Quatre hommes poignardés au hasard à Covent Garden, la police évoque un épisode isolé lié à la santé mentale
12h27. La police reçoit les premiers signalements. Une femme vient de quitter, un peu après midi, le foyer pour sans-abri St Mungo's, à quelques mètres de là. Le temps qu'elle atteigne le carrefour d'Endell Street, quatre hommes sont poignardés à des ciseaux de treize centimètres.
Du théâtre au carrefour, une course de quelques minutes
Selon les témoignages recueillis par la presse britannique, la femme a d'abord approché des passants devant le Shaftesbury Theatre, où se joue la comédie musicale Avenue Q, poignardant deux hommes dans le dos. Elle a ensuite poursuivi son chemin le long d'Endell Street, où d'autres victimes ont été atteintes, avant d'être finalement maîtrisée non loin de Short's Gardens.
La police métropolitaine a retrouvé au total quatre hommes poignardés, âgés de 34, 39, 42 et 52 ans. Deux ont été autorisés à rentrer chez eux après des soins, les deux autres restant hospitalisés pour des blessures jugées non engageantes le pronostic vital, précise Scotland Yard.
Elle venait de quitter le foyer St Mungo's
Selon plusieurs témoins cités par la presse britannique, la suspecte est une habituée du quartier, connue pour fréquenter le foyer pour sans-abri St Mungo's, situé sur Endell Street. Elle en serait sortie peu après midi, soit quelques minutes seulement avant les premiers coups portés. Le périmètre policier mis en place après l'attaque s'étend d'ailleurs de High Holborn jusqu'à ce même foyer, où des officiers ont interrogé les résidents avant qu'ils ne puissent y entrer.
Un porte-parole de l'association a précisé travailler en étroite coordination avec les services d'urgencepour s'assurer que l'ensemble des personnes qu'elle accompagne, ainsi que son personnel, sont en sécurité et comptabilisés, sans confirmer explicitement si la suspecte comptait parmi elles.
« Ce n'est pas la première fois que je vois une chose pareille à Londres. J'ai croisé l'une des victimes ce matin même, et quelques heures plus tard il saignait. Cela aurait pu être moi. »
Immobilisée à coups de Taser sous les yeux des commerçants
Une employée d'une boutique de cosmétiques voisine a raconté avoir vu des policiers menacer la femme avec un pistolet à impulsion électrique avant de la plaquer au sol, la suspecte refusant de lâcher son arme. Un autre témoin, employé dans un cabinet de conseil, l'a décrite comme blonde, aux cheveux courts, en confrontation tendue avec trois policiers, la qualifiant de peu cohérente dans son comportement.
Le commandant en chef Jason Stewart a salué une intervention policière en quelques minutes, tout en appelant à la prudence sur les conclusions, l'enquête n'en étant qu'à ses débuts. Il maintient toutefois que les premiers éléments orientent vers un épisode isolé lié à la santé mentale plutôt que vers une menace organisée.
Un quartier déjà marqué par la violence
Covent Garden n'en est pas à son premier fait divers violent. Le secteur a connu une agression mortelle en octobre 2024, ayant abouti à une condamnation pour homicide involontaire, ainsi qu'un autre dossier récent concernant un homme dont la peine a été alourdie après avoir poignardé deux inconnus dans le métro londonien.
Un chiffre national qui contredit l'image du chaos
Cet épisode intervient alors que les statistiques officielles britanniques dessinent une tendance inverse à celle que suggère l'accumulation récente de faits divers à l'arme blanche dans la capitale. Le Bureau national des statistiques a recensé 48 774 infractions liées aux couteaux en Angleterre et au pays de Galles sur les douze mois précédant mars 2026, soit une baisse de 8% par rapport à l'année précédente. Moins de 1% de ces infractions ont constitué des homicides.






