurité et en bonne compagnie, un spectacle que Besançon ne reverra pas sous cette forme avant plusieurs décennies.

Par la rédaction • L'Appel · L'Appel
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