Le mégafeu de Gironde est désormais fixé : 208 000 évacués sont autorisés à rentrer chez eux. Dans le Var, après une journée de combat acharné sous 40 °C, le feu du Gros Bessillon a été stabilisé en soirée - sans que nul ne se risque à parler de victoire définitive.
Le 1er août 2026 restera une date charnière dans la chronique des feux qui ravagent la France depuis le début de l'été. En Gironde, la préfète Sophie Brocas a officialisé la fixation du mégafeu à 42 000 hectares, autorisant le retour de 208 000 des 224 000 habitants évacués. Dans le même temps, le Var vivait l'une de ses journées les plus éprouvantes : la reprise violente du massif du Gros Bessillon, attisée par le mistral, a mobilisé jusqu'à 1 300 pompiers avant d'être déclarée « stabilisée » en fin de soirée par le préfet Simon Babre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lui, a choisi les mots d'un bilan provisoire.
Les incendies sont globalement « aujourd'hui sous contrôle » en France, même si « tout cela reste très évolutif », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu. L'annonce, formulée dans un entretien à La Tribune Dimanche, sonne comme une première ligne de bilan pour une saison qui a déjà laissé des traces profondes dans deux régions de France.
Un « coordinateur national », rattaché à Matignon, va être nommé pour piloter le chantier de la reconstruction dans les zones sinistrées par les feux, qui ont brûlé plus de 117 000 hectares de forêt en France depuis le début de l'année 2026. La décision marque le passage, au moins symbolique, de la phase de crise à celle du lendemain.
La Gironde tourne une page, lentement
La préfète Sophie Brocas a confirmé que « le feu est fixé à l'exception de deux points chauds » sur le cordon dunaire de la commune du Porge et au sud de Lacanau. « Un feu fixé ne signifie pas qu'il est éteint », a rappelé la préfecture de la Gironde.
Les habitants de quatre nouvelles communes - Marcheprime, Arès, Saumos, Le Temple - ainsi que des quartiers de Lubec et de La Pointe à Audenge ont pu retrouver leur habitation ce samedi. Deux communes ne peuvent toujours pas accueillir leurs résidents : Le Porge et Lège-Cap-Ferret. Au total, 208 000 personnes ont été autorisées au retour sur les 224 000 évacuées au plus fort de l'incendie.
« À notre connaissance, à ce stade, il n'y a pas de morts, il n'y a pas de blessés, sauf du côté des sapeurs-pompiers », dont « plus de 330 sont pris en charge par les services médicaux », a précisé la préfète lors d'une conférence de presse. Un bilan humain exceptionnel pour une opération d'une telle ampleur.
Sous réserve de nouvelles reconnaissances dans les zones dévastées par les flammes, quelque 240 habitations ont été détruites, les trois quarts sur la commune du Porge, au nord de Lège-Cap-Ferret. C'est là que se concentre désormais la douleur la plus vive. Sébastien Lecornu a déploré que la « douleur » des habitants du Porge soit « instrumentalisée par des complotistes », certains résidents estimant que les autorités ont sacrifié leurs maisons pour protéger celles de la presqu'île du Cap-Ferret.
Le trafic SNCF, interrompu depuis le 26 juillet au sud de Bordeaux, a repris ce samedi à l'occasion du week-end de chassé-croisé des vacanciers. Et Sébastien Lecornu d'aller jusqu'à affirmer que partir en vacances en Gironde, où le mégafeu est désormais fixé, constitue « un geste de solidarité ».
Le Var, entre mistral et épuisement
À deux cents kilomètres de là, la journée du 1er août s'est déroulée sous une autre lumière. Une reprise localisée du feu du Gros Bessillon, qui avait déjà ravagé 4 500 hectares dans le centre du Var la semaine précédente, a contraint les autorités à évacuer 2 500 personnes vendredi après-midi via le dispositif FR-Alert. Les communes de Correns, Montfort-sur-Argens, Le Val et Châteauvert ont été particulièrement touchées.
« Il y a eu un phénomène de rafales de mistral avec des vents orageux qui ont attisé les braises encore incandescentes », a expliqué le préfet Simon Babre. Quelque 1 300 pompiers ont été déployés pour lutter contre l'incendie, qui a brûlé environ 1 250 hectares supplémentaires depuis vendredi.
Tout au long de la journée, la situation a tenu à peu. Des efforts nocturnes ont réussi à empêcher les flammes d'atteindre les villages de Correns et de Montfort-sur-Argens. Mais dans l'après-midi, le préfet avait décrit des conditions extrêmes : une chaleur dépassant 40 °C, des vents changeants, un dispositif de pompiers « tenant deux axes parallèles pour contenir l'avancée du feu ».
Peu après 20 heures, le préfet du Var Simon Babre a annoncé que le feu du massif du Gros Bessillon était « stabilisé ». « Nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants, la vérité d'un soir n'est pas forcément la vérité des lendemains matins », a-t-il ajouté.
Le brasier, dont l'origine se situe près de Pontevès, a brûlé au total environ 4 700 hectares de terrain et menacé huit communes, dont Cotignac, Correns, Barjols et Châteauvert. Près de 5 000 personnes ont été évacuées au fil de la propagation du feu, tandis que soixante habitations ont été endommagées, dont trente-trois entièrement détruites.
Une saison hors norme, un pays sous tension
Au niveau national, 328 interpellations ont été réalisées sur le front de la lutte contre les départs de feu, selon Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur. Un chiffre qui dit, en creux, l'ampleur du travail des forces de l'ordre en marge des interventions des sapeurs-pompiers.
Les incendies en France ont désormais calciné plus de 160 000 hectares, ce qui en fait la saison la plus dévastatrice jamais enregistrée dans le pays, et la saison des feux n'est pas encore terminée, selon le suivi de CNN. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que le changement climatique avait provoqué une arrivée plus précoce de la saison des incendies.
Une enquête sur la cause du feu du Gros Bessillon reste ouverte, tandis que des investigations distinctes se poursuivent concernant plusieurs départs de feu de végétation ailleurs dans le Var, soupçonnés d'avoir été allumés volontairement.
VAR - CHIFFRES CLES AU 1ER AOUT
Superficie brûlée par le Gros Bessillon depuis le 24 juillet : environ 4 700 ha au total Évacuations liées à la reprise du feu : 2 500 personnes dans quatre communes Moyens engagés en soirée : 1 300 sapeurs-pompiers, 5 Canadair, 3 Dash, 5 hélicoptères bombardiers d'eau Bâtiments endommagés ou détruits : 60, dont 33 totalement rasés Cause du feu : enquête en cours, piste criminelle non exclue






